jeudi 4 août 2016

Go ... Jacky go !

Jacky Logel  - et Odile, sa complice de toujours - ont compris qu'il ne fallait jamais se reposer sur ses lauriers et toujours aller de l'avant. Même si Volcanique, Poycelan ou Ribambulle marchent du feu de dieu, il faut penser à se renouveler, quitte à briser quelques tabous. Depuis la libéralisation des cépages en Europe, l'Alsace a perdu le monopole français de la culture du Riesling et du Gewürztraminer. Tout en gardant le privilège d'être la seule région à pouvoir afficher leur nom sur l'étiquette de façade des bouteilles.

Jacky, Alsacien d'origine, s'est lancé dans la production de ces deux cépages nobles. Mais ils sont en Vin de France, et nulle mention de l'encépagement sur l'étiquette. Pas grave, les vins parlent d'eux-mêmes : lorsque vous avez le nez sur le verre, il n'y a pas une seconde d'hésitation pour distinguer le Riesling du Gewürz ;-)

Le couple a aussi planté du Côt, rappelant que nous sommes toujours en Loire, même si le Forez est presque à la même latitude que Cahors. Le résultat final est un peu entre les deux régions : la fraîcheur ligérienne et la densité cadurcienne. Un must  pour les adorateurs de ce cépage !



Pupschen 2015 (100 % Gewurztraminer): la robe est jaune pâle.

Le nez est intense tout en restant aérien, sur des notes de rose séchée, de mangue et d'épices nord-africaines.

La bouche est ronde, fraîche, fruitée, avec une belle tension épicée qui se prolonge en finale.

Celle-ci est corsée sans être dure, avec un retour sur la rose séchée, et toujours ces épices qui vous balade au pays du tajine.


Loyela blues 2015 (100 % Riesling) : la robe est légèrement plus intense que le précédent.

Le nez est beaucoup plus expressif sur des notes d'écorce d'orange séchée, de pomelo, mais là aussi pas mal d'épices.

La bouche est élancée, tendue sans être raide, avec une matière dense, très marquée par les terpènes d'agrume, plus ronde et moins acide que le Riesling typique – ce qui peut expliquer qu'un client m'a dit à son propos "habituellement, je n'aime pas le Riesling, mais là, j'aime bien". 

La finale envoie du lourd, mêlant écorce d'agrumes, fruits exotiques, épices ... et même une petite pointe camphrée. Mais surtout le fameux duo amertume/astringence qui peut être génial ou catastrophique. Ouf, là, on est plus proche du génial :-) Les épices restent longuement en bouche, au point où l'on peut se demander si l'on ne vient pas de boire un Gewurz...


Rézinet 2015 : la robe est grenat sombre translucide.

Le nez est fin, floral, sur des notes de violette/pivoine, de cerise et une pointe de rafle et de ronce.

La bouche est ronde, souple, très avenante, avec une matière soyeuse et un fruit assez classieux (on est déjà sur un côté "dégradé/décadent", dirait François Mitjavile et non un truc primaire qui pète le fruit). On retrouve la rafle, la ronce, la violette mais aussi le noyau de cerise. L'ensemble fait presque plus pinot que gamay.

La finale se fait un brin accrocheuse, mais c'est une accroche plutôt coquine, malicieuse,  du genre dont on souhaiterait être victime plus souvent. Elle est probablement due à une mise récente. Dans quelques mois, ce sera certainement plus fondu.



Côt à Côt 2015 : la robe est plus sombre, presque opaque.

Le nez mûr et pimpant évoque la confiture de fruits noirs (mûre, myrtille) en train de mijoter dans la marmite de cuivre, avec une petite touche lactée et quelques épices. Une pointe mentholée rafraîchit l'ensemble.

La bouche est ronde, veloutée, avec une matière dense et charnue et des tannins qui montrent un peu leurs muscles. Pour le coup, nous sommes sur le fruit pétaradant dans un style assez jouissif.

La finale a une mâche assez puissante, plus typée Sud-Ouest que Forez, mais comme le milieu de bouche, il y a en elle du jubilatoire. Une incarnation de la gourmandise paillarde, à la limite de l'indécence.

Vous avez eu le courage d'arriver jusqu'à la fin de cet article ? Merci à vous. Sachez que ce sera  le dernier ... avant mon retour de vacances  le 17 août

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