vendredi 29 avril 2016

Jolie balade dans le Sud-Ouest


Le "Club Vins étonnants" de Limoges s'est tenu mercredi dernier dans un nouveau restaurant au nom sympathique de Déjeuner sur l'herbe. Cela donne tout de suite faim et soif ! Il y avait quelques vins du Sud-Ouest que je brûlais de faire découvrir à mes amis dégustateurs. Allons-y donc pour une soirée Sud-Ouest, tout en ayant conscience d'avoir fait de grosses impasses : pas de Jurançon, de Madiran, de Fronton, de Buzet...  Promis : nous en ferons une autre l'hiver prochain !


Florent, le chef, nous avait préparé de délicieuses mises en bouches avec des piquillos, des légumes confits à l'huile d'olive, et des "rillettes" à base de poulet, de veau et d'herbes aromatiques. Avec celles-ci, du Raides Bulles pour avoir la frite toute la soirée ! Bon, là, ce n'est pas une boisson énergisante mais une méthode gaillacoise (plus chic que pét' nat'). C'est un moût de raisins (Syrah, Duras, Braucol, Jurançon et peu de Mauzac) que l'on met en bouteille lorsqu'il a atteint 7-8 % d'alcool. Cela refermente un peu (1%), créant du gaz carbonique,  tout en gardant du sucre. An final, un vin finement pétillant, peu alcoolisé (9.5 %) et légèrement doux. C'est fruité, gourmand, joyeux même. Et effectivement, nous avons eu la frite toute la soirée !*


L'entrée était assez étonnante : une sorte de bruschetta avec du poireau béchamel gratiné et deux œufs mollet coulant à souhait. Un joli jeu de textures et de goûts. Pour l'accompagner, un "match" entre deux Bergeracs blancs : à ma gauche la Cuvée des Conti 2014 de la Tour des Gendres (50% Sémillon,  40 % Sauvignon et 10% Muscadelle) ; à ma droite Andréa 2013 de Tirecul la Gravière (70 % Sémillon et 30 % Muscadelle). Les fans de Sauvignon eussent préféré la Conti, mais ils étaient très minoritaires absents hier soir. Alors que tout le monde a adoré Andréa, chef inclus (il a dégusté tous les vins de la soirée). Comme moi, dis donc !Ça rassure ;-)


Suivait un vrai plat du Sud-Ouest : du confit de canard avec des pommes de terres sarladaises. Comme là-bas, dis ! Avec un nouveau "match" : à ma gauche les Rougiers 2010 du domaine du Cros  (100 % Mansois = Fer Servadou) et à ma droite le Champ d'Orphée 2014 de Stéphane Lucas (100 % Braucol = Fer Servadou). Le premier est fin, tendu, classieux, avec des tanins très fins, mais avec un côté intello austère ; le second est plus dense, plus charnu, plus fruité et sensuel.  Il remporte quasiment tous les suffrages (mais j'aime beaucoup le premier, dont je parlais il y a peu ICI).


Je n'imaginais pas faire une soirée Sud-Ouest sans Cahors. J'avais choisi une cuvée La Roque 2014 sans sulfites ajoutés du Mas del Périé. Le seul vin que j'avais carafé car il était un peu réduit à l'ouverture. Cela lui a fait du bien : c'était une p... de bombe fruitée d'une fraîcheur vivifiante, au charme totalement irrésistible. LE vin rouge de la soirée (même si on peut trouver plus de profondeur au Champ d'Orphée). Le Saint-Nectaire ne lui pas du tout nui.


Pour finir, un dessert à base de fruits exotiques, avec du croustillant, du caramélisé et du glacé. Avec deux vins, là encore : à  ma gauche, un Monbazillac les Pins 2013 de Tirecul la Gravière ; à ma droite, un Château Tirecul la Gravière 2011 (pas vendu chez nous : cadeau du propriétaire lors d'un récent passage au domaine, mais on vend le superbe 2008). L'idée était de montrer la différence de niveau entre la "petite" cuvée du domaine et celle située au-dessus. Comparaison difficile pour les Pins, car 2013 est certainement l'année la plus légère jamais faite. Le millésime 2014 sera plus concentré. Logiquement,le château 2011 dominait largement le débat en terme d'intensité, de richesse, de gourmandise. Le pauvre Pins 2013 semblait bien austère (alors que bu seul, il est très sympa. Je dirais même idéal pour ceux qui ont du mal avec les vins liquoreux qu'ils jugent trop lourds). En tout cas, nous nous sommes vraiment régalés, l'accord avec le dessert fonctionnant très bien.

Nous reviendrons le mois prochain, avec pour thème ... la Provence !






jeudi 28 avril 2016

B.... c'est bon !


Cela faisait un bon bout de temps que nous n'avions pas eu le blanc "normal" de Benoît Braujou. Je veux dire, pas comme le Mémé Jeanne qui se la joue orangeo/géorgien. Le nombre de bouteille doit être assez limité, et lorsque vous ne commandez pas au bon moment, vous êtes bons à attendre jusqu'à l'année suivante.

B... d'Agniane pourrait laisser faire croire que le nom du cépage commence par un B  (vu que le vigneron produit aussi Gren'H et l'Art Amont). En fait, non. Je suppose qu'il est question ici de Benoît D'Aniane, grand personnage local qui s'appelait avant son baptême chrétien Witiza (autre cuvée de Benoît Braujou). Oui, ça fait beaucoup de Benoît et de B...

Oui, donc, mauvaise piste pour le cépage qui s'avère être le Vermentino. Appelé aussi Rolle. On le trouve plus souvent en Provence ou en Corse. Mais parfois aussi en assemblage dans le Languedoc où il apporte de la fraîcheur.

Sur ce millésime, on sent que le vigneron a poussé le vin jusqu'au maximum de sa maturité, car il n'y a plus du tout les notes d'agrumes qui le caractérisent : on est sur une aromatique que je n'avais jamais sentie sur un vin. Cette cuvée sera sans aucun doute une expérience inédite pour tout dégustateur, et cette rencontre devrait être positive s'il est aware.  A vos verres ? Partez !

La robe est d'un bel or brillant.

Le nez est riche, intense, sur des notes de frangipane et de banane rôtie au beurre.

La bouche est ample, généreuse, avec une matière mûre, grasse, limite opulente, soutenue par une fine acidité qui apporte une juste tension et s'accentue en s'approchant de la finale. L'aromatique est pour le moins originale (banane bien mûre/pâte d'amande) tout en n'étant pas "barrée" ou déviante.

La longue finale est finement mâchue, gourmande, bien épicée, persistant sur des notes de miel de châtaignier.

Ce vin demandera une cuisine "exotique" (tajine) ou de des fromages affinés (parmesan, mimolette...)

mercredi 27 avril 2016

Cabernets : hymne à la pureté


Eh oui, encore Denois... Qu'est-ce que vous voulez ? Il n'arrête pas de sortir plein de chouettes nouveautés. Enfin, pour être précis, c'est plutôt de la métamorphose. Car cette cuvée Cabernets assemble son Cabernet Franc et son Cabernet Sauvignon qui  n'existeront plus séparément. Personnellement, je le regrette un peu, car ces cuvées de cépage étaient des plus didactiques.  Poursuivant sa quête de pureté, Jean-Louis Denois a totalement abandonné ici le bois, le remplaçant par des cuves inox et des jarres en terre cuite. Il ne reste que le fruit et les épices naturels des deux cépages, sans parasitage. Les sulfites sont également modérés, puisque nous sommes en dessous de la barre des 40 mg/l de SO2 total.

Ce vin a déjà évolué positivement depuis ma première dégustation en  Février à Montpellier.  Et je suis persuadé qu'il sera encore meilleur si on  le laisse tranquille quelques années. Ceci dit, ceux qui recherchent des vins qui ont du fruit - mais aussi de la profondeur - devraient trouver leur bonheur avec Cabernets. Cela peut donner aussi une idée de ce à quoi un bon Bordeaux ressemblerait si on le privait de bois. Ben c'est pas mal ;-)

La robe est bordeaux sombre, mais translucide.

Le  nez évoque le fruit noir frais (mûre, myrtille), avec une touche d'épices (poivre) et une petite pointe végétale (menthol).

La bouche est ample, toute en rondeur, avec une matière dense et veloutée, caressante, avec un fruit frais expressif et une sensation de grande pureté.

La finale est finement mâchue, avec des tanins déjà bien intégrés, avec toujours ce beau fruit mûr et des notes épicées.

Même si absence de boisé ouvre de plus grandes perspectives d'accords, c'est tout de même avec une belle pièce de bœuf que ce vin excellera.



mardi 26 avril 2016

Vin passion : la simplicité a du bon


Bon, je le reconnais : je ne suis pas vraiment objectif lorsque je parle des vins de Corinne et Jean-Michel Comme. Ce sont des amis avant d'être des fournisseurs. Je suis de près leur aventure depuis une dizaine d'années, que ce soit au Champ des Treilles ou à Pontet-Canet. Depuis, ils ont parcouru beaucoup de chemin, et c'est loin d'être fini. Corinne conseille maintenant plusieurs domaines, dont Climens (Barsac) et Monestier-la-Tour (Bergerac). Pontet-Canet que dirige Jean-Michel est devenu l'un des crus les plus réputés de Pauillac. Il n'empêche : presque chaque week-end, le couple retourne à Margueron (deux heures de voiture depuis Pauillac) pour s'occuper du domaine familial. Au programme : travail des sols, traitements, cueillettes de plantes pour la biodynamie, soin des abeilles (il y a plusieurs ruches) entretien du matériel agricole. Bref, de quoi s'occuper et peut-être plus important : rester au plus près du métier de vigneron, aussi difficile soit-il.

Et si on passait au vin du jour ? me demande un lecteur, impatient. Euh, oui. No blème. Le Vin Passion, donc, est un Bordeaux blanc qui ne ressemble pas du tout à un Bordeaux blanc. Il ne sent pas le pipi de chat et/ou le bourgeon de cassis comme les p'tits Bordeaux pas chers. Ni le bois neuf grillé/beurré/vanillé comme les Bordeaux z'onéreux. Son assemblage 1/3 Sémillon, 1/3 Sauvignon et 1/3 Muscadelle fait qu'aucun de ces cépages ne domine, et qu'il est bien difficile de détecter l'un ou l'autre. On est dans une sorte de TOUT indissociable. Son élevage en cuve (inox et oeuf béton) fait que l'on profite du vin sans avoir l'impression de sucer une douelle

Du coup, je conçois que ce vin puisse être un peu déstabilisant car il s'écarte des sentiers balisés. Pour l'apprécier, il faut juste le prendre comme il est : simple, équilibré, digeste, sans prise de tête ni exaltation. Le vin qu'ont plaisir à boire Corinne et Jean-Michel à l'heure de l'apéro, après une longue journée de travail. #le_vin_qui_rend_zen

La robe est jaune paille.

Le nez est fin et aérien, sur des notes de fruits blancs mûrs (pomme, poire), de fleur de tilleul et de craie mouillée.

La bouche est ronde et fraîche, croquante, avec une matière charnue, pulpeuse et digeste. L'ensemble dégage un grand naturel sans jamais tomber dans le nature.

La finale est finement astringente, sur des notes crayeuses et citronnées. Celles-ci lui apportent équilibre et caractère.

Un vin parfait pour l'apéro, donc, mais il ira bien aussi avec du cabillaud légèrement citronné ou des fromages de chèvres pas trop affinés. À 8,00 € la bouteille, la zénitude est la portée de tous. 



lundi 25 avril 2016

Enclos des Roses : un grand rouge de Gaillac


Le domaine d'Escausses fait partie des premiers fournisseurs de Vins étonnants, à une époque où le site a commencé avec 12 vins au catalogue (dont la fameuse Vigne Mythique, tous plus atypiques les uns que les autres. Depuis cette  époque épique, nos liens avec la famille Balaran se sont toujours maintenus. Je dis famille, car depuis quelques années, Aurélie travaille avec son père, que ce soit sur Escausses ou l'Enclos des Roses. Jusqu'à aujourd'hui, nous avions hésité à prendre les vins de l'Enclos, car nous avions déjà une bonne gamme de vins rouges gaillacois (Escausses, Causses Marines, Plageoles,  Champ d'Orphée). Mais il se trouve qu'il n'y aura pas de Croix Petite en 2013 et 2014 - et que le 2015 n'est pas encore prêt. Aussi avons-nous décidé de la remplacer par l'Enclos des roses rouge 2009, même si l'assemblage est différent.   

En effet, la Croix Petite comprenait une bonne proportion de cépages dits "améliorateurs" (Syrah et Cabernet Sauvignon). Alors que l'Enclos est un pur produit gaillacois, puis qu'il est un assemblage 50 % Duras, 50 % Braucol (= Fer Servadou ou Mansois). Et lorsqu'on le boit, on peut vraiment se demander en quoi les vins de Gaillac devraient être "améliorés". Bon, je vous l'accorde, on est ici dans le top de l'appellation. Tout n'est pas de ce niveau... 

Ce qui est appréciable dans des appellations "mineures" comme Gaillac, c'est que le top est proposé à moins de 15 €, alors que dans des plus "prestigieuse", vous avez à ce prix ce qui se fait de pire. Moralité : laissez ces derniers aux buveurs d'étiquettes, et faites-vous plaisir avec des vins comme l'Enclos des roses !

La robe est pourpre très sombre, limite opaque, avec encore un disque violacé.

Le nez est fin et profond, style brun ténébreux, sur des notes de cassis, de tabac, d'épices, avec une légère touche fumée/grillée.

La bouche est très ample, sphérique, avec une matière dense et veloutée qui réussit à être fraîche et aérienne. Peu de tanins dépassent pour un vin structuré du Sud-Ouest. Ce qui frappe le plus est l'énergie et la puissance, à la fois sauvages mais maîtrisées.

Avec l'aération, la bouche devient plus longue que large, plus élancée, avec une grande tension.

La finale est puissante et explosive, sur des notes fruitées et épicées, avec ce qu'il faut de tanins, mais cela reste très civilisé, et même classieux, oserai-je.

Bref, pour 12 €, vous avez un vin qui allie puissance et élégance, et qui peut certainement prétendre à faire partie du TOP 5 des grands rouges du Sud-Ouest.


vendredi 22 avril 2016

Arnoison 2009 : un superbe Chardonnay sans une trace d'oydation


La mode est de parler des jobs à la con*. Eh bien moizossi, je peux témoigner. Je joue à Léon le nettoyeur à l 'étage Vins de France du site commercial. Tout ce qui pourrait déranger la DGCCRF doit disparaître et être transféré sur vins-etonnants.info. Sur ce site qui n'a pas de vocation commerciale, on est libre d'écrire ce que l'on veut. Raconter par exemple que cet Arnoison 2009 de Courtois est un pur Chardonnay. Certains vont me dire que plein de sites commerciaux continuent à raconter que Simon Busser vinifie du Malbec en appellation Cahors, ou d'autres choses du genre. Ben oui. Il faut croire que leur Direction des fraudes locale à d'autres chats à fouetter. N'empêche qu'ils n'ont pas le droit d'en dire plus que ce raconte l'étiquette. Et ça fait partie de mon jobalacon. Je prends les bouteilles sous toutes les coutures pour montrer que voilà, c'est bien écrit 75 % Syrah et 25 % Carignan, et donc l'indiquer sur le site commercial...


Bref, c'est donc en faisant ce travail de fourmi que je suis retombé sur cet Arnoison. L'un des seuls vins de ce producteur qui se vend doucement. Depuis que je travaille à Vins étonnants, on a dû en vendre 3 ou 4 bouteilles alors  qu'on a écoulé moultes Quartz, Plume d'Ange ou Racines... Je me suis dit "Allez bon, on va goûter et en parler... si c'est encore bon". Car je n'étais pas plus sûr que ça de mon coup. Un vin "nature" de 7 ans ne risque-t-il pas d'être mort prématurément ? Eh bien ... pas du tout !

La robe est d'un bel or intense.

Le nez fin et complexe hésite entre le Chardonnay (poire/pomme mûre, noisette grillée, mousseron) et le Chenin (coing confit, encaustique).

La bouche est élancée, tendue par une fine et intense acidité qui s'étire jusqu'en finale, et en même temps ample, élégante, avec une matière alliant fraîcheur et grande maturité. Un vin qui réconcilie avec brio des qualités souvent contradictoires. On a un peu l'impression qu'un négociant bourguignon se serait amusé à assembler un Chablis avec une cuvée bien mûre du Mâconnais. Et qui, sur un dernier coup de génie, aurait ajouté 10 % de Chenin tourangeau.

La finale est riche, puissante, longue, avec des amers très cheninesques, justement, et un beau retour sur les fruits mûrs, le coing confit, des notes résineuses, beurrées/fumées. Bref, baroque, et en même temps d'une justesse et d'une harmonie rares. Ce vin un brin allumé sonne juste.

Et surtout, aucune trace d'oxydation ou de vieillissement prématuré. Il fait plutôt moins que son âge. Ce vin n'a pas grand chose à envier à des vins issus de terroirs nettement plus prestigieux que la Sologne (oui, ça fait du monde, parce que la Sologne, comment dire...). Cela prouve définitivement que si un vin "nature" est bien né au départ, il n'a pas de raison de plus mal vieillir qu'un vin classique (et il y aurait de quoi écrire un livre entier sur  les PremOx (oxydation prématurée) du Chardonnay bourguignon...).

Bon, et puis, merci pour le jobalacon, parce que sans lui, cet Arnoison serait tombé aux oubliettes, et c'eût été bien dommage !
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*C'est pas bête, vous me direz : quand les 3-4 millions de personnes qui sont au chômage  lisent les témoignages, ils peuvent se réjouir de ne pas avoir de travail...


jeudi 21 avril 2016

Petits dragons : ils n'ont jamais volé aussi haut !


Les Petits dragons font partie des cuvées dont je parle chaque année. Probablement parce qu'elle incarne totalement ce que peut être l'esprit Vins étonnants :

- assemblage improbable (Chenin/Petit Manseng en Languedoc)

- agriculture propre (domaine en biodynamie depuis 15 ans)

- rapport qualité/prix de dingue (pire que ça, même...)

- et puis, c'est p... bon, quoi !

2014 semble marquer un nouveau pas. L'élevage est un peu moins marqué, laissant plus de place aux fruits, et nous ne sommes pas cette année sur un demi-sec. Tous les sucres ont été transformés, ce qui fait un taux d'alcool élevé (15 % vol.), mais ça ne se ressent absolument tant la fraîcheur/acidité transcende le vin. Bref, c'est encore plus recommandable que les années précédentes, et déjà très abordable.

La robe est d'un or intense, laissant échapper des larmes (de bonheur ?) sur les parois du verre.

Le nez est tout aussi intense, sur des notes d'ananas rôti au beurre caramélisé et subtilement vanillé, mais avec aussi du coing confit et une pointe grillée/brioche chaude.

La bouche est tendue par une acidité qui vous transperce le cœur et l'âme – très Riesling mosellan – bien enrobée par une matière généreuse, douce, confite, mais pas du tout lourde. 

La finale est tout aussi généreuse, avec ce juste ce qu'il faut d'amertume et d'astringence (gentiane/écorce d'agrume) pour équilibrer un tel monstre. Car cette fois-ci, il n'y a pas de sucre, même si on a une sensation de douceur. Probablement grâce à l'aromatique de fruits confits (toujours ananas/coing) et de beurre caramélisé. Il n'empêche que ce qui domine dans ce vin de bout en bout est une fraîcheur détonnante, entre citrus, menthol et verveine. 

Un vin qui ira aussi bien avec de la cuisine exotique (crevettes thaïes) qu'un foie gras, mais qui devrait aller aussi à l'apéro ou en dessert (à l'ananas... mais fraise aussi), ou un fromage affiné (parmesan, vieux cheddar...). Le prix est limite débile : 9.00 € (sic !). Faudrait qu'on l'augmente, tiens...


mercredi 20 avril 2016

En 2015, les clowns ont le sourire


Histoire de ne pas vous faire deux textes d'affilée sur les vins de Causse Marines, j'ai décidé de vous un (petit) tir groupé. Ça donne une belle photo de famille, ce qui ne gâte rien. Nous avons reçu il y a une dizaine de jours les 2015 des "petites cuvées" du domaine. Après le millésime 2014 – jugé plutôt difficile dans le secteur mais bien réussi par notre duo gaillacois – j'étais curieux de goûter 2015, même si j'en avais déjà eu un aperçu à Angers en février. 

Même si la mise en bouteille est encore récente, cela se boit déjà très bien. Pour preuve, j'ai dû faire usage de ma légendaire volonté pour ne pas me descendre toute la bouteille de rouge hier soir. Aucun mérite de n'avoir pas bu tout le blanc. Il était resté au bureau... 


Les Greilles 2015 (Mauzac, Loin-de-l’oeil et Muscadelle)

La robe est or clair, brillante.

Le nez est bien mûr tout en restant aérien, sur des notes de pâte d'amande, de miel, de pomme tapée et de mirabelle séchée (oui, ça existe dans le Sud-Ouest)

La bouche est ronde, ample, bien mûre elle aussi, avec une matière dense et pulpeuse, digeste aussi, alors que l'on ne ressent pas d'acidité ou de fraîcheur particulière. Amateurs de vins vifs et toniques, fuyez. Ici, on est plutôt dans le vin pépère.

La finale l'est aussi, pépère, avec ce retour sur la pomme et l'amande, et des notes salines qui l'allongent durablement. Un vin totalement zen, dans le style "on est bien, hein, tintin ?"




Peyrouzelles 2015 (Braucol, Syrah, Duras )

La robe est pourpre violacée translucide.

Le nez exalte les fruits noirs sauvages ; sureau, prunelle, mûre, avec une touche épicée.

La bouche est ronde, veloutée, avec une matière fraîche et juteuse, savoureuse, avec là aussi une belle sensation de "naturalité".

La finale est tonique, gourmande, saline, épicée... avec un sacré goût de revienzy.

PS : re-bu 24 heures plus tard, c'est encore meilleur, bourré de fruit et de fraîcheur. Une véritable tuerie !


mardi 19 avril 2016

Visite à Barouillet


Aller à Barouillet, c'est accepter de se perdre sur les petites routes de Pomport, loin des touristes du Château de Monbazillac et de Bergerac. On finit par se demander si l'on va y arriver. Et puis, sur la gauche, apparaît un panneau Château Cadière. On se dit alors que l'on ne doit plus être très loin. Effectivement, l'écriteau suivant est le bon : Barouillet !


Je savais que Vincent Alexis ne serait pas là. J'avais appelé le matin en arrivant à Bergerac. Il m'a dit qu'il était en pleine visite du vignoble autrichien. On ne peut être partout ! Son assistante commerciale m'accueille très gentiment. Je regoûte d'abord toute la gamme, histoire de voir si nous avions raté un vin dans notre sélection. Ah ben oui, il y a le rosé, moins fruité et coloré que ses collègues locaux, mais plus intense et teinté que le rosé provençal. Avec une fraîcheur qui le placerait à l'aveugle en blanc. Faudra que j'en parle au chef, tiens (en fait, lorsque je suis revenu de vacances : il y en avait à l'entrepôt ! Rhhaa la transmission de pensée...).

Et puis il y a le Pécharmant haut-de-gamme, Hécate, qui est une petite merveille, avec une matière dense et soyeuse et une aromatique exubérante, mais classieuse. Après, je me demande – et le chef aussi – s'il y a beaucoup de consommateurs prêts à mettre 20 € dans un Pécharmant (alors que tu as du Haut-Médoc à 16.90 €. Oui, c'est crétin, mais les gens, ils sont comme ça...). Nous ne sommes pas inflexibles, toutefois : s'il y a plus de 20 messages en dessous de ce billet nous réclamant de l'Hécate, nous vous promettons d'en acheter. 


Puis petite visite du chai : propre et fonctionnel, sans rien de spectaculaire (pour quoi faire, hein ?)

Quelques barriques. Peu de neuves, mais de qualité. 

Plusieurs types d'amphores. Plus dans un esprit d'exploration que de production. Pour l'instant...


Sur le comptoir de l'accueil, il y avait une carte du vignoble avec un circuit, et au dos des explications (ci-dessus). Comme j'avais encore une heure de disponible, je me suis dit que c'était une excellente idée de me balader dans le vignoble sans avoir à embêter qui que ce soit. Allez, let's go !


Si j'ai bien lu la carte, une parcelle de Sémillon.


Le Lac Léman (m... c'est la mauvais carte)


Parcelle de Merlot de 25 ans entourée d'un bois. De ce fait, elle est peu vigoureuse et donne des raisins toujours mûrs et concentrés.


Des pieds de Cabernet Sauvignon de 30 ans qui rentrent soit dans Bergecrac, soit dans le rosé.


Des jeunes vignes de Sémillon sur calcaire (pour le blanc sec)


Là, je sais plus trop. Me suis perdu... ;-)


Les collines de Pomport. Joli, hein ?

Résultat : jolie balade, mais j'avais les pieds trem-pés ! J'avais oublié de prendre des bottes, et l'herbe était bien humide. Mais bon, avec le soleil, ce n'était pas trop désagréable. Heureusement tout de même que j'avais de quoi me changer dans la voiture :-)

lundi 18 avril 2016

Saint-Paul blanc : j'ai bu un OVNI


Cela faisait un petit bout de temps que Jean-Louis Denois se tenait tranquille – à part taquiner les Champenois, je veux dire. Et puis, voilà,  sur le millésime 2015 il nous ressort un truc de dingue que personne n'avait jamais osé faire, digne des premières heures de Vins étonnants. Jugez plutôt : 35 % de Chardonnay, responsable du gras, 20%  de Muscat, pour booster le fruit et 42 % de blanc de noirs de Syrah qui apporte de la rondeur et des notes de fruits rouges (dixit son créateur). 

Bref, le genre de quille qu'un amateur curieux a hâte d'ouvrir pour voir ce qu'elle a dans le ventre... Eh bien, il n'est pas déçu, car ça ne ressemble pas à grand chose de connu.

Déjà, la couleur de la robe est peu commune, entre or gris et or rose. Un peu trop rose pour un vin blanc, un peu trop doré pour un rosé... 

Puis le nez, fin et aromatique, part d'abord sur les petits fruits rouges (fraise, framboise) avant d'aller ensuite sur la pêche blanche, le pomelo rose, le poivre... Y aurait même de l'estragon, dixit la fiche du domaine. 

La bouche est ronde, ample, fraîche, avec ce côté "eau de roche limpide" qui s'écoule harmonieusement et une sorte d'évidence, de naturel (dans le bon sens du terme, hein).

Du coup, la finale peut surprendre par sa puissante mâche crayeuse et épicée qui vous ramène sur terre. C'est caillouteux, épicé, salin; poivré. Probablement la biodynamie qui s'exprime...

L'expérience a un nom : mes vignes de Saint-Paul. Et un prix, 9,95 €. 


vendredi 15 avril 2016

Voyage spatio-temporel


Le vin, ce n'est pas qu'une boisson qui réjouit les papilles et l'esprit. C'est aussi de la culture. Depuis des milliers d'années, la vigne a voyagé à travers le monde, accompagnant les hommes, tel un chien fidèle. Et comme ce dernier, elle s'est adaptée au fil du temps et des espaces où elle s'implantait.

C'était donc à un voyage particulier, à travers l'espace et à travers le temps, que j'ai convié le club de Saint-Yrieix mercredi soir. Il suffit de cinq vins pour visiter trois continents et des millénaires de viticulture. 


On commence fort avec un "apatride". Ce Sziklafehér provient d'une colline volcanique hongroise. Le domaine Meinklang qui exploite ces parcelles en biodynamie est autrichien. Comme il n'a pas de chai sur place, il traverse la frontière pour rapatrier sa vendange. Ce vin n'est donc pas totalement hongrois, ni totalement autrichien. Il en est de même pour ses cépages : trois sont hongrois – Furmint, Hárslevelü et Juhfark – et le quatrième est lui aussi un étrange voyageur : le Welschriesling (= le Riesling étranger). Appelé aussi Riesling italien, il n'est ni italien, ni apparenté au vrai Riesling. Ce serait en fait le cépage croate Graševina qui changerait de nom en traversant les frontières. 

Et ça donne quoi dans le verre ? Ça sent la pomme fraîche ... mais pas que. Il y aussi du zeste d'agrume et une pointe végétale (menthe ? Feuille de cassis ?). En bouche, c'est fruité et désaltérant, pur et limpide. Une légère astringence finale renforce l'effet dessoiffant. Plutôt un vin d'apéritif, sans prétention, comme nous l'avons consomme avec du jambon cru local. Mais je le verrai bien aussi sur une salade pomme/endive/jambon de paris.  

PC012050

...ou cette recette, plus chic


Nous avons poursuivi par un VRAI vin autrichien produit par un autre domaine en biodynamie : Sepp Moser. Ce Riesling 1er Cru Gebling provient de ses meilleures parcelles, en terrasses, exposées plein sud.  Les voilà, tiens :


Cela donne un vin tendu, mais pas raide, aux notes de mangue et de citronnelle, avec une finale expressive sur l'agrume confit (mais sans sucres résiduels. Idéal pour les plats exotiques. Ça tombe bien, le chef a préparé des crevettes "thaies" avec coriandre et citronnelle, et des courgettes cuites juste comme il faut pour être encore croquantes. On se régale.


Nous partons littéralement à l'autre bout du monde avec le Barossa blended 2009 produit par Maverick Vineyard. Ce domaine – également en biodynamie – a été créé de toute pièces il y a une dizaine d'années à partir de très vieilles parcelles de vignes (la moitié ont entre 100 et 160 ans d'âge). Elles sont parmi les plus vieilles d'Australie. Evidemment, les cépages provenaient d'Europe : le Grenache (65%) et le Mourvèdre (10 %) d'Espagne. La Shiraz (25 %) malgré son nom orientalisant, de France (Dauphiné). Trois pays dans ce verre de rouge, donc ;-)

Ce vin prouve que la capsule qui obture la bouteille n'empêche pas le vieillissement. Car sans être oxydé, il fait bien son âge. Le nez est foisonnant : fruits noirs compotés, tabac, épices, pruneau, santal, café... La bouche a la rondeur et la richesse du Grenache, mais la fraîcheur du Mourvèdre, bien complété par l'énergie et les épices de la Syrah du Shiraz. Un vin généreux et à point. Et qui se marie remarquablement bien avec la poitrine de porc confite aux pruneaux, fondante et épicée. On se régale ++.


On fait de nouveau un grand saut dans l'espace et encore plus dans le temps en allant en Géorgie. C'est dans ce pays du Caucase que le vin est né, il y a plusieurs milliers d'années. Mais aussi notre vigne, Vitis Vinifera. Et depuis, rien n'a changé, ou presque. Les raisins, blancs ou rouges, sont toujours placés entiers dans des grandes amphores enterrées dans le sol, les qvevris, Et ils laissent ça se débrouiller plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Le résultat est, dirons-nous, loin de nos canons habituels. Il faut donc être aware pour les apprécier un minimum. 

J'avais pris l'un des plus accessibles de nos vins "blancs" géorgiens, le Rkatsitelli d'Okro's. Plutôt sur le coing confit, la pomme tapée et les épices, il sent plutôt bon. La bouche, est puissante, anormalement tannique pour un  blanc (mais bon, chez nous, cela s'appelle depuis peu un "vin orange"). C'est sûr que ça déménage. Et ma foi, avec le parmesan et la pâte de citrouille à l'orange maison, ça passe plutôt bien... pour environ 20 % des participants. Les 80 % autres sont plutôt dubitatifs, sans nier l'intérêt archéo-culturel de la chose : ce n'est pas que du vin, mais une gorgée d'histoire. 


Après l'effort, le réconfort. Nous finissons avec un vin tout juste irrésistible : le Riesling Spätlese 2012 de Clémens Busch (Moselle, Allemagne). C'est frais, fin, très légèrement perlant, peu alcoolisé (8 % ) et discrètement sucré. Des notes de fraises, de rhubarbe, d'ananas, de fruit de la passion... Ca va très bien avec le dessert... à base de fraise et de rhubarbe. On se régale ++ +

Un voyage nettement moins reposant que les précédents, mais néanmoins instructif. Et à part l'étrange parenthèse géorgienne, tout le monde a beaucoup apprécié.

jeudi 14 avril 2016

Château Tire Pé : le Bordeaux comme on aime


Ce n'est pas à proprement parler une nouvelle cuvée, puisque le producteur la propose depuis longtemps, mais nous n'avions pas référencé jusqu'à maintenant le Château Tire-Pé. Après coup, on se dit que c'est un peu bêta, car c'est bon, équilibré, pas franchement cher (9.80 €), et un bel exemple de Bordeaux rouge réussi. Et puis ça fait plaisir de boire un pur Merlot qui possède une vraie typicité, du caractère, et non un machin joufflu et ennuyeux. On dirait du Cabernet – c'est dire – sans tomber trop dans le jansénisme. 

La robe est grenat sombre, pas trop translucide (mais pas opaque non plus).

Le nez est fin et plutôt classieux, sur la framboise, la prune, les épices, avec une très légère pointe de cassis mentholé apportant une impression de fraîcheur. Un peu de tabac, aussi.

La bouche est droite, tendue, enrobée d'une matière veloutée, fruitée, complexifiée par des notes plus minérales : cendre, terre fraîche, craie mouillée. Tu sens qu'il y a du fond...

La finale a une mâche calcaire affirmée – avec toutefois des tanins bien mûrs – avec un retour sur fruit, les épices, le tabac, le menthol, la cendre... Tout le Bordelais dans un verre !

Cela peut être intéressant de le boire côte à côte avec un Essentia de Bouillerot, un domaine situé dans la même commune que Tire-Pé. Deux visions de Bordeaux complémentaires :-)


mercredi 13 avril 2016

Eclipse de Denois : à faire trembler les murs de Reims...


La lune de Roquetaillade  va-t-elle éclipser le soleil champenois ? C'est ce que suggère l'étiquette et le nom de cette cuvée. Pas pour rien que sur la fiche de sa nouvelle cuvée Eclipse Jean-Louis Denois rappelle un texte de Michel Bettane publié dans la RVF en 1994 : " La Champagne insouciante peut commencer à trembler et doit ouvrir l'oeil ! Le concurrent qui risque de la bousculer sérieusement ne se trouve pas comme elle le pense aux antipodes. La menace viendrait en fait du Languedoc où un mousseux de grande race pourrait à terme être mis au point, supérieur aux crémants déjà existants par la qualité de ses sols les plus froids sur lesquels Chardonnay et Pinot noir s'adaptent à merveille."

22 ans plus tard, après un grand travail dans les vignes et au chai – conversion à la bio puis à la biodynamie, diminution drastique des sulfites – le vigneron languedocien semble estimer qu'il est fin prêt à se confronter au Goliath septentrional. Après moultes ballons d'essai, il lance l'opération Eclipse, avec évidemment un assemblage "champenois" : Chardonnay et Pinot noir, un élevage sur lattes de quatre ans, pas de malo et un faible dosage pour avoir de la fraîcheur. Bon, Goliath ne craint pas grand chose des piques du David limouxin. Ce n'est pas avec 2 500 bouteilles qu'il terrassera les   centaines de millions cols champenois. Il n'y a qu'un seul gagnant dans l'histoire : VOUS, qui pouvez vous offrir une très bonne bulle au prix d'un (souvent) mauvais Champagne. 

La robe est dorée, parsemée de nombreuses et fines bulles.

Le nez est frais et riche à la fois, sur des notes de fruits blancs rôtis au beurre, de brioche, de zeste d'agrume, de grillé...

La bouche est droite, implacable, tendue par une acidité tranchante, avant de laisser s'épanouir dans le palais une matière mure et vineuse, d'une densité impressionnante, parsemée de micro-bulles crépitantes qui l'égaient.

La finale est puissante, avec une mâche crayeuse à souhait, avec un retour foisonnant des arômes perçus au nez, complété par des notes de pralin et de miel.

Une bulle de haut-niveau qui devrait plaire aux amateurs d'Extra-Brut très expressif. Ce n'est pas un vin pour "fillettes"...

PS : servi un peu moins frais, l'acidité est moins présente et la bulle plus caressante. C'est carrément superbe.


mardi 12 avril 2016

Andréa, je t'aime !


Andréa, c'est le nom de la fille de Claudie et Bruno Bilancini qui ont fait de Tirecul la Gravière l'un des producteurs de liquoreux les plus réputés de la planète. Andréa est belle. Elle a du caractère. Tout comme le vin blanc sec que ses parents produisent lorsque le millésime le permet. Son assemblage - 70 % de Sémillon, 30 % de Muscadelle - en fait un vin unique en son genre, racé, fin et élégant, qui évolue admirablement. Rassurez-vous : 5-6 ans suffisent pour obtenir des arômes de truffe blanche et d'amande légèrement grillée.

Lorsque j'ai dégusté cet Andréa 2013 il y a un peu moins d'un an, juste après sa mise en bouteille, il n'était pas prêt. Il manquait un p'tit quelque chose. Alors que je m'apprêtais à passer au domaine, j'ai regoûté à nouveau une bouteille laissée en échantillon. Et là, yessss, il avait le "goût Tirecul" qui en fait un  vin que je reconnaîtrais entre mille...  Maintenant, il est plus que vendable : il est ultra-recommandable. Et je pense sincèrement qu'un vin de cette qualité pour 13 € , c'est cadeau (faudrait que je m'en garde quelques unes avant qu'il n'y en ait plus, d'ailleurs...).

La robe est jaune pâle, brillante.

Le nez est fin et pénétrant, sur des notes de coing et de tarte aux mirabelles sortant du four, avec une petite pointe d'aiguille de pin (il y en a juste à côté des vignes...).

L'attaque est franche et précise, puis la bouche s'élargit/s'enrichit tout en gardant de la tension grâce à une fine acidité qui ne vous lâche pas. L'ensemble dégage une fraîcheur et une classe indéniable, vous renvoyant aux meilleurs Pessac-Léognan (Chevalier) tout en ayant une personnalité et une aromatique bien personnelle - presque Chenin de Loire.

La finale intense, généreuse est finement astringente, délicieusement amère,  avec un retour gourmand sur la tarte aux mirabelles et le coing, avec même le goût de la pâte beurrée et dorée, se concluant sur des notes épicées.

Andréa est fille unique.  Ce vin l'est aussi, incontestablement. Mais alors qu'elle restera dans sa belle maison à achever son puzzle, il peut être chez vous d'ici la fin de la semaine. C'est pas beau, la vie ?