vendredi 18 août 2017

K-Libre :le Sauvignon comme vous ne l'avez jamais bu


Le Sauvignon, ça peut parfois être grand, mais c'est encore trop souvent détestable, avec ces arômes de buis et/ou de bourgeons de cassis qui franchissent vite la barrière de l'insupportable. Ca me rappelle un vigneron bio rencontré sur un salon à Angers en février dernier : tous ses vins sentaient le bourgeon de cassis. Un, ça va. Cinq ou six, non. "Les gens aiment ça" dit-il pour se justifier. Faut croire que je ne suis pas "les gens", car rien qu'à le sentir, je suis saoulé avant même de tremper mes lèvres. 

Aussi, lorsque j'ai vu que le Clos Troteligotte avait remplacé le Chenin par le Sauvignon dans la cuvée K-Libre, je n'étais guère rassuré. Et puis, dès que j'ai posé le nez sur verre, j'ai poussé un grand Ouf de soulagement : pas le moindre signe variétal du Sauvignon ! En bouche, idem. J'en suis même à me demander si c'est vraiment du Sauvignon. Qu'importe, en fait. Le principal, c'est que ce soit bon. Et là, pas de doute, la mission est remplie !

La robe est jaune pâle, aux reflets argentés. 

Le nez est fin, presque évanescent, sur des notes de poire mûre, d'abricot, d'amande grillée. 

La bouche est ronde, éclatante de fraîcheur, avec une matière croquante/désaltérante et un léger perlant qui titille les papilles et apporte du peps. Le fruit blanc est très présent, mais aussi cette touche de craie humide qui rappelle certains blancs de Touraine.

La finale est intense, séveuse, avec une amertume plutôt appuyée et des notes réglissées/épicées, évoquant beaucoup plus le Chenin que le Sauvignon. 

Ce vin parfaitement équilbré pourra accompagner à peu près tout, de l'apéro jusqu'au fromage : fruits de mer, poissons, volaille, risotto,  pâtes Carbonara, que sais-je encore ?...  Servez-le à l'aveugle et regardez vos amis patauger lorsque vous leur demanderez de deviner le cépage et l'origine de ce vin. C'est à mon avis introuvable... sauf si vous avez lu ces quelques lignes (et encore...)/ 


jeudi 17 août 2017

Clos du Pavillon : élégante abordabilité


Les vacances sont finies. La reprise s'est faite hier, pas si tranquillement que cela car il y avait cinq jours de commandes à traiter. Et puis, recommencer à alimenter ce blog. Mais quel vin choisir ? Je fais le tour de l'entrepôt, attendant que l'inspiration me guide... Je finis par m'arrêter devant les vins de Gonzague Maurice. Ayant bu essentiellement des Bordeaux durant mes vacances en Belgique, je me suis dit qu'il valait mieux rester dans cette région pour éviter un claquage du palais. Il y a des paliers de décompression à respecter ;-)

Ce sera donc le nouveau millésime du Clos du Pavillon. Après êtres restés longtemps sur le  2011, nous sommes depuis peu en 2012. Jamais trop compris pourquoi cette cuvée tournait moins rapidement que les autres, car c'est pour moi la plus intéressante du domaine. 

La robe est grenat sombre translucide, avec une petite touche pourprée.

Le nez est fin, aérien, sur des notes des fruits noirs (mûre, myrtille, prune), d'épices douces, avec une pointe d'encens et un soupçon de fumé/grillé. Avec l'aération arrivent l'ardoise chaude et la violette. 

La bouche est élancée, avec une matière douce,  –  entre soie et velours –  une fraîcheur communicative, et une tension élégante, sans raideur. L'ensemble respire l'harmonie, mais aussi le terroir de  Puisseguin (un plateau calcaire affleurant qui apporte cette fraîcheur et cette finesse). 

C'est la finale crayeuse qui apporte la profondeur  et la puissance de ce vin. C'est long, mâchu, savoureux, avec de l'énergie et de la gourmandise. A l'antithèse du vin ch.. et sérieux auquel est encore trop assimilé tout ce qui vient de Bordeaux. 

Ce vin pourra déjà être apprécié maintenant avec une belle pièce de boeuf, mais devrait se complexifier dans les années qui viennent (au moins jusqu'en 2022, voire plus).  


lundi 7 août 2017

Marquis d'Aligre : 2011 ou 2012 ?


Allez, je vous offre un petit supplément avant mon départ en Belgique. Nous venons de recevoir les 2011 et les 2012 du Château Bel Air Marquis d'Aligre. Un vrai événement car cela faisait plusieurs années que Jean-Pierre Boyer n'avait rien embouteillé. Ces deux millésimes sont restés respectivement 5 et 4 ans en cuve avant d'être mis en vente. Il était intéressant de voir s'ils se ressemblaient, et question plus important encore : sont-ils prêts à être bus ?

Les bouteilles ont été ouvertes la veille de leur dégustation, légèrement épaulées et non rebouchées durant 24 h.



La robe grenat sombre translucide, avec déjà quelques nuances d'évolution.

Le nez est fin, aérien, sur des notes de fruits noirs compotés, avec une touche de cuir et d'épices.

La bouche est fine, élégante, avec une matière ronde, veloutée, étirée par une fine acidité sous-jacente. Même si c'est terriblement cliché, il correspond bien à l'image de finesse d'un Margaux. 

La finale légèrement mâchue est plutôt janseniste, dominée par l'âtre froid de cheminée qui persiste assez longuement (so Pessac-Léognan). 

Ce vin demande clairement à être attendu pour offrir toute sa complexité. Dans une dizaine d'années, on devrait être dans le registre du 1998. 



La robe est un peu plus sombre, avec une évolution un peu plus marquée.

Le nez est plus foisonnant, plus mûr, avec un fruit plus solaire, des épices plus douces, avec l'impression d'avoir déjà un "bouquet" comme disait les anciens. 

La bouche est plus ample, plus généreuse, avec une matière soyeuse, caressante, et une tension plus marquée (mais sans la moindre raideur). Presque schisteuse dans l'esprit. Là, c'est le Margaux dans ce qu'il a de plus sensuel, presque frivole. 

La finale est plus intense, avec une mâche un peu plus appuyée. À l'âtre de cheminée s'ajoute un goût de terre fraîchement retournée (so Bourgogne), de mûre, et puis un peu de cuir et d'épices. 

Ce vin est nettement plus abordable que le 2011 même s'il est plus jeune d'un an. Il est d'ailleurs déjà très bon dès l'ouverture. L'aération est superflue, et même peut-être légèrement préjudiciable (j'ai l'impression qu'il était encore meilleur la veille).

PS : nous avons fini les bouteilles le lendemain soir en Belgique. Pour le coup, le 2011 se goûtait avait plus de charme que le 2012. Comme quoi, il demande vraiment une longue aération (et 700 km en voiture ?)

jeudi 3 août 2017

J'vous ai apporté un ponpon


... parce que les fleurs, c'est périssable. Et le Ponpon, c'est tellement bon".... chantait un fameux belge*. Et c'était pas une brêle ;-) Un, peut-être ? 

Je vais nuancer ses propos. Le Ponpon est plus pon certaines années d'autres. En 2015, il était pon sans plus. Mais en 2016, il est vraiment très pon. Il mérite donc vraiment de s'appeler pon-pon

Pour rappel, ce vin est un 100 % Counoise, l'un des 13 cépages autorisés à Châteauneuf du Pape, mais loin d'être le plus courant. À tort. 

La robe est grenat translucide, sans nuance violacée.

Le nez est fin et gourmand, sur la cerise, la framboise, le noyau et les épices douces.

La bouche est ronde, aérienne, à la matière douce, soyeuse, et au fruit frais et expressif. C'est d'une terrible buvabilité, un peu comme le vin de jardin de la Grange aux belles (mais ça ressemble plus à un vin rouge).

La finale est légèrement mâchue, avec un goût de noyau de cerise bien marqué, amertume comprise. Et puis les épices qui prolongent un peu le vin. Bon, difficile de parler de longueur. C'est un vin du plaisir (vraiment) immédiat. Mais bon, pour 5.50 € , vous en avez (très) largement pour vos sous. 

____________________

* comme par hasard,  je serai en Belgique à partir de demain. Étonnant, non ? Ce billet est donc le dernier d'une longue série. Retour dans une  bonne dizaine de jours... 




mercredi 2 août 2017

Grenache dans la peau


Depuis plus de dix ans maintenant, Jeff Carrel a fait du Roussillon son annexe principale. Comme il est installé à Narbonne, c'est presque la porte à côté. Au départ, il y avait relativement peu de cuvées (une seule, en fait : la Bette). Depuis 2-3 ans, celles-ci se multiplient. Il faut dire que les Américains raffolent de plus en plus de ces vins, très bien notés par les critiques. Et comme ce sont les principaux clients  de Jeff, il aurait tort de ne pas s'adapter à la demande. 

Après donc la Bette (Grenache, Carignan, Syrah), L'éclipse (Grenache noir et Cabernet Sauvignon), Lilac Wine (Mourvèdre, Syrah, Grenache et Carignan) et Sous la montagne (Syrah et Carignan), voici le grenache dans la peau, une cuvée qui rend hommage au plus emblématique des cépages du Roussillon : le carignan Grenache, complété tout de même d'un peu de Syrah. Ce vin n'a vu que la cuve, histoire de ne pas le parasiter avec des arômes boisés/grillés/vanillés. Juste le goût des raisins. Ceux-ci proviennent de la vallée de l'Agly, royaume du schiste noir, ce qui n'est pas pour me déplaire... 

La robe fait penser à de l'encre violette.

Le nez est fin, séducteur, sur la crème de fruits noirs, avec une petite touche lactée /épicée.

La bouche est fine, élancée – magie du schiste – pour s'arrondir ensuite et prendre de l'ampleur et de l'épaisseur. Il y a un très bel équilibre pour peu que l'on fasse attention à la température de service (15 °C).

La finale est mâchue et intense, très marquée par les fruits noirs et plus encore par les épices.

Comme souvent chez Carrel, le rapport qualité/prix est bouleversifiant : à 9.90 €, difficile de mieux faire...


mardi 1 août 2017

Regain de passion


En janvier dernier, je vous avais parlé avec passion de Regain, le blanc du domaine Semper. Il n'avait alors pas fait long feu sur le site.... Ce que je ne savais pas, c'est que l'on arrivait déjà à la fin du stock de 2015, et qu'il faudrait attendre la sortie du 2016. Eh bien le voilà : il n'est guère différent de son aîné d'un an. Je pense que j'aurais quasiment pu faire un copié/collé pour sa description (d'ailleurs, après coup, je vois des points communs). Toujours une richesse très sudiste alliée à la tension incomparable des vins sur schistes. La quadrature du cercle résolue dans une bouteille. 

La robe est jaune paille intense.

Le nez est riche, sur les fruits jaunes rôtis au beurre noisette, le miel de sarrasin, avec une pointe fumée/grillée.

La bouche allie ampleur et tension, avec une matière mûre, grasse, charnue, étonnamment équilibrée par une grande fraîcheur aromatique. L'acidité n'est pas aisément perceptible, mais elle est bien là, faisant son job en arrière-plan.

La finale mêle subtilement amertume et astringence, très marquée par la mirabelle, noyau inclus, et se prolonge sur des notes épicées. C'est généreux, mais pas lourd pour un sou.

Le prix n'a pas changé (11.90 €). Personne ne s'en plaindra à un moment où l'inflation gagne nombre de régions viticoles. Et ça ne va pas s'arranger au vu des catastrophes climatiques qui s'enchaînent (encore de la grêle "meurtrière" il y a deux jours en Beaujolais et Forez). 


vendredi 28 juillet 2017

Afflux d'étrangers en vacances


L'été n'est plus vraiment une période calme... Du coup, les nouveautés continuent à affluer à Vins étonnants, dont un certain nombre de vins étrangers qui ne devraient pas repartir dans leur pays au mois de septembre. Ces 4 cuvées viennent de domaines avec qui nous travaillions déjà. Nous avons juste élargi la gamme, étant satisfait des vins précédents. Et nous continuons à l'être : ce nouveau quatuor est très sympa, même si j'ai particulièrement un faible pour le vin australien. Just perfect ! 


Les vignes sont sur l’appellation Valdobiaddene (équivalent d’un grand Cru) et se trouvent à 1h au sud des autres vignes du domaine. Elles sont plantées sur des coteaux contrairement aux autres qui sont en plaine. Et l'air de rien, la vinification étant identique, on voit vraiment la différence avec les autres cuvées.

La robe est jaune très pâle aux reflets argentés, avec une légère pétillance et une mousse assez persistante.

Le nez est fin, frais, sur le zeste et la fleur de citron, la guimauve et la bergamote.

La bouche est vive, élancée, avec une matière aérienne et digeste et des bulles ciselées et crépitantes. C'est très rafraîchissant tout en n'étant pas agressif (ne pas servir trop froid, tout de même).

La finale plutôt persistante déroule une mâche crayeuse sur des notes de poire, de pêche blanche, de fleur d'oranger et d'épices,  avec un dosage qui reste discret mais efficace (il empêche le vin d'être trop sec/abrupt).



Après le succès – mérité – du Graciano, nous avons décidé de prendre aussi le 100 % Tempranillo du Más de Víctor. Cela permettra de faire connaissance avec le cépage le plus représentatif de l'appellation. Vous pourrez aussi vous amuser à faire un assemblage avec le Graciano en faisant varier les proportions. On ne peut faire plus pédagogique ;-)

La robe est grenat sombre tirant légèrement sur le violacé.

Le nez est élégant,, sur les fruits noirs bien mûr, le cuir et les épices, avec une touche de pain grillé.

La bouche est fine, tendue, avec une matière souple, fruitée et épicée, bien équilibrée, sans la moindre sensation d'alcool ou de chaleur. Au contraire, on ressent de la fraîcheur.

La finale possède une mâche savoureuse et épicée, avec le grillé qui pointe de niveau son nez et persiste un temps certain.



Nous le savons en France avec les appellations Baux de Provence et Cabardes : Cabernet Sauvignon et Syrah font bon ménage. Cela se confirme avec cette cuvée Matilda plains où l'équilibre entre les deux cépages est parfait. Il y a toute la générosité et la sensualité de la Syrah, compensée par la tension et la fraîcheur du Cabernet. Les 4 ans de vieillissement en bouteille l'ont en plus complexifié. Au final, une jolie bouteille qui sort de l'ordinaire pour un prix des plus raisonnables. 


La robe est grenat très sombre avec des légers reflets d'évolution.

La nez est très expressif mais élégants sur la liqueur de cassis, la boîte à cigare, les épices, avec une pointe de menthol qui apporte de la fraîcheur.

La bouche est ronde, très ample, avec une matière douce, soyeuse, qui vous caresse agréablement le palais. On sent que c'est bien mûr (14.50 %)  mais il y a toujours ce menthol et cette tension typique du Cabernet Sauvignon qui évite toute lourdeur. L'équilibre est juste superbe.

La finale est totalement raccord, sans dureté, avec le cassis qui domine, mais aussi le menthol qui apporte de la fraîcheur et de la persistance. Un très (très) joli vin !




Une version du  Zinfandel loin de la caricature produit par un domaine qui pousse l'écologie à son extrême (il est en énergie positive, recycle son eau en plus d'être en bio).  

La robe est rubis translucide, légèrement évoluée.

Le nez est fin, profond et complexe, avec des fruits rouges bien mûrs, de l'orange sanguine, une touche d'encens, une pincée de cacao en poudre et une petite pointe de lard fumé.

La bouche est élancée, avec une tension et une fraîcheur inattendues pour un vin californien, et une matière souple et mûre, entre fruits, cuir et épices.

La finale a une mâche assez prononcée qui appelle une viande bien persillée, avec un retour de l'agrume, des fruits rouges et encore plus des épices (grillés).

jeudi 27 juillet 2017

K-Pot : protection minimale, plaisir maximal


K-Pot est paradoxalement le seul vin du Clos Troteligotte non protégé par des sulfites. Il a par contre un tout petit peu de gaz carbonique qui assure un minimum de protection, mais il s'élimine facilement. Au bout de quelques minutes dans le verre, il a disparu. 

Le 2016 qui vient de nous arriver est quasiment une copie conforme du 2014 qui m'avait beaucoup plu (lire ICI) : à savoir un monstre de fruit et de densité. Alors que le 2015 jouait dans un registre que je trouvais un peu trop léger et sage. Oui, moi aussi, je fais dans le paradoxe. Il y a 15 jours, j'avais avoué préférer un Cerises léger (2016) à un Cerises puissant (2015). Mais il n'est qu'apparent et s'explique : je n'attends pas la même chose d'un Saint-Chinian sur schistes que d'un Cahors sur argilo-calcaire : le premier doit être fin et élégant, le second posséder une chair puissante et fruitée. 

La robe est pourpre très sombre, limite opaque.

Le nez est intense, sur la crème de fruits noirs (mûre, myrtille, cerise), le noyau et le benjoin. Une pincée de poivre, aussi.

La bouche est ronde, pulpeuse, avec une matière dense et veloutée, pleine de fruit et de fraîcheur (notes mentholées). L'équilibre général est vraiment top avec juste ce qu'il faut là où il faut.

La finale dévoile une mâche puissante – mais mûre et sans dureté – avec un toucher crayeux, du fruit, encore du fruit, et puis toujours le menthol, quelques épices. Et de la gourmandise !


mercredi 26 juillet 2017

Tierra de Forcallat : le plus régressif des vins nature


Dans une vie antérieure,  il s'appelait El Juncar. Vous ne l'avez peut-être pas vu passer dans nos rayons, car il ne faisait qu'une brève apparition. Faut dire qu'un vin blanc espagnol bio, sans soufre et sans défaut à 8 € la bouteille, ça ne court pas les rues françaises. Désormais, il s'appelle Tierra de Forcallat qui est un hommage à la vigne centenaire de Forcallat blanca sans qui il n'existerait pas. 

Pour info, le Forcallat blanca est loin d'être un cépage en voie de disparition : c'est l'un des nombreux synonymes de l'Airén qui représente ... 30 % du vignoble espagnol. C'est un peu l'équivalent de l'Ugni blanc chez nous : ses très grosses grappes donnent des vins légers et pas trop typés, parfaits pour être distillés en Brandy.

Par rapport aux deux millésimes précédents, on sent une inflexion dans la macération pelliculaire qui le tirait vers le vin orange : cette année, il fait plus "blanc classique" ... mais pas trop tout de même. 

La robe est jaune pâle aux reflets rosés et argentés.

Le nez est plutôt fin, sur d'étonnantes notes de banane mûre, de yaourt à la pêche et de thé blanc (et

La bouche est ronde, pulpeuse, agréablement fraîche, avec toujours ces notes yaourtées  qui donnent un peu l'impression de boire un Yop ®. C'est assez malin, cette affaire : on fait dans le total régressif tout en passant pour un adulte responsable. Bon, ce n'est pas QUE ça. Il y a une fluidité, un côté "eau de roche", pour peu qu'on l'aère et le fasse un peu remonter en température. 

La finale a une fine mâche épicée, gourmande (avec toujours la même aromatique) avec une certaine salinité. D'aucun trouveront que ce n'est pas d'une longueur phénoménale. Ils auront raison. On a plus long en magasin. Mais c'est plus cher....



mardi 25 juillet 2017

Frère Giac : à (se) faire péter la cloche !


Étonnant vin que ce Frères Giac :  cette cuvée est issue de cépages non reconnus en appellation Savoie alors qu'ils y sont présents depuis des siècles et sont voie de disparation. Enfin, étaient, car quelques vignerons font tout pour les sauvegarder, dont les frères Giac(hino). On y trouve entre autres de l'Etraire de la Dhuy, une cousine de la Mondeuse. Et c'est vrai qu'on retrouve les notes florales de ce cépage. Ajoutons qu'il y a aussi un peu de Gamay. Il faut dire que c'est win-win. Il augmente le volume général de la cuvée, tout en gagnant en originalité et typicité. Et le troisième gagnant, c'est le consommateur qui peut découvrir ce vin peu ordinaire à un prix pas trop déconnant (10.50 €). 

La robe est grenat bien translucide tirant légèrement sur le violacé (voir photo ci-dessus)

Le nez est fin, élégant, sur des notes florales (violette, pivoine), fruitées (framboise, cerise noire), d'encens et de poivre blanc fumé.

La bouche est élancée, tonique, avec une matière souple, fraîche et fruitée (très jus de cerise). Du bonheur liquide qui s'écoule avec fluidité.

La finale accroche encore un peu (embouteillage récent). Elle devrait s'arrondir dans les deux mois. Mais déjà, elle offre un fruit croquant et épicé, et des notes plus minérales (terre fraîche, façon Pinot noir).


lundi 24 juillet 2017

Soif d'idéal : chacun le sien !


Soif d'idéal était déclaré manquant sur notre site depuis quelques semaines. C'était pour mieux faire son come-back : nouveau millésime, nouvelle étiquette ... mais ouf, prix inchangé (7,00 €). Idem pour l'assemblage : toujours Roussanne, Grenache blanc et Viognier (sur schistes, évidemment). 

Est-ce l'effet millésime ? Toujours est-il que le profil du vin est assez différent de son aîné : plus rond et plus gourmand, avec une pointe de gaz. Bon ça, c'est à l'ouverture de la bouteille. Dès qu'il s'aère, le terroir pointe son nez, d'autant que le gaz carbonique s'envole: on retrouve alors le vin de schiste racé que j'avais fort apprécié l'année dernière. 

Donc, c'est vous qui choisissez selon votre idéal : soit la gourmandise, et vous consommez la bouteille telle qu'elle se présente au départ, soit le Schist'style, et vous l'aérez bien (carafage, conseillé). 

La robe est jaune très pâle, brillante.

Le nez est gourmand, sur l'abricot, le melon, avec une pointe de violette et une touche minérale (ardoise humide).

La bouche est ronde, fraîche, tonique, avec cette impression de croquer dans la baie de raisin. La tension sous-jacente est renforcée par un léger perlant qui vous titille la langue. L'ensemble est d'une terrible buvabilité (peut-être un peu trop, même...). Bien sûr, si vous aérez, etc, etc.

La finale mêle finement amertume et astringence, apportant de la niaque à l'aromatique sudiste (fruits jaunes bien mûrs, réglisse, épices), avec une bonne persistance sur des notes salines et épicées.


vendredi 21 juillet 2017

Oh, le joli Papillon !


Cela fait déjà quelques millésimes que nous recevons de ce Papillon d'Orphée. Je me demande si ce 2016 n'est pas le plus abouti de tous. Il faut dire que les producteurs de la région de Gaillac ont été très satisfaits de la météorologie de l'année dernière qui leur a apporté aussi bien une grande qualité qu'un bon rendement (ce ne fut hélas pas le cas dans beaucoup d'autres régions).  

Le Braucol (=Fer Servadou = Mansois) ne peut être l'unique cépage d'une cuvée de Gaillac. C'est pourquoi ce vin est en Côtes du Tarn, tout comme son grand frère, le Champ d'Orphée

Ce 2016 n'est clairement pas un vin de garde. Il n'est pas fait pour cela. Son seul objectif est de vous apporter un plaisir immédiat, et nul doute qu'il est rempli à 100 %, voire plus. Il  y aura sûrement des esprits chagrins qui le trouveront trop bon. Eh ben non, ce n'est jamais trop bon. 

La robe est pourpre translucide.

Le nez est d'une rare intensité, sur les fruits noirs (cassis, prunelle, sureau), le bourgeon de cassis et le poivre. Et puis cette signature ferreuse du Fer Servadou (s'appelle pas comme ça pour rien, hein...).

La bouche est ronde, pulpeuse, avec une chair veloutée, et surtout un p... de fruit comme j'ai rarement ressenti. C'est limite monstrueux, tout en gardant une grande fluidité/digestibilité. Il faut dire qu'il y a beaucoup de fraîcheur, et puis toujours ce côté minéral, version métallique (ce sacré fer... ) ou sanguine (ça parlera aux amateurs de viandes. Ou aux vampires. Ou tout simplement à ceux qui ont suçoté une plaie en train de saigner).

La finale est plus rustique que le reste, avec des tannins qui accrochent un peu. Mais c'est tellement canaille et fruité qu'on s'en f... un peu totalement. On termine sur le poivre "limite poivronné" qui nous rappelle que le Braucol fait partie de la famille du Cabernet. Et puis toujours ce fer, forcément. 

Ce vin n'est pas en soldes, mais à 7.90 €, c'est un joli cadeau !

jeudi 20 juillet 2017

Bordaxuria : le charme opère encore...


Je ne peux m'empêcher d'admirer mon self-control. Cela fait plus d'une semaine que l'Irouléguy blanc  2016 de Bordaxuria est arrivé à l'entrepôt. Je suis passé devant 50 fois sans prendre une bouteille pour la déguster (car j'en ai eu entre les mains à plusieurs reprises : elles sont parties à l'autre bout de la France, voire plus loin) !

Pour ceusses qui s'en souviennent, je m'étais posé en juin 2016 cette question  : et si cette cuvée était vraiment le plus grand vin blanc du Sud-Ouest ? Eh bien, un an plus tard, après avoir goûté le 2016, je peux vous dire que la question reste en suspens (quoi que... ). 

La robe est or pâle, brillante.

Le nez est aérien et profond, sur la mangue pas tout à fait mûre, l'ananas frais, le beurre citronné, avec cette touche de pierre encore humide de la dernière pluie. À l'aveugle, je partirais quasiment sur Chablis...

La bouche est tendue comme un arc de compét' sans que l'acidité ne saille vraiment, tant elle est enrobée d'une matière dense, charnue, au toucher moelleux et et à la profondeur impressionnante. L'équilibre entre les différentes composantes est juste idéal, tant tout semble déjà parfaitement en place. Quelle maîtrise !

La finale est simplement jouissive, mêlant les notes de fruit de la passion, de mandarine et d'ananas, avec une acidité traçante et crépitante qui prolonge, et re-prolonge encore les sensations, et puis une mâche à la limite du tannique, mais sans dureté, qui vous apporte une vraie rencontre physique avec ce vin.

C'e n'est pas souvent que je dis cela, mais cet Irouléguy vous emmène au-delà de la simple expérience de dégustation : vous avez le sentiment d'être en relation avec la terre sans qui il n'aurait jamais existé, avec les gens qui l'ont fait naître et élevé, et plus encore, que ce vin vous change en profondeur : vous ne serez plus vraiment le même dégustateur après l'avoir découvert. Vous aurez un autre regard, d'autres exigences..


mardi 18 juillet 2017

Enclos des roses : comme en Provence, mais mieux...


Oui, encore un rosé. Que voulez-vous,  c'est la saison où jamais pour en parler. Et cet Enclos des Roses  devrait plaire aux amateurs de blancs minéraux tant il en a les allures ... et presque la couleur. Aurélie Balraran a fait le choix de la pressée directe pour éviter toute coloration intempestive, mais surtout des notes fruitées qui gâcheraient l'effet. Et elle a assemblé les deux cépages de sa grande cuvée de rouge : le Braucol (Fer Servadou) et le Duras. Privés de leur fruit, ils expriment ici leurs notes épicées et minérales. Certainement ce qui apporte à ce rosé cette inattendue profondeur.

Il existe des champagnes plus réservés aux amateurs  qu'à monsieur et madame Toulemonde qui les trouveraient trop austères. Ce rosé est un peu dans ce cas de figure. Il est probable qu'il passe pour c... aux yeux d'un non-initié. Mais l'amateur devrait y trouver son compte, d'autant que le prix frôle le ridicule : 6.90 € la bouteille (non, pas d'erreur de frappe).

La robe est "pétale de rose", avec des nuances grises/argentées.

Le nez est fin et intense, sur la groseille à maquereau, le melon, avec une pointe de pomelo et un éclat de silex frappé. 

La bouche est ronde, fraîche, éclatante, gagnant progressivement en ampleur et en intensité tout en suivant un fil directeur très précis menant jusqu'en finale. On n'est pas dans le désaltérant superficiel : on sent qu'il y a du fond, tant dans la matière ("caillouteuse") que dans l'énergie.

La finale est concentrée et tonique, avec une mâche crayeuse virant au séveux, des notes d'agrumes et d'épices se prolongeant longuement sur le salin. 


Les Bancèls : du bon usage de la volatile...


Parler des Bancèls, c'est parler du retour des vins du domaine de Cébène à Vins étonnants après quelques années d'absence. Eric R. les a regoûtés en juin dernier à Bordeaux, et en a conclu que nous ne pouvions nous en passer. Et les revoilà, donc. 


Nous sommes au nord de l'appellation Faugères, le royaume du schiste. Les vignes de Syrah (photo ci-dessus) et de Grenache sont exposées plein nord, ce quiamène de la fraîcheur. Alors que le Mourvèdre, lui est exposé plein sud, ce qui lui apporte une maturité maximale. 

Stylistiquement, on est assez proche de ce que fait le domaine Barral, si ce n'est que Brigitte Chevalier ne prend pas le risque du "sans sulfites". Ce qui fait que c'est moins la loterie à l'ouverture de la bouteille : c'est toujours bon. On le voit ici avec cette cuvée où l'acidité volatile joue un rôle crucial dans l'équilibre du vin, mais jamais elle n'est dérangeante. Au contraire, sans elle, le vin perdrait une grande partie de son intérêt. 

La robe est grenat bien sombre, légèrement violacée.

Le nez est fin et profond, sur les fruits noirs bien mûrs, la violette, le graphite, avec une pointe de volatile qui vous titille (agréablement) les narines.

La bouche est élancée, étirée/tendue par cette volatile qui reste du côté lumineux de la force, avec une matière veloutée, charnue, exprimant un fruit frais et gourmand, complexifié par des notes florales et minérales.

La finale, finement mâchue, est également transcendée par cette volatile qui se prolonge sur des notes de garrigue, de menthol et d'épices, apportant une persistante fraîcheur.




lundi 17 juillet 2017

Chardonnay Bugey : un come-back qui ne déçoit pas


Il y a des vins dont on se réjouit du retour, car l'on sait qu'ils feront des clients heureux. Et  c'est tout de même notre moteur principal, le bonheur de vous tous qui nous faites confiance. Le Chardonnay de Peillot en fait assurément partie. Plus rond et pulpeux que la plupart des blancs bourguignons, il n'a toutefois pas le côté souvent "too much" des chardos du sud. Il pourrait être l'incarnation de l'équilibre parfait, sans y voir rien d'ennuyeux, bien au contraire. 

Restait tout de même une petite angoisse vendredi dernier à l'ouverture de la bouteille. Le 2016 allait-il être à a hauteur de ses prédécesseurs ? Rien qu'au nez, on pourrait presque déjà dire que oui. Et dès qu'on commence à le goûter, ça se confirme.Ô didiou que c'est bon, ça !

La robe est jaune paille claire.

Le nez est très expressif, sur des notes de beurre au citron et de pomme chaude. P'tite touche de poire aussi, et de noisette fraîche.

La bouche est ronde, ample et fraîche, avec une matière pulpeuse, gourmande, très désaltérante.

La finale, à la mâche crayeuse/astringente qui vous supprime la moindre goutte de salive présente dans votre bouche, aurait au contraire tendance à vous donner encore plus soif. Donc vous reprenez une p'tite gorgée de ce vin désaltérant ... Et puis encore.. Et encore. Non, maintenant, je vous demande de vous arrêter (soupirs).



mercredi 12 juillet 2017

Chat fou : ronronner de bonheur...


Le temps passe vite : ça fait deux ans que je ne vous avais pas parlé de Chat fou d'Eric Texier. Un étonnant assemblage de Grenache, Carignan,  Cinsault, Marsanne et Roussanne (eh oui, on a le droit dans le Rhône jusqu'à 20 % de cépages blancs dans le rouge). Nous avons réussi à obtenir les dernières bouteilles du millésime 2014. Nous l'avons préféré au 2015 déjà en vente chez le producteur, qui est moins dans "l'esprit chat fou" car plus puissant et concentré. Nous gageons que sur 2016, on retournera au style initial...

La robe est grenat translucide, sans une trace de violacé.

Le nez est fin, élégant, sur la cerise rouge, la quetsche, le noyau, mais aussi des notes florales (pivoine, violette).

La bouche est ronde, douce, enveloppante, avec une matière fine et pulpeuse, gagnant progressivement en chair et densité. Le mot d'ordre est digestibilité. Ou fraîcheur. Les deux, quoi.

La finale accroche un peu, mais on reste dans un registre gourmand, canaille, finement amer (cerise/noyau/épices), qui fait que l'on y prend rapidement goût. Je veux bien que l'on m'accroche ainsi tous les jours ;-)

PS : regoûté en mangeant, le vin n'accroche plus du tout. Il gagne juste en puissance et en intensité, empêchant qu'il soit écrasé par le plat. Bref, plus un vin de repas que d'apéro ! (9.50 € la bouteille)




mardi 11 juillet 2017

Cerises : retour en beauté


Autant mon enthousiasme avait été communicatif sur le millésime 2014 des Cerises, autant certains observateurs avaient pu remarquer que j'avais été discret sur le 2015. Maintenant qu'il n'y en a plus, je peux le dire : je le trouvais trop puissant alors que c'est la finesse que j'apprécie dans cette cuvée. En 2016,  on retourne plus à l'esprit d'origine, même s'il doit être un tout petit peu plus concentré que 2014. Et donc, oui, là, j'aime beaucoup !!! 

La robe est grenat sombre, avec une touche de pourpre.

Le nez est élégant, racé, sur la liqueur de framboise, la cerise (tout de même !), la violette, le poivre blanc, avec une touche d'encens et de fumée. Et puis une ambiance très schiste (pierre chaude).

La bouche est ample, fine, soyeuse, avec la tension typique des vins du terroir de Roquebrun, et surtout un fruit pur et frais, éclatant. Un rouge qui a beaucoup des qualités d'un blanc (ça doit être pour ça que je l'apprécie : je suis une "bouche à blanc").

La finale légèrement accrocheuse trahit la grande jeunesse de ce vin. Je pense qu'elle gagnera en douceur dans les mois qui viennent. Elle offre déjà du plaisir, avec toujours cette aromatique de fruit frais, de fleur et de poivre fumé.

Le prix, lui, est inchangé : 7.20 € la bouteille (6.70 € par 6 et  6.40 € par 12).



Nota : du gaz carbonique apparaît au réchauffement. Il s'élimine facilement en agitant (prudemment) la bouteille.




lundi 10 juillet 2017

Rosée d'été : le rosé de VOTRE été


Rosée d'été est un assemblage de Grenache (70 %) et Syrah (30 %). Du Grenache il a la rondeur et la richesse, de la Syrah, les épices. Le tout donne un rosé de caractère qui pourra être bu aussi bien à l'apéritif que tout au long du repas (melon au jambon cru, salades, paellas, grillades, fromages affinés....). Et bonne nouvelle, il est à un (tout petit peu) moins de 10 €...

La robe est à  mi-chemin entre le melon et le saumon.

Le nez est intense, sur les petits fruits rouges, la pêche bien mûre, le "bonbon anglais" et les épices.

La bouche est élancée, avec de la tension et une matière étonnamment concentrée, vineuse, bien épicée. Un peu façon Tavel, avec peut-être un peu plus de rondeur et de fruit.

La finale corsée est raccord, avec des épices en pagaille, et des notes d'écorces d'orange subtilement amères. Ça vous nettoie net la bouche, et donne envie d'y retourner derechef...




vendredi 7 juillet 2017

T'as le bonjour d'Albert !


Bon OK, Albert a une drôle de tête. Il a l'air triste... mais son vin ne l'est  absolument pas. Et en plus d'être bon, il est bio et sans sulfites ajoutés. Ultime provoc' : il est abordable (9 €). Donc, comme chaque année, ne traînez pas trop pour prendre en pension quelques Albert(s) chez vous. Car il n'y aura pas de seconde chance : il faudra attendre un an de plus. Et ça, c'est juste pas possible... 

La robe est grenat sombre aux reflets violacés.

Le nez est appétant, sur les fruits noirs sauvage bien mûrs (mûre, sureau, pointe de prunelle) mais aussi cette note sanguine/ferreuse qui est un peu la signature de cette cuvée.

La bouche est ronde, ample et énergique, avec une matière (sacrément) dense, charnue, au toucher velouté, dégageant une grande fraîcheur aromatique (la p'tite pointe verte de rafle). On n'est clairement pas dans le vin de fillette, mais c'est justement son côté brut de cuve qui fait son charme.

La finale a une mâche puissante, mais on sent que c'est bien mûr et harmonieux, avec toujours ces fruits noirs, ce fer et cette p'tite pointe de rafle. Ce vin gagnera à être bu avec la cuisine du Sud-Ouest (confit, enchaud) ou une côte de boeuf bien épaisse et grasssse. Ce sera un pur régal ! 


jeudi 6 juillet 2017

On va faire avec ... les Moyens du bord


Pour tout dire, je n'avais pas prévu d'ouvrir et de commenter cette bouteille. Il se trouve qu'un client est passé : il cherchait deux vins "nature" (un blanc et un rouge) pour les présenter lors d'un festival de théâtre le WE prochain. Nous sommes partis sur plusieurs pistes, dont celle des Moyens du bord, reçus il y quelques jours. Ce fut son vin préféré. Après, je lui ai aussi conseillé Louise, certainement plus accessible aux néophytes. Finalement, il a pris les deux ;-)

La bouteille étant ouverte ... Autant vous en parler, non ?

La robe est or très pâle, brillant et limpide. 

Le nez est cheninissime, sur la poire au sirop, le coing frais et le miel d'acacia. Et puis un côté craie humide qui donne de la fraîcheur. Une petite touche de grillé/beurré, aussi. 

La bouche se montre d'abord tendue, inflexible avant de gagner ensuite en rondeur et en chair. Mais cela reste délicieusement caillouteux et désaltérant. 

La finale est crayeuse, avec une amertume typique du cépage renforcée par le coing et l'écorce d'agrume. On reste dans l'élégance et la digestibilité. Bref, le Chenin comme on aime, que l'on boirait plus que de raison (et ce n'est pas bien, hein !). 



mercredi 5 juillet 2017

Benji's back !


Ceux qui ont dégusté – et forcément apprécié – la Ripassa de Montagne ont une idée du travail de Benjamin Darnault, winemaker installé dans le Minervois.

En plus de travailler dans le Languedoc, Benjamin conseille aussi un grand domaine du Rhône ayant des parcelles dans plusieurs appellations. Après avoir dégusté certaines cuves, il s'est amusé au jeu des assemblages. Il a tenté 2/3 Grenache sur sables (appellation Sablet) et 1/3 Syrah sur argilo-calcaire (Gigondas). Pas de bois ni de long élevage pour préserver la pureté de fruit. Et ça donne ce que vous avez dans le verre. Benjamin parle de "bombe de fruit" sur la contre-étiquette. Ce n'est pas survendu... Quant au prix, lui, il ne l'est assurément  pas : 8.90 € (avec remise quantitative : 8 € par 12 bouteilles). 

La robe est pourpre sombre, quasi opaque. 

Le nez est intense et expressif, sur la liqueur de fruits noirs, le poivre, la réglisse et le benjoin. 

La bouche est ronde, ample, veloutée, avec une matière charnue, gourmande, au fruit "bombesque", effectivement (voire bonbec, car c'est de la gourmandise à l'état pur). La tension et la fraîcheur sont au rendez-vous, surtout si vous l'aérez bien et servez à 15-16 °C.

La mâche finale signe le terroir argilo-calcaire avec son côté frais et crayeux, avec toujours ce p... de fruit et une palanquée d'épices. On se régale sans se prendre le chou : on n'est pas sur un vin d'intello, mais de jouisseur. De temps en temps, c'est bien : ça recale les papilles ;-)


mardi 4 juillet 2017

Il y a des oranges en Moselle...


Ça devait arriver un jour : Clemens Busch s'est lui aussi lancé dans la production de "vin orange". Avec du Riesling, forcément. Il s'appelle tout simplement O. Il ne ressemble pas vraiment aux autres vins de macération que j'ai déjà dégustés – le plus proche étant peut-être à fleur de peau du Clos de Gravillas – mais encore moins à un Riesling mosellan classique. L'aromatique est très différente, et l'acidité moins tranchante. En tout cas, pour une première, c'est une belle réussite. L'avenir nous dira si le vigneron persévère.... 

La robe est or pâle, donc pas franchement Orange.  Mais elle prend de la couleur et de la turbidité après agitation... 

Le nez est à la fois fin et intense, sur la fleur d'oranger, la verveine, l'écorce d'orange séchée. 

A l'ouverture, il y a du gaz carbonique, que vous pouvez conserver ... ou pas. 

Si vous le conservez, ça fait assez "limonade sans sucre épicée" avec un côté tonique et sympa. Why not ? 

Si vous le supprimez (en agitant prudemment la bouteille), vous avez du VIN : très ample, fin, avec une grande tension – tout en ayant une acidité moins saillante que les autres vins du domaine, avec une matière qui réussit à être dense/pulpeuse (grâce à la lie) et aérienne.

La finale est corsée, épicée, très marquée par l'écorce d'agrume, avec toujours cette aromatique fleur d'oranger/orange séchée, avec une mâche affirmée, mais moins que 95 % des vins oranges. 

Un vin à essayer sur des plats épicés ou des fromages affinés.

PS : trois jours d'aération dans le bureau à température ambiante lui ont plutôt réussi : il gagne en complexité, avec des arômes exotiques plus marqués (ananas, passion). Plus Riesling finalement. N'hésitez donc pas à carafer...