jeudi 30 octobre 2014

Cavarod'again !



On se demande toujours s'il est bien raisonnable de vous parler du domaine des Cavarodes. Les quantités qu'il a à nous vendre sont très réduites cette année du fait de rendements 2013 désastreux, et nous serons hélas en rupture 9 mois sur 12. Mais bon, vu qu'il reste un mois avant que  nous recevions les vins de Ganevat, cela peut permettre à certains de patienter en buvant jurassien.

Rien que le petit Vin de Pays de Franche-Comté 2013 vaut vraiment le détour... Lisez plutôt.

La robe est dorée, limite orangée.

Le nez est un peu réduit à l'ouverture, puis dévoile des notes de pomme mûre, de coing et de zeste d'orange.

La bouche est juste parfaite, à la fois bien mûre, gourmande, charnue, et en même temps fraîche, tonique, digeste, soutenue par un léger perlant.

La finale a du caractère sans être agressive, entre (nobles) astringence et amertume. Avec un morceau de parmesan et de la pâte de coing, on se régale vraiment ! (mais il irait bien aussi avec un curry).

24 h plus tard, on est beaucoup plus sur le coing confit et le miel de châtaignier.La bouche est plus élancée, avec une sacrée tension. Ca fait vraiment chenin, même s'il n'y en a pas un gramme... La finale est moins amère mais plus "crayeuse" sur la pâte d'amande et le coing. Un vin qui ne ressemble vraiment à nul autre...

mercredi 29 octobre 2014

Nuit grave : un peu de patience...

 
Nous sommes passés depuis quelques temps du Nuit grave 2011 au Nuit grave 2012. Je me suis (horriblement !) forcé à ouvrir une bouteille, histoire de pouvoir vous conseiller à son sujet. On est pro ou pas.
 
La robe est grenat sombre translucide.

Dès l'ouverture, le nez est superbe sur l'olive noire, la violette, le poivre blanc, le tabac...

La bouche est plus dense que le 2011, avec plus de chair et de fruit, et une fraîcheur plus intense.

La finale est un peu plus ferme, s'assouplissant avec l'aération, sur des notes épicées, réglissées et fumées (cendre de cigare).
 
Ce vin a plus de puissance et de potentiel que le millésime précédent. Il ira certainement plus loin dans le temps. Mais il offre un peu moins de plaisir immédiat (même si c'est déjà très bon, tout de même). Bref, il faut faire preuve d'un peu de patience pour en profiter pleinement. Nous avons plein d'autres vins à boire en attendant (son grand frère Caminarèm, par exemple). En tout cas, pour 9,95 €, c'est définitivement l'affaire du siècle...
 
 

lundi 27 octobre 2014

Etonnants cousinages...


Les réseaux sociaux peuvent paraître chronophages et superficiels, mais on peut y apprendre plein de  choses passionnantes. L'autre jour, Vincent Pousson remettait en lien un article qu'il avait écrit en décembre 2013 "j'en ai ras le bol du Jura". Il rappelait d'une part que le cépage Merenzao (ou Bastardo au Portugal) implanté depuis la nuit des temps n'est ni plus ni moins que le Trousseau jurassien (probablement grâce aux liens que l'Abbaye de Cluny entretenait avec les ordres locaux). D'autre part, il nous expliquait qu'une récente étude scientifique a établi grâce à l'ADN que le Mencia dont je vous parlais il y peu... est le fils du Merenzao (et donc du Trousseau).

Si bien sûr le climat et l'altitude élevée ont un impact sur la grande buvabilité et la fraîcheur des vins issus de Mencia, les gènes "jurassiens" du cépage n'y sont certainement pas étrangers.

Dans les commentaires de ce billet, il y en avait un de l'ami Olif qui donnait un lien vers un autre article encore plus intéressant. Il traitait des 1ères assises des Vins du Sud-Ouest qui sont tenues à Toulouse en décembre 2013, avec entre autre une conférence sur les origines des cépages grâce à l'analyse de leur ADN.


Intervention de Thierry Lacombe (INRA Montpellier)
 
Grâce au vivier extraordinaire qu'est le domaine de Vassal (avez-vous signé la pétition pour le sauver ?), l'INRA a pu faire une recherche de parenté sur 2300 cépages... et établir le pedigree de 828 d'entre eux. Sans vraiment de surprise, le Gouais blanc est le plus gros géniteur avec pas moins de 63 descendants. On sait qu'en se croisant avec le Pinot noir, il a donné naissance au Chardonnay, à l'Aligoté, au Romorantin ou au Gamay. Mais il est moins connu qu'il a engendré le Colombard en se croisant avec le Chenin.
 
Si on savait que le Merlot est né du croisement entre le Cabernet Franc et de la Magdeleine noir de Charente, on apprend qu'il est le demi-frère du Côt, fils de la même Magdeleine... avec le Prunelard !
 
On peut aussi être moins surpris par la présence du Jurançon noir du côté de Cahors (dans Tu vin plus aux soirées, par ex) puisqu'il est issu du croisement du Côt et de la Folle blanche.
 
Plus étonnant, sans que l'on sache précisément leur degré de parenté, il y a un lien de parenté entre le Savagnin et la famille des Mansengs.
 
Peut-être plus surprenant encore, le cas du Duras. Jusque là, on le pensait originaire du Tarn puisque Robert Plageolles l'avait trouvé à l'état sauvage dans une forêt. Il s'avère être le fils du Savagnin et du Tressot, un cépage rouge de l'Yonne. Du coup, on comprend mieux cette finesse et cette fraîcheur peu communes dans le Sud-Ouest. Il aurait aussi une parenté avec le Petit Verdot, ce cépage frais et atypique du Bordelais.

A visionner également cette intervention d'Olivier Yobregat, d'IFV Sud-Ouest.
 

 
 

vendredi 24 octobre 2014

L'altesse de Peillot : royale !

 

Ceux qui connaissent la Marestel de Dupasquier savent combien l'Altesse peut être un grand cépage, se dévoilant magnifiquement après quelques années de vieillissement. J'avoue m'être fait avoir plusieurs fois à l'aveugle et prendre ce vin pour un Riesling de Zind-Humbrecht. La honte pour moi, mais un sacré compliment pour la Marestel.

Celle-ci comporte souvent des sucres résiduels du fait de maturités poussées. C'est aussi possible de le faire dans le Bugey, mais Franck Peillot ne veut pas que ce soit trop dominant. Ainsi procède-t-il à des vendanges successives et à un assemblage maison :

Pour 1/3 = vinification en blanc sec (0 g/l sucres résiduels), avec 100% malo-lactique faite
Pour 1/3 = vinification en blanc sec (0 g/l sucres résiduels) sans fermentation malo-lactique.
Pour 1/3 = vinification en demi-sec (10 à 15 g/l sucres résiduel/l) issus de vendanges surmaturées, sans malo-lactique faite.

Il réussit alors à conjuguer maturité et fraîcheur, sans que l'une ne domine pas trop l'autre. 
 
Jusqu'en 2008, l'appellation Roussette du Bugey autorisait de "couper" l'Altesse avec du Chardonnay, aux rendements plus généreux. Franck Peillot s'y est toujours opposé, et  c'est pour cela qu'il affiche en gros Altesse sur son étiquette (qui est fait la contre-étiquette, la "vraie" étant collée de l'autre côté de la bouteille avec les mentions légales, dont l'appellation "Roussette du Bugey - Montagneu" ).
 
La robe est or pâle, avec des reflets argentés.

Le nez est fin, profond, sur la pomme mûre, le coing, le zeste d'orange, le beurre et la craie mouillée.

La bouche est ronde, ample, avec une chair dense et moelleuse, et une bonne fraîcheur. L'ensemble est tendu, énergique et parfaitement équilibré.

La finale est tonique et expressive, entre minéral crayeux et écorce de citron

Ce vin procure déjà énormément de plaisir aujourd'hui, mais il atteindra probablement des sommets dans quelques années (dans certains millésimes, ça peut tenir 30 ans). Autant dire qu'à 11,20 € la bouteille, c'est une belle opportunité !

mercredi 22 octobre 2014

417 cépages dans un seul verre !!!

 
La parcelle Polyphony est située à Tibaani, avec des sols bruns d'alluvion (sable et quartz). Sur 5 hectares, on  y trouve pas moins de 417 cépages (sur les 525 référencés en Géorgie) blancs, rouges et gris/rosés. Ce lieu peut être considéré comme un conservatoire pour que toutes ces variétés subsistent.

Celles-ci sont toutes vinfiées ensemble pour donner cette cuvée Polyphony qui a sans aucun doute l'assemblage le plus complexe au monde.

Autant dire que j'avais hâte de le déguster, car c'est une expérience unique pour un amateur de vin (au moins d'un point de vue conceptuel).

La robe grenat est un peu trouble (vin pas du tout filtré).

Le nez est fin, évoquant des notes de fruits rouges compotés, la pivoine et le lard fumé.

La première bouche piquotte du fait de la présence de gaz carbonique (sa seule protection contre l'oxygène). Là il y a deux options. Agiter la bouteille ou carafer.  Comme j'étais pressé, j'ai pris la première solution.

La bouche se présente alors ample, ronde, avec une matière souple, aérienne, fraîche, faisant presque oublier son origine géorgienne.

Celle-ci se rappelle à votre bon souvenir en finale, avec des tannins fermes (mais mûrs).

Ce ne sera pas le meilleur vin de votre vie (enfin, j'espère pour vous), mais c'est aucun doute une expérience à faire au moins une fois dans votre vie. Rien que dans une discussion entre amateurs, ça fera sensation lorsque vous leur direz que vous avez bu un vin contenant 417 cépages !...
 
On peut juste regretter qu'un vinificateur de génie ne s'y soit pas encore intéressé. Cela pourrait donner sans nul doute un vin exceptionnel (même si ça demanderait des années d'essai). On peut aussi penser que le trop est l'ennemi du bien ;-)
 
 
 

Passage au domaine Rouges Queues d'Isabelle et Jean-Yves Vantey


Par une belle fin d'après midi de juin en route vers le domaine d'Isabelle et Jean-Yves, je tombe croise cette publicité d'un autre âge au charme suranné...


Arrivée dans la cour du domaine



Direction la première cave d'élevage
 

Le chai de vinification. Jean-Yves nous explique qu'il faut une organisation sans faille pour vinifier dans un endroit si petit
 

Une deuxième cave d'élevage un peu plus vaste
 

Ces photos ont été prises fin juin après 6 semaines de grand beau temps, l'absence de pluie et le travail du sol a eu raison de l'herbe. Pas d'herbicides donc , n'oubliez pas que le domaine est certifié bio!

"En Bulliet", parcelle orientée plein sud en AOC Maranges, vieille vigne de Pinot Noir plantée en 1933-1934

Jean-Yves dans "En Bulliet'
 

Toujours "En Bulliet" mais vue vers le nord ouest, jeune vigne de Pinot Noir plantée en 2003. En arrière plan vous trouverez la montagne des Trois Croix avec les parcelles de Maranges 1er Cru, dont La Fussière et Les Clos Roussots (entre autres)
 


 
 Parcelle de Maranges blanc , cépage chardonnay, toute jeune vigne plantée en 2005-2006, avec en arrière plan les Hautes Côtes de Beaune.
 

Panoramique avec en premier plan les Chardonnay jeunes vignes (mais vue orientée nord est), montagne des Trois Croix et ses premiers crus en dernier plan.
 

Le vignoble de Santenay en dernier plan, au premier plan les Maranges blanc vous apercevez le début de la montagne des Trois Croix sur la gauche
 


Vieux pressoir à l'entrée du village


En encore merci à Isabelle et jean-Yves pour leur accueil !

lundi 20 octobre 2014

Quelques instantanés chez Franck Peillot à Montagnieu

Arrivée au caveau par un soirée de mi-août qui avait enfin retrouvé le soleil



On passe aux choses sérieuses...



Un tour dans les vignes à côté du domaine. Il se fait déjà tard et je ne me vois pas lui demander d'aller crapahuter dans toutes ses vignes. Donc ci-dessous, une parcelle d'Altesse.



Calcaire du Jurassique comme dans de nombreux terroirs du Jura.


Une parcelle de Chardonnay dominant Montagnieu


Nous nous quittons en se promettant de se recontacter. C'est chose faite car ses vins viennent d'arriver !

Morillon : déjà 2013 !


Il y a un peu plus de six mois, je vous avais annoncé le changement de millésime de Morillon. Le succès allant toujours grandissant, le 2012 est déjà entièrement vendu., et laisse logiquement sa place au 2013.

Un peu comme Harmonie, cette cuvée fait partie des vins qu'il faut déguster à chaque nouveau millésime, histoire de voir si le p'tit jeune est dans la continuité de ses prédécesseurs.

La robe est toujours d'un beau doré.

Le nez est toujours dans l'esprit "morillon" (Chardonnay partiellement botrytisé) sur la poire confite, le pralin, avec une très légère touche fumée/vanillée.

La bouche est ronde et fraîche, douce et digeste à la fois, avec juste ce qu'il faut de tension, développant les mêmes arômes qu'au nez, sans agressivité.

La finale est nette et savoureuse, sur des arômes de fruits secs grillés soulignés par une fine amertume. Il y a probablement un peu de sucre résiduel, mais il est à peine perceptible.
 
En tout cas, ceux qui ont aimé le 2012 devraient apprécier tout autant le 2013, car ils sont très proches l'un de l'autre.


vendredi 17 octobre 2014

Toujours plus grande !


De millésime en millésime, Jean-Louis Denois ne cesse de nous surprendre. Sa conversion en bio (et maintenant en biodynamie) et son utilisation de plus en plus réduite des sulfites alliées à une grande rigueur donnent des résultats vraiment enthousiasmants dont je fais ici régulièrement écho.
 
Ainsi, sa Grande cuvée prend en 2012 une dimension qu'elle n'avait jamais eu auparavant. Cette interprétation denoisienne de l'assemblage bordelais (Merlot, Cabernet Franc, Cabernet Sauvignon, Malbec) ferait probablement un malheur au milieu d'une dégustation de Grands Crus Classés comme avait pu le faire il y a quelques années Montus ou Ravanès.
 
La robe est rouge sombre, avec des nuances violacées.

Le nez est à la fois gourmand et classieux, sur le coulis de fruits noirs, les épices et une touche de grillé. 

La bouche est à la fois ronde et énergique, avec des tannins veloutés et une fraîcheur mentholée qui apporte de la profondeur et de la tension.

La finale est savoureuse, avec belle mâche "calcaire" et des notes salines qui prolongent les sensations.
 
Le vin se donne entièrement dès l'ouverture et ne gagne pas particulièrement à être aéré.


 

jeudi 16 octobre 2014

Dépucelé !...

Il était tout de même temps de déguster ce Gewurztraminer Pucelles 2013  car cela fait maintenant  plusieurs mois que nous le vendons sans trop savoir à quoi il ressemblait. Le 2012 nous avait enthousiasmé. Allait-il en être de même ?
La robe est d'un or intense pour un vin sec (mais il est vrai que la peau colorée du cépage doit y être pour quelque chose). 
A l'ouverture, le nez et la bouche ne sont pas tout à fait en place (légère réduction). Ils réclament une aération lente de quelques heures, ou un carafage de 15-20 mn. Surtout, il est important de boire ce vin à 14-15 ° pour l'apprécier pleinement.
Le nez est "vaporeux", sur la rose de Damas, la bergamote, la pierre mouillée, le tout souligné par une petite touche fumée.

La  bouche est de grande ampleur, envahissant entièrement le palais d'une matière douce et caressante tout en laissant une sensation de fraîcheur et des parfums floraux et terpéniques.

La finale dévoile de superbes amers, plus proches d'un Riesling ou d'un Chenin, avec ce côté écorce d'agrume que l'on croque, suivi de saveurs plus typées comme la gentiane et le quinquina, mais aussi d'épices. Cela dure longuement pour notre plus grand plaisir.
Conclusion : le 2013 est très proche du 2012 avec peut-être un poil de tension supplémentaire et des amers légèrement plus marqués en finale.

mercredi 15 octobre 2014

Gourmand, mais pas que...

Je poursuis l'exploration des vins du domaine du Joncier. Après l'0 qui était un pur Grenache, voici Gourmand. Contrairement au précédent, il a droit à l'appellation Lirac car il est composé de Grenache, Syrah, Carignan et Cinsault. Et il est vrai qu'au nez comme en bouche, on est face à un vin plus ambitieux, plus complexe. Si l'adjectif gourmand lui convient bien, il me semble un peu trop réducteur au vu de ses qualités.
Il est à souligner qu'il est à son optimum dès l'ouverture de la bouteille, à température de cave (15 ° ). L'aération et le réchauffement ne lui sont pas particulièrement profitables.
La  robe est grenat translucide.

Le nez est fin, élégant, sur les fruits rouges confits (fraise, framboise), les épices, avec une touche florale.

La bouche est ronde, ample, avec des tannins soyeux, aériens, et un fruit frais et gourmand . L'ensemble est vraiment classieux et équilibré (bu à 15 °C, je le rappelle. En se réchauffant, on sent plus les 14 ° d'alcool déclarés).

Les tannins se perçoivent un peu plus dans la mâche finale, sur des notes épicée et cacaotées. Mais cela reste distingué.
Bref, on est face à un vin vraiment attachant, séducteur, qui ne tombe jamais dans le too much, et fait un bien joli représentant du Rhône Sud.

mardi 14 octobre 2014

Vous n'aimez pas le Sauvignon ? Ca tombe bien...


Voilà un Sauvignon qui devrait plaire aux amateurs qui n'accrochent pas à ce cépage, souvent marqué par ses arômes variétaux : bourgeon de cassis, "pipi de chat", citron...
Là, après une légère aération, nous sommes sur la pomme (mûre, mais pas blette suivez mon regard...), la fleur d'acacia, la frangipane.

On retrouve en bouche le même naturel, la même évidence que dans les vins de Patrick Meyer ou le Simplicemente de Bellutti. C'est frais sans être acide, pulpeux sans être lourd, et ça descend vraiment tout seul, sans jamais se forcer.

La finale a une mâche gourmande, soutenue par une légère amertume. L'effet "revienzy" assuré :-)

Le lendemain, la pomme a disparu pour laisser place à la poire confite, au miel et aux épices.

La bouche a gagné en densité, avec une chair plus profonde, avec un léger grain (genre poire Williams)

Il y a un meilleur fondu-enchaîné avec la finale, encore plus gourmande que la veille, avec plus d'épices et moins d'amertume. Vraiment que du bonheur !

Au repas suivant, le coing prend le relais, ainsi qu'une acidité plus présente. A l'aveugle, on pourrait croire que c'est un Chenin. A signaler aucune trace d'oxydation...
Voilà. On ne vous met pas un grand panneau clignotant "Attention grand vin !". Ce serait mensonger. Par contre, ce Sauvignon est une belle approche de "vin nature" : il en en a toutes les qualités sans les défauts parfois rencontrés.

Aussi peut-on le voir plus comme un vin d'initiation que comme un vin réservé aux initiés. Sous réserve d'avoir une cave de qualité, il peut être intéressant de conserver quelques bouteilles 2-3 ans pour qu'elles se complexifient.

lundi 13 octobre 2014

Bienvue dans un monde d'Harmonie !


Caviste est un métier difficile. Non seulement vous vous devez de goûter tous les vins nouvellement référencés sur le site, histoire de pouvoir vous en parler (plusieurs dizaines par mois). Mais dans l'absolu, il faudrait aussi  re-déguster chaque référence dès qu'elle change de millésime  (1150 références). A cela s'ajoutent tous les échantillons envoyés par les vignerons qui aimeraient être sélectionnés sur Vins Etonnants (une vingtaine par mois). 
 
Beaucoup voudraient vous faire croire qu'ils réussissent à remplir ces trois missions en plus du travail "normal" d'un caviste : acheter du vin, gérer ses stocks, vendre et conseiller (et je ne parle pas des visites des vignobles et autres salons professionnels).
 
Nous devons être de mauvais cavistes  car nous n'y arrivons pas. C'est pas faute de jouer quotidiennement au tire-bouchon, mais trop, c'est trop...
 
Aussi devons-nous opérer par priorité. Et c'est là que j'arrive à mon exemple du jour. Sur les trois millésimes bus précédemment, Harmonie présentait une assez grande variabilité. Il était donc essentiel de voir sur quel registre il se situerait. D'autant qu'il s'agit d'un "best seller" de la boutique. On ne peut pas se louper. 
 
La robe est grenat sombre avec des nuances violacées.
 
Le nez rappelle le 2009, le premier millésime que nous avions référencé : ce mélange de cerise noire, de poivre fraîchement moulu, de tabac brun,  avec une petite touche lactée (yaourt).
 
En bouche, on retrouve cette douceur des tannins (doit-on encore les appeler ainsi ?), cette buvabilité, au point de se demander si l'on boit bien un vin rouge.   Cela n'exclue pas le caractère, car l'on retrouve ici les arômes perçus au nez, particulièrement le poivre et le tabac (même s'ils ont tendance à s'atténuer à l'aération au profit du fruit).

Les tannins, les vrais, pointent leur nez timidement en finale. Mais ils sont plutôt du genre "canaille". Ceux que l'on aime retrouver en grignotant de la bonne cochonnaille.
 
Bref, Harmonie porte bien son nom. Le temps d'un verre avec des amis qui vous sont chers, il vous fera oublier la violence et la mesquinerie  de notre monde moderne.
 
 
 

vendredi 10 octobre 2014

Une soirée (presque) totalement bourguignonne


Mercredi soir avait lieu notre soirée mensuelle à Saint-Yrieix-la-Perche. Certains membres m'avaient demandé de faire une dégustation autour de la Bourgogne. Après mûre réflexion, je me suis dit qu'il fallait d'abord faire une soirée "rouges", puis on en ferait une autre autour des "blancs", car ça me semblait mission impossible de faire les deux en une seule soirée.

Comme d'hab', nous avons commencé par une "bulle" : un Crémant de Bourgogne de Tripoz "Brut Nature". Ses bulles fines, son côté  rafraîchissant sans être acide, sa netteté, ont beaucoup séduit les convives. C'est  simple : notre stock est aujourd'hui à zéro... Mais bon, ça va revenir assez rapidement, je pense.
 
 Nous avons continué avec un vin rouge du même producteur : un Chant de la tour 2013. Le Pinot noir est assez rare dans le Mâconnais. Les vignes n'ont d'ailleurs qu'une dizaine d'années. Mais elles permettent déjà de produire un vin fin et expressif, vraiment attachant. Sa grande buvabilité a plu à tous. J'avais demandé au chef un pâté en croûte pour accompagner le plat. Le seul hic, c'est qu'il n'était qu'à base de foie de volaille. Il était bon, mais avait tendance à écraser un peu trop le vin...

Puis nous sommes passés à un domaine que les participants connaissent bien, puisqu'ils ont déjà pu apprécier son Orchis Mascula et son Côtes de Nuits Village. Cette fois-ci, c'était Viola Odorata, également en Côtes de Nuits. Ca n'a pas loupé : il a été le vin de la soirée, éclipsant prédécesseurs et successeurs. Un nez digne d'un parfumeur, une bouche douce et charmeuse, intense sans être puissante. Un vrai vin de femme. L'accord avec le filet mignon aux champignons était nickel.


L'accord rouge/fromage est toujours un moment délicat. En Bourgogne, les amateurs le font avec un Aizy cendré. Mais va trouver ça au fin fond de la Haute-Vienne... On l'a donc remplacé par un autre chèvre cendré, un Selles-sur-Cher, et ma foi, c'était pas mal du tout. Le rouge était un Pernand Vergelesses 1er Cru Îles de Vergelesses du domaine Chandon de Briailles. Si ses tannins fins et soyeux permettaient de l'apprécier dès aujourd'hui, on sentait bien qu'il ne délivrait que 20 % de son vrai potentiel. Il sera excellent dans 5-7 ans. Aujourd'hui, il n'est que très bon (ce qui est déjà pas mal...)
Comme je servais le dernier vin pour accompagner le dessert, je suis arrivé un peu tard pour la photo : la glace avait commencé à fondre sur la tartelette aux pommes ;-) Comme nous n'avons pas de cuvée de vendange tardive bourguignonne, je suis allé chercher un vin dans le Forez, assemblage de Chardonnnay et de Viognier : Gouïs. S'il est très fruité et floral, il n'a pas le côté "too much" de pas mal de Viognier. Et il a juste  ce qu'il faut de sucre pour qu'il soit doux, mais pas lourd. Un peu de gaz carbonique résiduel apporte un très léger perlant acidulé qui le rend encore plus digeste. Bref, un vin de dessert qui ne vous achève pas. Vous pourriez presque redémarrer depuis le départ. L'accord avec la tarte était top.

Au final, encore une belle soirée. Vivement le mois prochain (Beaujolais, forcément...)



mercredi 8 octobre 2014

L'O : le Grenache dans toute sa pureté


Ca vient tout juste d'arriver ! Nous avions goûté dans plusieurs salons les vins du domaine du Joncier. Ils nous semblaient combler une lacune dans  notre gamme de Rhône sud. Non seulement ils sont bons, mais ils sont en biodynamie. Tout pour nous plaire :-)

L'O de Joncier est l'entrée de gamme du domaine. Un 100 % Grenache noir élevé en cuve pour n'avoir que le fruit et rien que le fruit. Cela explique pourquoi il est en simple Côtes du Rhône et non en Lirac (où il faut un assemblage de plusieurs cépages).

La robe est grenat translucide (et non, sans la moindre nuance violacée)

Le nez sent le sud : prune compotée, soupe de fraise aux épices, avec une petite touche de cèdre.

La bouche est  ample, douce, enveloppante, avec des tanins finement velouté, et une certaine tension si on le boit assez frais (15 °C).

La finale est généreuse, avec une mâche gourmande. Elle n'est pas d'une  puissance colossale, mais persiste assez longuement sur les épices.

Ce que j'aime dans ce vin, c'est qu'il exprime bien le Grenache, avec sa rondeur, sa douceur, ses épices. Un vrai vin pour pédagogue. Je pense que je m'en servirai pour faire une "leçon d'assemblage" sur les vins du Sud. Et à 7,50 € la bouteille, ce serait dommage de s'en priver.