jeudi 3 mars 2016

Blauburgunder : l'autre visage du Pinot noir


Ce n'est pas demain que l'Autriche concurrencera la France avec son Blauburgunder puisque sa production représente 1.3 % de l'hexagonale. Et puis, si les vignerons ne mettent pas sur leur étiquette "Pinot noir", ils vont avoir du mal à le mettre en avant à l'export.

À Vins Etonnants, nous sommes germanophones et ouverts d'esprit. Cela ne nous cause donc aucun problème de vendre du Blauburgunder, surtout lorsqu'il est bon. Il est produit par le domaine Meinklang dont nous avons déjà parlé ICI, qui ne consacre qu'une toute petite partie de sa surface à agricole à la vigne, histoire de favoriser la bio-diversité (vaches, moutons, verger, céréales...)

Si cela peut rassurer nos lecteurs, la vache n'est que sur l'étiquette, pas dans la bouteille. Même s'il est en biodynamie, ce vin ne sent pas l'étable. On est au contraire sur des arômes purs et délicats.

La robe est grenat translucide.

Le nez est fin et pénétrant sur le pétale de rose, la cerise confite, la terre fraîchement retournée, avec une touche d'épices douces.

La bouche, une fois que le gaz carbonique présent au départ s'est dissipé, est ronde, ample, aérienne, avec une matière subtile, caressante, limite impalpable. Elle n'en est pas pour autant effacée : son aromatique florale/fruitée/minérale est au contraire omniprésente, mais presque plus comme un gaz qu'un liquide. L'ensemble est d'une grande fraîcheur, tendue par une acidité arachnéenne.

La finale finement mâchue étonne par son énergie et son intensité – un effet de la biodynamite ? –  vous donnant l'impression que votre palais triple de volume : rose, tabac, fumée, terre ... se donnent à fond. Certains pourront même trouver cela entêtant. Moi pas.

Le prix (11,90 €) reste des plus raisonnables par rapport à ce qu'il y a dans le verre... 


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