mercredi 30 décembre 2015

Un repas de Noël 100 % étonnant


Cette année, j'ai eu la mission de m'occuper du repas familial (16 personnes). Non seulement j'ai cuisiné l'intégralité de celui-ci, mais j'ai également fourni tous les vins. Tous proviennent de Vins étonnants, dont trois qui font partie du Top 10 évoqué il y a peu.

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Nous avons commencé avec des feuilletés, avec le choix entre emmental/noisettes et emmental/bacon/noisettes (il y avait des végétariens à table). Ils étaient accompagné d'un Ultradition Blanc de Blancs de Laherte qui a toutes les qualités requises pour un Champagne d'apéritif : rondeur, fraîcheur, fines bulles, sans acidité excessive ni finale alourdie par le dosage.

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Puis venait une entrée comprenant des "spaghetti" de radis blanc, de la mangue, du pomelo, de l'avocat, du tourteau, des pétoncles caramélisées au chalumeau et des gambas cuites à l'unilatérale, le tout arrosé d'une réduction de jus de mandarine et déposé dans une corolle de brick.  Elle était accompagnée d'un Riesling GC Rothenpfad 2011 de Clemens Busch.  D'un côté, c'était risqué car ce vin ne ressemblait à aucun vin français connu. Mais finalement, l'accord a super bien fonctionné, et c'est passé comme une lettre à la poste allemande.

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J'ai ensuite fait un "classique" de la maison,  peu spectaculaire visuellement, mais efficace gustativement : un vrai-faux risotto aux agrumes (citron/orange/clémentine/yuzu) et au fenouil préparé avec des pâtes "orzetto" en forme de grains de riz. J'ai poussé le vice à faire cuire 500 g d'arborio pour en récupérer l'amidon et l'ajouter à celui des pâtes (nous l'avons mangé le lendemain). Pour l'accompagner, la cuvée LBV 2013 de Jeff  Carrel , un sauvignon bien mûr (mais frais) du Languedoc vinifié et élevé en barrique. Son intensité et sa richesse se marient  superbement avec le plat. Tout le monde se régale, même si le plat et le vin sortent de l'ordinaire.

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Pour le plat de viande, c'était un peu trop compliqué de faire un service à l'assiette. Et puis les convives ayant des faims et des envies différentes, autant qu'ils se servent eux-mêmes. Les quatre composants (filet mignon basse temp' / pommes de terre/ champignons / sauce ) ont été placés dans des plats, et basta. Pour accompagner tout ça, j'ai carrément oser servir un Vin de France issu d'un cépage improbable, sans dire au départ ce que c'était, histoire que tout le monde l'apprécie pour ses qualités et non son "étiquette". Tout le monde l'a beaucoup aimé, y compris l'un de mes deux beaux-frères qui boude habituellement les vins rouges. C'était donc un Seibel 2014 de Vin & Pic produit dans le Forez.

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Itou pour le fromage : certains n'aimaient pas le parmesan, d'autres la pâte de coing. Je les ai donc servis séparément, avec la possibilité de prendre un autre fromage pour les rétifs. Mais ceux qui ont le "bon" choix ont pu apprécier l'accord avec le Vouvray "Perruches" 2004 de Lemaire-Fournier qui est un hymne au coing confit, avec une matière fraîche et onctueuse, riche sans être lourde. Là aussi, une découverte pour tous, autant en terme de vin que d'accord.

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Quant au dessert, c'était un joli pêle-mêle dans l'assiette : gâteau moelleux aux noisettes, tuile cacao/noisette, glace au caramel, kumquats confits, ganache pistache, grain de café au chocolat, caramel au beurre salé et café/yuzu, crumble sarrasin/noisette. Et j'avais oublié dans le congélateur le siphon de mousse chocolat/café (je ne sais pas où je l'aurais mise...). Tout cela pour aller avec le vin de dessert : un Madère Malvasia 5 ans de Barbeito, très marqué par le pralin, le café, les fruits secs et une fraîcheur très "agrume" (d'où le joyeux bordel dans l'assiette !). Là aussi, une jolie découverte du Madère, plus connu pour faire les sauces que pour accompagner un dessert.

Même si je n'avais pas fait des plats "tordus", les plats et les vins proposés demandaient une certaine ouverture d'esprit. D'une façon générale, tout a été apprécié, avec une demande générale pour recommencer l'année  prochaine. Ben v'là que je viens de créer un nouveau club, dis-donc ! Bon, une fois par an, pas de souci ;-)

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mercredi 23 décembre 2015

Top 10 de 2015


En 2013 et 2014, j'avais publié un TOP 10 des vins qui m'avaient le plus plu dans l'année. Si je m'étais plié à la "tradition", j'aurais dû publier ma top-liste  en septembre dernier. Mais à ce moment-là, nous étions un peu débordés, et elle est tombée dans les oubliettes.

Il se trouve que depuis quelques jours, je souffre d'un rhume tenace qui m'empêche de pouvoir apprécier correctement un vin. Mon nez est totalement inopérant et ma bouche perçoit exagérément certains éléments comme l'amertume et l'alcool. Donc pas de compte-rendu possible.  Ce répit involontaire me donne finalement l'occasion de vous donner ce fameux Top 10. Comme d'hab', je m'astreins à ne pas dépasser la barre des 15 € 12.50 €, histoire qu'ils soient accessibles à tous. Il faut qu'ils soient encore disponibles à la vente, car sinon, ce n'est pas la peine d'en parler...

Il n'y a pas d'ordre de préférence. Je pars du moins cher et je monte vers le plus cher.



Boutonnière 2014 (6.70 €)

Issu de vieux cépages hybrides plantés dans les années 20 et de vignes de Gamay tout aussi vénérables, ce vin de France est fin, frais, élégant, floral, dans un style plus Pinot noir que Gamay. . Comme l'a écrit hier une cliente sur notre site: "Un vrai vin plaisir faisant l'unanimité, mêlant avec gourmandise fruits et épices. Rapport qualité prix exceptionnel. " 

Ne vous jetez pas tous dessus : il n'y en a pas 200 bouteilles en stock...



Bon, tous les ans, il y a un Lemaire-Fournier. Cette fois-ci, ce sera la dernière fois car la réserve est épuisée pour de bon (il n'en reste que quelques dizaines). Ce "Perruches" est peut-être le plus abouti des différentes cuvées que nous avons eu au fil des ans, et relativement peu marqué par les ans. C'est sûr, il faut aimer le coing, car c'est un hymne à ce fruit au goût inimitable.


Poycelan 2014 (9,00 €)

Un Gamay de ce niveau-là à ce prix-là, il n'y a que dans le Forez que c'est possible. L'année 2014 a aussi joué un rôle, lui apportant une structure et une fraîcheur plus importante que d'habitude. Il faudrait avoir la force de volonté de le garder quelques années pour qu'il se complexifie. Mais c'est déjà tellement bon jeune !


Nowat blanc 2012 (9.90 €)

L'un des mes plus grands coups de cœur en blanc sec, avec une expression très intense de minéralité qui ne peut être ici confondue avec l'acidité. Pour en savoir plus, lire cet article


Alliance rouge  (10,00 €)

La force de ce vin, c'est que c'est le haut de gamme du domaine de Malavieille (les entrées de gamme sont à 5.50 €). Les raisins proviennent donc des meilleurs terroirs, de vignes âgées, avec des rendements raisonnables. Tout est élevé en barrique sans que le bois soit trop omniprésent. Et l'assemblage a tout pour plaire : environ 70 % de Syrah, 15 % de Mourvèdre et autant de Grenache. Il a donc comme un air de Rhône Nord au nez, mais avec une fraîcheur plus intense en bouche (le Mourvèdre), mais aussi la rondeur du Grenache. Perso, je trouve ça vraiment irrésistible même s'il lui manque la race et la personnalité des grands vins. Mais à 10 €, c'est vraiment une belle affaire !


Blaufränkisch 2013 (11,00 €)

Dans la liste, je trouve important qu'il y ait au moins un étranger, car il est important de s'ouvrir à ce qui se fait en dehors de nos frontières. Cette fois-ci, c'est un rouge autrichien. Un nez avec un fruit d'une rare intensité, différent de tous les "fruits" français, et une bouche ronde, veloutée, fraîche, gourmande à souhait. Idéal avec un magret de canard rosé ou un pavé de biche. 


Crémant de Loire (11.70 €)

L'assemblage est assez improbable : Chardonnay (60%), Chenin blanc (10%), Grolleau noir (20%) et Cabernet franc (10%). Il a été élevé sur lattes 36 mois alors qu'une immense partie des Champagnes se limite à 15. Il en ressort une bulle fine, une fraîcheur bien intégrée, et une aromatique assez complexe, légèrement évoluée (avec un foie gras, ça peut être sympa). Au prix où il est vendu, je pense qu'il n'y a simplement aucun équivalent sur le marché. 


Seibel 2014 (11.50 €)

Depuis le temps que je vante ce Seibel, il fallait bien qu'il rentre dans ce Top 10. En 2014, c'est encore plus mérité car il n'a jamais été aussi abouti, même s'il a perdu de son charme floral des millésimes précédents. Mais sa texture, son fruit... my god ! 



LBV 2013 (12,00 €)

Le retour d'une cuvée créée par Jeff Carrel au début des années 2000. Du Sauvignon bien mûr vinifié et élevé en barriques. Ca ne ressemble pas du tout à un Sancerre. C'est même le but. On est ici dans l'opulence, le démonstratif, avec de l'agrume confit à revendre, une touche beurrée/grillée/vanillée. Mais il faut reconnaître que c'est assez magistral, surtout si vous lui trouvez un compagnon gastronomique à sa hauteur. Orgasme des papilles garanti. 


Equilibre 2013 (12,50 €)

Lui, c'est tout l'opposé du précédent. Une finesse et une fraîcheur que l'on n'imagine pas dans la contrée la plus méridionale de France (Sud de la Corse). Avec des notes de garrigue, de framboise et de pire, une texture soyeuse chambollienne, ce vin incarne une sorte de perfection, sans son côté froid et glacé (bien au contraire). Le prix est cadeau pour un vin corse (en biodynamie en plus).

Conclusion : après lecture de ce Top 10, je dirais que ce sont que des vin plutôt facile d'accès, pas bizarres ou dérangeants, même s'ils ont leur personnalité. Vous pouvez normalement les boire avec n'importe qui, non-initié comme amateur pointu, sans qu'il fasse de grands sauts. 

lundi 21 décembre 2015

Accords mets et vins : la récap' !

J'avais fait ces propositions d'accords mets et vins il y a trois ans. Certains vins ne sont plus disponibles, mais nous avons depuis 600 nouvelles références. De quoi trouver votre bonheur. Si vous avez des doutes, contactez-moi. Joyeuses fêtes à tous !






















vendredi 18 décembre 2015

Délice de Thou : boire bon n'est pas forcément ruineux


Vous avez sans doute remarqué que nous n'avons des Jurançons moelleux du Clos Thou que quelques mois par an. C'est un problème pour nous, mais aussi pour le producteur. Aussi, à l'instar d'autres domaines, il a élargi son offre en achetant des raisins à des vignerons voisins, tout en les vinifiant et les élevant avec son savoir-faire.

Et de fait, ce Délice de Thou est une vraie réussite, avec un prix qui reste raisonnable (10,00 €). Il est de plus polyvalent : il pourra aussi bien convenir pour l'apéro - tout le monde  n'aime pas les bulles - pour le foie gras, le fromage persillé et le dessert (tarte aux poires, tartare de mangue...). 

La robe est jaune brillant éclatant.

Le nez demande un peu d'aération pour s'exprimer : on est alors sur l'ananas, la mangue et le fruit de la passion.

La bouche est fraîche éclatante de fraîcheur, avec un sucre discret totalement équilibré par l'acidité traçante – renforcée par un léger perlant – et une belle expressivité aromatique – t'as l'impression de mordre dans l'ananas. L'équilibre frôle la perfection.

La finale est savoureuse, soutenue par une astringence canaille. Cette fois, c'est la mangue qui a la vedette, même si l'ananas n'est pas très loin. Le sucre, lui, est toujours discret même s'il est bien là. La magie du Manseng opère.






jeudi 17 décembre 2015

C'est déjà Noël (partie 2) !


Après avoir fêté Noël avec le club de Saint-Yrieix la semaine dernière, nous le fêtons cette fois-ci avec les clients de Vins étonnants à Limoges. J'ai demandé à ceux-ci une contribution un peu plus élevée que d'habitude, histoire d'avoir des vins qui sortent de l'ordinaire. 


Nous commençons par Comme autrefois 2000, un champagne signé Françoise Bedel, avec les trois cépages traditionnels à égalité et un élevage sur lattes ... de 13 ans ! Cela se sent au nez évolué, épicé, grillé, mais pas fatigué. La bouche l'est encore moins, tendue et tonifiée par une fine acidité qui se prolonge longuement en finale. La matière est dense, vineuse, séductrice, avec des bulles très discrètes qui ne font qu'ajouter au charme. L'accord avec le jambon cru et les noisettes grillées fonctionne toujours très bien.


Nous poursuivons par un Riesling 1er cru Falkenlay 2009 de Clemens Busch. En France, on serait quasiment sur une vendange tardive, car il a 13 ° d'alcool et 19 g/l de sucres résiduels. Le nez est marqué par les terpènes d'agrumes et une pointe de résine. La bouche affiche une tension superlative typique des terroirs schisteux, et en même temps une belle richesse, du gras, et une maturité que l'on sent poussée. Le vin tranche avec délice la chair délicate du cabillaud et fait un superbe pont aromatique avec la sauce à la mandarine et à la coriandre. Accord superbe.


Puis vient le Nuits Saint Georges 1er cru les Damodes 2012 de Claire Naudin. La robe est un peu plus sombre et dense que les autres vins du domaine, mais elle reste tout de même translucide. Le nez est encore marqué par l'élevage en barrique (pain  grillé, léger moka, noisette) mais on sent derrière un fruit mûr et pimpant (cerise, framboise) et des épices. La bouche est ronde, douce, très enrobante, avec un toucher soyeux, et une densité plus aromatique que structurelle. Il y a beaucoup de fraîcheur. Celle-ci s'intensifie encore plus en finale, complétée par des notes épicées/grillées. L'accord avec le filet mignon en basse temp ' et une sauce aux fruits rouges est vraiment top !


Deuxième rouge : l'Arbois Saint-Paul 1985  de Camille Loye. Cela faisait longtemps que je voulais le déguster. C'était une bonne occasion. Lorsque je l'ai ouvert le matin, il paraissait déjà "à point" (nez sur des notes tertiaires). Aussi ai-je remis le bouchon jusqu'au moment du service. Le nez s'est alors révélé moins ouvert que le matin, avec des notes de réduction (sans que ce soit repoussant). En bouche, il n'y a par contre que du plaisir : c'est d'une fraîcheur et d'une vivacité incroyable pour un vin de 30 ans, avec toujours un fruit bien expressif (cerise) et une matière très fine, sans aucune sensation tannique. Si l'on ne voyait pas la couleur (corail) on pourrait imaginer boire un  vin blanc. Même si l'accord avec la tomme de Savoie n'avait rien de magique, il avait le mérite de ne pas du tout nuire au vin (ni au fromage).


Pour finir, le Coteaux de l'Aubance Grains Nobles 1989 de Bablut. Déjà la couleur de la robe dorée/cuivrée et visqueuse est impressionnante. Au nez, c'est à la fois puissant et très fin, sur des notes de fruits confits, de cire d'antiquaire, et une pointe mentholée. La bouche est grasse, onctueuse, mais parfaitement équilibrée par une acidité tranchante. On sent à peine les 160 g/l de sucres résiduels.  L'accord avec la tarte à l'ananas et à la mangue, glace au fruit de la passion est juste impeccable.

Une très très belle soirée, autant pour les vins que les plats, et les accords entre ceux-ci. Et peut-être plus encore par la grande qualité des convives, curieux et enthousiastes ! 


mercredi 16 décembre 2015

Le primeur version Estezargues


Nous étions relativement pauvres en vins du Rhône Sud à prix abordable (comparativement au Languedoc, par exemple). Cela faisait déjà deux-trois ans que nous étions intéressés par les vins des Vignerons d'Estezargues. Nous avons goûté leurs vins à plusieurs reprises, et ils nous ont vraiment convaincus, avec des rapports qualité/prix frôlant l'hallucinant. Encore fallait-il les acheter au bon moment, car ils sont rapidement épuisés.

Il faut dire que "cave coop" ne rime pas forcément avec grosse production. En l'occurrence, ce sont des petits domaines (dont une partie en BIO) qui se sont regroupés pour avoir un outil de vinification commun (et du personnel pour s'en occuper). Mais chaque domaine vend ses propres cuvées venant de ses vignes. Et comme la plupart n'ont que quelques hectares, ça part très vite.

Cette cuvée Terra Vitis 2015 est un peu l'exception. C'est un assemblage de lots de plusieurs producteurs. On y retrouve du Grenache, de la Syrah et du Carignan, vinifiés à basse-température (20-25 °C) pour ne pas extraire de tannins trop durs et n'avoir que le fruit, les épices ... et la couleur. Le vin n'a pas été filtré, et n'a eu aucun additif ou conservateur oenologique. Du "brut de cuve", donc, mis en bouteille tel quel pour profiter de toute sa vigueur juvénile :-) Et ce p'tit jeune est abordable dans tous les sens du terme, puisqu'il ne coûte que 5,90 € les 75 cl.


La robe est pourpre intense, bien violacée.

Le nez est aérien et expressif, sur les fruits noirs, le poivre, avec une petite touche fermentaire (bonbon anglais) qui disparaît à l'aération, mais aussi de fer (sanguin).

La bouche est ronde, ample, souple et tonique, avec une matière veloutée au fruit gourmand.

La finale dévoile une mâche épicée sans dureté. Ce n'est pas d'une longueur phénoménale, mais on s'en f... un peu. On en boit une autre gorgée, et puis voilà ! 


mardi 15 décembre 2015

Vendanges dorées : richesse et fraîcheur


C'est un sacré travail pour produire ces Vendanges dorées : si le Len de l'oeil prend bien la pourriture noble, le Mauzac et l'Ondenc ne l'apprécient guère. Le premier cépage est donc vendangés par tries successives comme à Sauternes et Monbazillac, tandis que les deux autres sont ramassés juste mûrs, puis sèchent trois mois dans un local aéré sur des clayettes, passant de 12 à 22 ° potentiels. Puis ils sont pressurés et fermentent en fûts de chêne (1/5ème neufs).

Cela explique probablement que ce vin ne ressemble à aucun autre : on retrouve la fraîcheur des raisins passerillés ( comme les vins de paille du Jura ou les Jurançon) tout en ayant le gras des vins issus de botrytis). Et ce pour un prix relativement ridicule au vu de sa grande qualité (et du process mis en oeuvre) : 11,50 € les 50 cl.
 
La robe est d'un or intense, avec des larmes épaisses sur les parois du verre à l"agitation.

Le nez est riche, profond, sur des notes d'écorces d'agrumes confites, de miel d'oranger, de beurre et de vanille.

La bouche est longiligne, tendue par une acidité rafraîchissante, tout en libérant une matière onctueuse, grasse sans être lourde,  qui vous tapisse généreusement le palais.

La finale longue et intense est dominé par de nobles amers - toujours cette écorce d'agrume confite - complétée par des notes de coing, de pomme au four et d'épices. 

Pour l'instant, c'est déjà très (très) bon, mais si vous attendez encore 5 ans ce sera magnifique (cf mon témoignage de 2008)



lundi 14 décembre 2015

C'est déjà Noël (1ère partie)


Mercredi dernier, nous avons fêté la fin d'année avec le club de Saint-Yrieix. Des bouteilles un peu plus prestigieuses que d'habitude ont été sorties, avec les plats qui vont avec...


... et  un accompagnement musical de grande qualité (avec le fidèle Dr Bob Quartet).


Avec des cakes salés, nous avons dégustés les Empreintes 2010 de Laherte. Pour ceux qui avaient dégusté le 2009, on est sur un registre plus tendu, millésime oblige, mais superbement enrobé par une matière dense et mûre, aux bulles élégantes. Vraiment du beau champagne qui n'a rien à envier à des bouteilles plus prestigieuses (et surtout plus marketées).


Pour l'entrée, le chef m'avait dit qu'il voulait préparer un velouté de potimarron avec des cubes de foie gras. À moi de trouver ce qui pourrait aller avec. Quelques jours avant, j'avais dégusté Inverso blanc des Estanilles, et tout de suite je m'étais dit "mais c'est le vin qu'il faut pour l'entrée de Saint-Yrieix !". Sans filet, nous avons donc fait le test en direct avec 30 personnes. Et ça a marché super bien. Tout le monde a adoré l'accord, et le vin. La grâce du schiste a frappé !


En plat, un traditionnel chapon farci. Avec  une volaille un peu grasse, le Bourgogne fonctionne bien. Et comme je sais que  mes convives sont fans des vins de Naudin-Ferrand – ils ont bien raison ! – j'ai servi du Myosotis Arvensis 2012. Sans surprise, ça a été LE vin de la soirée. Le nez floral/épicé/fumé est une petite merveille qu'on ne se lasse d'humer, et la bouche est une douce caresse fruitée. Mmmm... À 29 €, on pourrait dire que c'est relativement cher pour un Hautes-Côtes de Nuits, mais pour avoir des vins de Bourgogne de cette qualité-là, il faut souvent payer 3 à 4 fois plus cher.



Forcément, passer après ce vin était un challenge plutôt difficile. C'est le Margaux Bel Air Marquis d'Aligre 1998 qui s'y est collé. Il est probable qu'une belle pièce de boeuf  l'aurait plus mis en valeur. Le Saint-Nectaire s'est juste contenté de ne pas lui porter préjudice. Néanmoins, il s'en est super bien sorti. Alors que le groupe n'est pas bordophile, tout le monde l'a bien aimé : il leur a rappelé les bons Bordeaux à l'ancienne comme on n'en trouve (presque) plus, sans bois ni concentration à outrance, avec ce nez de havane et de forêt automnale, une grande finesse en bouche et une bonne fraîcheur. Après, c'est certain qu'on est sur une aromatique plus austère que le vin précédent. 


Pour finir, un Jurançon Au Capcèu 2013 de Camin Larredya. Il aurait dû accompagner un dessert à l'ananas et à la mangue, mais il y a un problème de transmission d'information : nous avons eu le même dessert que la séance précédente qui était magnifique avec le Madère Malvasia 10 ans. Mais ce Jurançon a suffisamment de puissance et de richesse pour s'en accommoder. Il n'y avait pas accord, mais pas conflit non plus. Les deux se contentaient de s'ignorer. Et à la fin, le Jurançon sortait plutôt vainqueur tant sa fraîcheur faisait un bien fou à ce moment du repas. 

En tout cas, tout le monde était ravi de cette soirée musico-vinique. Vivement l'année prochaine pour déguster plein de belles choses ! Quant à moi, je recommence dans deux jours à Limoges avec le "club vins étonnants" . Quelle vie...


vendredi 11 décembre 2015

Deux Muscadets...deux types d'huîtres


D'abord un mea culpa par rapport à ce que j'ai écrit ICI. Il est vraiment bien, cet Unitverre ! J'ai d'abord testé les Muscadets du jour avec celui-ci. Très bons. Et puis, j'ai repris mon bon vieux Master Glass. Arrgh. Trop acides, limite agressifs. Autant il peut apporter de la niaque à des vins un peu mous, autant sur des vins déjà tendus, c'est un peu trop. Vive l'Unitverre, donc !

Passons maintenant au sujet du jour : nous venons de recevoir le millésime 2013 des deux crus du domaine de la Pépière. Le premier, Clisson, est un classique. Par contre, c'est une première pour Monnières - Saint Fiacre qui vient d'être reconnu officiellement. Clisson est un terroir granitique, alors que le second est sur gneiss et mica-schistes.


Monnières - Saint Fiacre 2013 : le nez est fin et intense sur des notes caillouteuses et iodées, avec une légère touche citronnée. La bouche est tranchante comme un sabre Jedi tout en étant zen comme Obi-Wan Kenobi. L'effet schiste à son optimum : pureté, éclat, digestibilité. Le côté lumineux de la Force, quoi. La finale est savoureuse, très marquée par le salin. Nul besoin de rajouter de sel au plat qui l'accompagne...



Clisson 2013 : le nez est relativement proche, avec moins de cailloux et plus de sel. La bouche est plus ronde, plus ample, avec plus de chair, de volume, tout en ayant de la fraîcheur, et ce goût de "jus de cailloux". La tension est moins grande : on est plus sur la largeur que la longueur, pour reprendre Hubert de Montille dans Mondovino. La finale a plus de mâche et de consistance, tout en étant moins longue, reproduisant ce qui se passe précédemment (plus large que long)

Conclusion : autant je verrai le Monnières - Saint Fiacre sur des fines de claires plutôt petites bien marquées par l'iode, autant le Clisson appelle des huîtres plus grosses, plus charnues, moins iodées (noisettées par exemple). 

Si l'on sort du cadre des huîtres, le Monnières irait mieux avec un poisson simplement grillé relevé d'un filet de jus de citron, tandis que le Clisson pourra supporter des chairs plus fermes : homard, lotte. 

Dans les deux cas, s'ils offrent déjà bien du plaisir, ils seront probablement encore meilleurs dans 5-10 ans.