jeudi 20 septembre 2018

Viti Vini Vinci : 4 nuances de rouge


Il me paraissait utile de faire cette dégustation des vins rouges de Viti Vini Vinci, car si l'on se place du côté du consommateur, je comprend qu'l soit difficile de faire un choix parmi les cuvées... On peut se décider grâce au dessin, à l'appellation ou au prix, mais pas sûr que ce soit concluant au final. Voici donc un descriptif de ces 4 vins rouges, qui se veut le plus honnête possible.  

Il y a une chose à savoir : ils contiennent tous du gaz carbonique qui apporte  une sensation de perlant. Si vous aimez cela, ce ne sera que du bonheur. Si comme moi, vous êtes réfractaire, il faudra secouer la bouteille (et pour être encore plus efficace, mettre le vin en carafe et secouer la carafe). Avec prudence si vous ne voulez pas repeindre votre plafond ;-) Il faut s'y reprendre à plusieurs reprises, entrecoupées par des pauses de 5 mn.  Les commentaires sont faits sur les vins dégazés (30 mn après ouverture). 



La robe est vermillon légèrement trouble (et en fait, la moins obscure de toutes les cuvées)

Le nez est frais, sur la griotte, la framboise, la terre humide, avec une pointe de volatile.

La bouche est très ample, sphérique, des plus aériennes, avec une matière arachnéenne, quasi impalpable. Puis devient plus intense, vineuse, avec une acidité tonique en fil conducteur.

Tout cela se prolonge en finale sans la moindre interruption, avec cette acidité traçante qui semble ne pas vouloir s'arrêter (le côté obscur de la force ?). 



Les rouquins 2017 (13.50 €)

La robe est grenat plutôt sombre (ou Burlat ?), légèrement trouble.

Le nez est intense, mais aérien, sur la cerise mûre, les épices et des notes ferreuses/sanguines.

La bouche est ronde, ample, soyeuse, avec une matière fine et aérienne qui gagne progressivement en densité. L'ensemble est tendu par une fine acidité.

La finale est plus terrienne, avec une texture crayeuse, et la griotte acidulée qui apporte du peps.



La robe est rubis, légèrement trouble.

Le nez est plutôt discret, avec un mix entre l'Obscur (griotte, volatile) et les Rouquins (sanguin/ferreux). 

La bouche est toute en rondeur, avec une matière plus dense que les deux précédents, au toucher velouté/juteux, tout en gardant la même acidité traçante. 

La finale crayeuse se rapproche plutôt des Rouquins, avec là aussi la griotte qui apporte ses notes acidulées. 



La robe est grenat translucide. 

Le nez est intense, complexe, sur la cerise confite, le noyau, les épices, le bois précieux...

La bouche est  plus ample, enveloppante, avec une matière veloutée, charnue, qui gagne en densité et profondeur. L'acidité est plus discrète, enveloppée qu'elle est par la matière. Ce qui n'exclut par une bonne  tension. 

La finale finement mâchue est clairement la plus aboutie du quatuor, avec une complexité d'arômes et de textures. C'est épicé, fruité, floral, minéral... avec une impression d'accomplissement et d'harmonie. 


mercredi 19 septembre 2018

Prendre son contre-pied (bis)


En novembre dernier, je vous avais parlé de Contre-pied rouge. Je ne savais pas alors qu'il allait avoir un frère blanc. Le premier était une réinterprétation glou-glou du cépage Durac. Cette fois-ci, la famille Plageoles s'attaque au Mauzac blanc. Il a la réputation d'être plutôt tristoune, pas très aromatique. Cette cuvée Contre-pied prouve que ce n'est pas forcément une malédiction : il y a moyen de le rendre très sympa et même irrésistible !

La robe est jaune pâle, très légèrement trouble (fin non filtré).

Le nez est appétant, sur les fruits jaunes (pêche/abricot), une touche légèrement muscatée,  et même une pointe d'angélique pour apporter du peps. 

La bouche est ronde, fraîche, gourmande, avec une matière finement charnue, croquante, et une aromatique très expressive sur le fruit (jaune, toujours), l'amande... et encore le muscat en arrière-plan. 

La finale est nette, tonique, avec un bon goût de raisin frais, et de subtils amers (noyau d'abricot) qui évitent toute lourdeur. Puis arrivent des épices qui prolongent agréablement le vin. Y a bon !

Franchement, pour 11.00 €, il n'y a vraiment rien à redire, sachant que c'est bio, très peu sulfité, toussa... Et surtout, ça réhabilite méchamment le Mauzac. Merci les Plageoles !



lundi 17 septembre 2018

Pure T ou Pure T ?



En fonction des millésimes, ce n'est pas forcément le même cépage qui incarne la cuvée Pure T. Cela me parait judicieux d'avoir choisi le Merlot en 2014 (année plutôt fraîche) et le Cabernet Sauvignon en 2015 (année chaude). Si le choix avait été inverse, on aurait un Cabernet probablement trop acide et un Merlot lourdaud. Dans les deux cas, les vins ont été vinifiés et élevés en (petits) foudres sans sulfites, y compris à la mise. Cela ne se sent pas dans les vins, si ce n'est peut-être un peu à l'ouverture : les vins sont un peu réduits. Ils demandent donc une certaine aération pour s'exprimer. Dans le cas des deux bouteilles commentées, les vins ont été ouverts 24 h à l'avance, épaulés et laissés sans bouchon à 14-15 °C. Ils sont alors prêts à être dégustés. 


Pure T 2014 (20.36 €)

100 % Merlot

La robe est grenat très sombre aux reflets violacés.

Le nez est plutôt discret, sur les fruits noirs légèrement surmûrs, avec une légère pointe de volatile qui apporte de la fraîcheur (et une touche de menthol, aussi).

La bouche est ronde, ample, charnue, avec une matière dense et veloutée qui s'insère dans le moindre pore de votre palais. La richesse est équilibrée par une grande fraîcheur aromatique incarnée par le menthol (n'oublions pas que le Cab'Franc est le papa du Merlot) accompagnée par le tabac gris (ou l'âtre de cheminée, j'hésite).

La finale est assez puissante, mais les tannins sont bien enrobés : on ne ressent aucune dureté, et c'est à ce stade que l'on ressent plus le fruit  noir frais, tonique, souligné par des notes tertiaires (tabac, truffe, épices).

Un vin hors du commun, assez déroutant, mais on finit par sacrément s'y attacher. Le lendemain, j'ai fini la bouteille avec du boeuf maturé et des pommes de terre sautées. C'était ma-gni-fique !




Pure T 2015 (23.95 €)

100 % Cabernet Sauvignon


La robe est encore plus sombre, presque noire, opaque.

Le nez fait "brun ténébreux", sur le cassis, le havane, la cendre froide, et là aussi, le menthol (le Cab' Sauv' est demi-frère du Merlot).

La bouche est élancée, tendue, avec une acidité totalement enrobée par une matière étonnamment dense et mûre pour un Cabernet-Sauvignon (et j'oserais même dire "sensuelle"). L'équilibre est juste superbe et ne pourra que ravir les amateurs de ce cépage (dont je suis – Las Cases for ever !).

La finale poursuit la tension de la bouche sans la moindre rupture, si ce n'est un léger durcissement des tannins. Le cassis est toujours à l'avant-poste, le havane aussi, et puis ce goût de cendre typique du cépage, souligné par le poivre.

vendredi 14 septembre 2018

Soirée mets et vins très éclectique


C'était la rentrée mercredi soir au "club de Saint-Yrieix". L'air de rien, nous entamons notre sixième saison commune, et tout le monde est aussi enthousiaste qu'au premier jour. Pour une fois, j'ai laissé le chef Gilles Tigoulet décider du menu. À ma charge de trouver les vins qui  iraient le mieux avec.



Pour l'apéro nous avions des galetous à la rillette d'oie. L'occasion de faire découvrir le Crémant Rosé Tempus, un 100 % Bleu de Franconie d'origine slovène. Si l'origine et le cépage peuvent paraître déroutants, on est finalement sur une texture et une aromatique plutôt classiques. Le nez balance entre notes florales et fruitées, avec quelques épices. Il y a une belle tension, des bulles très fines, une finale harmonieuse, ni trop sèche, ni trop douce. Il a plu à tout le monde, y compris ceux qui habituellement n'aiment pas trop ça. On démarre bien :-)


L'entrée était composée d'une purée d'avocat, de crabe et de tomates confites. Lorsque le chef m'avait envoyé le menu à l'avance, je m'étais dit qu'un Clos des Briords 2017 conviendrait bien : il est très frais, limite cristallin,  tout en n'ayant pas d'acidité saillante/agressive comme trop souvent dans les vins du Muscadet. Il devrait apporter de la fraîcheur au plat tout en ne l'écrasant pas aromatiquement.  Et en effet : il a très bien fonctionné et a plu à toute l'assemblée. 


Avec un quasi de veau, sauce épicée et une purée pomme de terre/céleri, j'ai proposé un match entre deux vins rouges qui me paraissaient "matcher" avec le plat. À ma gauche, un Côtes du Rhône "Rousset les Vignes" 2014 du domaine de la Banate, assemblage de vieilles vignes de Syrah et Grenache plantées à 300 m d'altitude. À ma droite un Crozes-Hermitage Georges Reynaud 2016 du Domaine les Bruyères.  Bref, un Rhône Sud plutôt septentrional vs un Rhône Nord plutôt méridional.  Au nez, c'est le grenache qui domine à gauche tandis que la Syrah exulte à droite. Plus de complexité et de fruits bien mûrs pour la Banate ; du fruit plus frais et du poivre fumé pour le Crozes En bouche, le Côtes du Rhône est plus impacté par la température ambiante élevée : alors qu'à 15-16 °C, il est plein de fraîcheur, à 20 °C, il fait plus "sudiste". Ceci dit, il reste très digeste pour un Rhône Sud. Le "Georges" souffre beaucoup moins : on a l'impression qu'il est servi avec 5°C de moins alors que ce n'est pas le cas. Perso, je préfère ce dernier, fin et frais,  mais d'autres ont un coup de coeur pour le Banate. Dans la salle, on est à peu près à 50/50. Les goûts et les couleurs ;-)


En dessert le chef avait préparé une crème brûlée aux brugnons. Les brugnons m'ont fait penser à un muscat. Et la crème brûlée m'a incité à trouver un vin le moins sucré possible (sans qu'il soit sec). Donc exit les muscats de Corse ou du Minervois. Exit aussi le Moscat d'Asti,, très sucré. Il me restait le Moscato Spumante 1/2 sec du domaine Civranetta. Superbe pioche : un hymne au muscat qui réussissait à "dessucrer" le dessert. La sensation était assez incroyable et le plaisir grand. J'ai adoré, et je n'étais pas le seul  😍

Thème du mois prochain décidé en fin de soirée : la Loire. On va se régaler !

mercredi 12 septembre 2018

Syrah Reynaud 2017 : on se régale !


Nous avons reçu il y a peu  les 2017 de David Reynaud. J'ai été raisonnable : j'ai attendu une bonne semaine avant d'ouvrir une bouteille de Syrah les Monestiers 2017. Ma patience a été récompensée car ce millésime est une réussite : il devrait plaire autant aux amateurs de vins puissants qu'à ceux qui recherchent la finesse. Car ce vin paradoxal réussit le tour de force de conjuguer les deux. 

La robe mérite vraiment l'adjectif  atramentaire : elle fait songer à de l'encre violacée. 

On s'attendrait à un nez extraverti/explosif. Il n'en est rien : il est plutôt frais, fin, sur les fruits noirs (myrtille, cerise), la poitrine fumée et les épices douces. 

La bouche est très ample, énergique, déployant une matière dense et veloutée, juteuse, qui vous tapisse généreusement le palais. On a vraiment l'impression d'avoir un coulis de fruits noirs en bouche, si ce n'est l'absence de sucre. Et les quelques tours de moulin à poivre au-dessus de la cuve (c'est une image, hein : il ne ferait pas ça, David Reynaud. Mais on sent bien le poivre !)

La finale gagne encore en densité, avec des tannins un peu plus présents, tout en restant très fruitée et gourmande. La cerise noire domine, avec une touche de cacao en poudre, et le poivre légèrement fumé qui apporte de l'allonge. Sans oublier une pointe d'amertume qui fait un joli contrepoint au fruit généreux. L'équilibre est assuré jusqu'au bout ! 


mardi 11 septembre 2018

Bu'n Daw, le retour !


J'ai toujours plaisir à re-découvrir la cuvée Bu'n Daw à chaque millésime, car la Petite Arvine offre à chaque fois un nouveau visage, très différent de celui qu'elle a en Suisse. La version hélvétique est tendue et cristalline, alors qu'elle affiche plus de rondeur lorsqu'elle vit en Languedoc. Mais malgré tout, le vin final n'est jamais lourd. Ce serait trahir ses origines. 

Ce vin est à lui tout seul un pan de l'histoire de Vins étonnants, ramenant à une époque où il était interdit de mentionner ce cépage interdit à la culture en France. Depuis, les choses ont changé. Avec le réchauffement climatique, les règles ont changé : n'importe quel vigneron hexagonal à le droit de la planter. Néanmoins, si vous faites un vin 100 % Petite Arvine, faut pas déc..., il se retrouve en vin de France (en attendant qu'une appellation le reconnaisse comme cépage principal : c'est pas pour demain...)

La robe est or pâle, aux reflets argentés.

Le  nez est gourmand, évoquant les fruits blancs et jaunes (poire, abricot) avec des notes pâtissières (brioche, crème brûlée).

La bouche est ronde, fraîche, tonique, avec une matière mûre et désaltérante qui se déverse à flot dans votre palais. L'ensemble est miraculeusement équilibré, car on pourrait croire à un déficit d'acidité. En fait, elle est bien là, mais  masquée par la densité et la maturité de la chair.

La finale a une astringence assez marquée – on mord dans la craie – mais sans que ça ne soit agressif : on reste dans la gourmandise, avec le retour des fruits et des notes lactées (yaourt). C'est toutefois la craie qui finit par l'emporter, soulignée par des épices.

Ce vin peut se boire seul à l'apéro, accompagner une blanquette de la mer, de la lotte, ou des fromages de chèvre légèrement affinés. 


mercredi 5 septembre 2018

Merlot Réserve Denois : une réussite !


À quelques jours de distance, Jeff Carrel et Jean-Louis Denois sortent leur "cuvée réserve". Avec dans les deux cas le regard tourné vers Bordeaux. Un pur Cabernet Sauvignon pour Carrel, un pur Merlot pour Denois. J'ai dit ICI  ce que je pensais du Cabernet : c'est très réussi techniquement, avec un équilibre quasi parfait. Je trouve juste que les arômes apportés par le chêne grillé deviennent à l'aération un peu trop envahissants. Il y a une petite dizaine d"années, il est probable que le Merlot Réserve de Denois aurait été dans le même esprit (vous pourrez le  constater en dégustant sa Grande Cuvée 2008, encore à la vente). Mais depuis, l'homme a évolué : il s'est converti au bio, a quasi abandonné la barrique, limite l'usage des sulfites – jusqu'à ne pas l'utiliser sur certaines cuvées – et se sert de plus en plus d'amphores. Aujourd'hui, c'est la pureté du fruit qui l'intéresse, sans parasitage ni déviance. 

Ce Merlot Réserve 2016 a été vinifié et élevé en cuve. Même si le vin n'est pas très âgé, Jean-Louis Denois a  réussi à lui apporter  une patine qui rend sa consommation optimale dès aujourd'hui. Il est "à point", comme on dit.  Même si je ne doute pas qu'il pourra tenir quelques années (mais je suis pas certain qu'il sera meilleur). 

La robe est pourpre translucide. 

Le nez est étonnamment complexe pour un "petit vin" : violette, mûre, épices douces, champignon frais... 

La bouche est ronde, à la fois ample et élancée, déployant une matière finement veloutée. On a déjà le sentiment d'un vin "early matured" avec des tannins et une aromatique légèrement patinés, tout en ayant encore le fruit de la jeunesse (heureusement, c'est un 2016 !)

La finale dévoile une fine mâche tonique, très rive droite bordelaise, avec du fruit noir, des épices, et se prolonge sur des notes salines et minérales (craie humide). 

Même si je ne suis en général pas trop fan des 100 % Merlot, celui-là me plait bien car il ne fait pas "bébé joufflu monolithique sur le fruit". Il y a du fond, une complexité aromatique évidente, raconte quelque chose. Bref, pour 7.80 €, ça me semble une belle affaire ! 

J'attends avec hâte qu'il fasse la même chose avec du Cabernet Sauvignon (Jean-Louis, si tu me lis...)


mardi 4 septembre 2018

T'as ton Tan ?


Le Camino de Terra Remota que nous vendons depuis deux ans est plutôt français d'esprit même s'il est produit en Espagne, avec son assemblage Grenache /Syrah/Cabernet et son élevage en demi-muids Avec cette cuvée Tan natural, nous pourrions nous sentir beaucoup plus en Espagne avec cette alliance du Grenache (75 %) et du Tempranillo (25 %). Si ce n'est que nous sommes sur un élevage plutôt rapide en cuve, avec une faible dose de sulfites. Ce qui donne un vin croquant, sur le fruit, et donc assez éloigné de l'image que l'on peut avoir des vins d'Espagne. Une découverte à tous points de vue, donc, et même accessible aux personnes qui ne sont pas branchées "vin nature". 

La robe est grenat sombre translucide, avec de légers reflets violacés.

Le nez est très expressif, dans un style plutôt baroque, sur les fruits rouges bien mûrs, les épices grillées, l'encens et une touche végétale rafraîchissante (eucalypyus). Plus le vin s'aère, plus il se complexifie.

La bouche est impeccablement tendue par un fil invisible, tout en gardant une belle ampleur. La matière fait très "brute de cuve", aussi bien  dans la texture – non polie par l'élevage –  que dans l'aromatique – fruit pétaradant, notes fermentaires (agréables !). Comme indiqué sur l'étiquette, c'est Natural dans le meilleur sens du terme, avec ce sentiment d'un vin préservé de toute manip' et produits technologiques.

Tout cela se confirme dans la finale délicieusement accrocheuse. Ça racle un peu, mais on se surprend à en redemander, car il y a du fruit vivant et de la générosité, avec une persistance sur le cacao et les épices.






lundi 3 septembre 2018

Touche Mitaine : abordable, lui aussi.


J'avais évoqué il y a quelques jours du Déronnières de Julien et François Pinon. Le millésime 2017 lui a apporté plus de rondeur que d'ordinaire, permettant pour une fois de ne pas laisser de sucres résiduels pour équilibrer l'acidité. Xavier Weisskopf a une vision qui peut sembler plus intransigeante : ça ne le gêne pas de mettre en bouteille des vins austères à l'acidité souvent prononcée, sans chercher à les adoucir d'aucune sorte. Il sait que dans 5-10 ans, ils vont s'ouvrir et se complexifier, délivrant le message contenu dans la bouteille. On peut dire qu'il y a un point commun entre Les Déronnières et ce Touche Mitaine 2017 : ils sont tous les deux bien ouverts aromatiquement alors qu'ils ont été mis en bouteille depuis peu. Par contre, le vin de Weisskopf a réussi à conserver l'acidité chère au producteur, ce qui le différencie du Vouvray. 

On pourrait dire que ceux qui regrettent le (relatif) manque d'acidité du Déronnières trouveront le bonheur avec ce Touche-Mitaine ;-)

La robe est or clair, brillante. 

Le nez est fin, mêlant les notes fraîches – zeste d'agrume, aiguille de pin, craie humide – et mûre – poire au sirop, coing, pomme tapée. 

La bouche est bâtie sur le même modèle : d'un côté une acidité fine et tranchante qui trace au-delà même de la finale, évoquant certains Jasnières ou un Riesling mosellan. De l'autre, une matière ronde, ample, aérienne et digeste qui vous caresse la bouche en douceur sur une aromatique de fruit mûr.

La finale est tonique, avec toujours cette balance entre acidité vivifiante, citronnée, et des notes de miel, gingembre et coing. 

Un vin qui sera parfait avec des crevettes thaïes ou pourquoi pas une terrine de foie gras et anguille fumée ? 



vendredi 31 août 2018

Pinot noir "En coteaux" : le Carrel que j'aime !


Je n'écris pas ce billet pour me faire pardonner de ce que j'ai écrit l'autre jour sur la Villa des Anges Réserve (quoi que...). Mais il se trouve que sur la même palette, il y avait le nouveau millésime du Pinot noir En Coteaux. Comme c'est devenu l'une des références incontournables du site, je me dois de le déguster afin de voir s'il est dans la continuité de ses aînés. Même si je n'ai pas pu comparer côte  à côte, je dirais que oui. Ce 2017 est peut-être encore plus bourguignon, côté Chambolle. En tout cas, ça me plait beaucoup. Ça, c'est le Jeff Carrel que j'aime* !

La robe est rubis translucide/vermillon, très bourguignonne dans l'esprit (même s'il y a des vins de cette région nettement plus sombres et denses).

Le nez est délicat, sur la griotte légèrement confite, le noyau et la ronce. Avec l'aération arrive la rose et le tabac.

La bouche est ample, ronde, aérienne, avec une matière douce, enveloppante, qui vous caresse le palais. Pas le moindre tannin en vue. Par contre, un fruit pur, élancé,  à la fraîcheur cristalline, sans le moindre parasitage. Sooo good !

La finale dévoile une fine mâche canaille, mêlant la cerise à la terre fraîchement retournée, puis le poivre et le tabac gris. Pour finir sur le noyau et les épices, en douceur. Le bonheur dans ce qu'il a de plus simple !

Et de ce qu'il a de pas cher : 7.90 € la bouteille. Je ne connais pas beaucoup de vins qui procure autant de plaisir pour un si petit prix... (oui, quand on est amateur de vins, 7.90 €, c'est pas cher)

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* Mais je comprends bien qu'il doive en faire pour tous les goûts. Je pense d'ailleurs qu'il y a plus de fans dans le monde du Villa des Anges que du Pinot noir. Et je trouve très sympa que Jeff pense à nous, les palais de fillettes ;-)


mercredi 29 août 2018

Varenne du Poirier : 'tain, c'est bon !


Je vous avais parlé il y a un peu plus d'un an de la Varenne du Poirier 2015 des Grandes Vignes. J'avais écrit alors que c'était un modèle de "vin nature" (il n'y a aucun sulfites ajoutés). Non seulement je peux le répéter pour ce millésime 2016 , mais je pourrais même ajouter que c'est un modèle de Chenin ligérien qui réussira à réconcilier les pro-Touraine et les pro-Anjou tant il réunit les qualités des deux sous-régions.

La robe est d'un beau doré brillant. 

Le nez est fin, intense, profond, sur la gelée de coing, la poire confite, avec une fine touche de  gumée et de pierre mouillée.  

La bouche est droite, inflexible, avec une acidité traçante enrobée par une matière dense, charnue, bien mûre, entre fruits et cailloux. Le tout se déverse dans le palais avec l'énergie d'un ru de montagne. 

La finale n'est que le prolongement de la bouche, sans la moindre interruption de la dynamique. On poursuit dans l'acidité traçante, si ce n'est qu'elle est soulignée par de nobles amers, avec le coing confit qui fait son come-back, accompagné par le quinquina et le pomelo. Une amertume assez jouissive finit par l'emporter, se prolongeant avec bonheur. 

Vraiment le Chenin que j'aime, avec un caractère affirmé typique du cépage sans tomber dans trop d'agressivité, ce qui le rend accessible à tous (du moins, je pense). Pour 15.95 €, je trouve ça vraiment top, d'autant que ça devrait joliment évoluer dans les 5 ans qui viennent. 


mardi 28 août 2018

Villa des Anges Cabernet Réserve : pour amateurs de Cabernet boisé !



Nous avons reçu hier matin une nouvelle référence signée Jeff Carrel : Villa des Anges Cabernet Réserve. Le texte de la contre-étiquette qui évoque un "élevage précieux", voyons voir...  

La robe est grenat sombre tirant vers le pourpre. 

Le nez est très expressif, sur la crème de fruits noirs – cassis, mûre, myrtille – le tabac hollandais, les épices douces et une touche d'âtre de cheminée. Avec l'aération et le réchauffement, on ressent plus "l'élevage précieux", mais sans jamais tomber dans l'excès.

La bouche est élancée, tendue par une fine acidité inflexible, mais enrobée par une matière ronde, veloutée, charmeuse, sans le moindre tannin qui dépasse. L'aromatique mêle la crème de mûre aux épices grillées et la vanille. La crème brûlée, aussi. Le plus impressionnant est cette impression de fraîcheur car on sent que c'est bien mûr (en même temps, 13.5 %, dans le Languedoc, c'est raisonnable). 

La finale est tonique, avec une matière qui gagne encore en concentration et des tanins plus apparents. Mais cela reste harmonieux et cohérent, bien équilibré. Le tout se prolonge sur des notes grillées/vanillées/caramélisées qui pourront exaspérer les ennemis du boisé marqué. Mais on reste encore dans l'acceptable, car bien intégré dans une logique d'ensemble.

Même si on est assez loin des référentiels que j'apprécie, je ne peux qu'admettre que c'est super bien foutu, séducteur en diable, bien équilibré, avec une maîtrise impressionnante des différents paramètres (et tout cela pour 7.00  €). Je promets à ce vin un avenir radieux, car il me semble correspondre parfaitement à ce que recherchent beaucoup de monde dans un vin : un subtil mélange de sexy et de baroque.

Le commentaire du Wine Advocate affiché en contre-étiquette vise juste : "it offers plenty of ripe cassis fruit, ample vanilla an wood spice and a plush velvety mouthfeel. It should makes lots of consumers question wether they'll need to spend more to get a perfectly tasty oak-flavoured Cabernet". C'est tout à fait ça : ceux qui sont à la recherche d'un Cabernet-Sauvignon boisé trouveront leur bonheur avec ce Réserve. Pour moi, il est supérieur à de nombreux Bordeaux qui valent le double ou le triple du prix, avec une meilleur maîtrise des tanins, de la maturité et du boisé. What else ?

PS : pour ceux qui ne sont pas trop fan du boisé, il vaut mieux boire ce vin dès l'ouverture. La sensation de boisé devient plus présente avec l'aération.   



lundi 27 août 2018

Pinot noir Stierkopf : sous le gaz, le bonheur !


Je n'avais pas encore eu l'occasion de goûter le Pinot noir Stierkopf 2017 de Rietsch – je l'avais rencontré avant mise à la Dive. Une sorte d'instinct m'avait incité à l'ouvrir à l'avance car je pressentais qu'il y aurait du gaz carbonique à l'ouverture : ça n'a pas raté. Il était bien perlant en bouche. Autant je peux apprécier cela sur certains blancs sudistes à qui ça apporte de la fraîcheur, autant j'ai vraiment du mal sur les vins rouges : ça durcit la bouche, et surtout casse la dynamique du vin. La belle tension est hachée par des centaines de bulles microscopiques. Secouage à répétition, donc, avec des phases de repos de 5 mn. À un moment, plus rien ne s'échappe, même après 10 mn de repos. C'est bon, on peut commencer à déguster... 

La robe est rubis sombre translucide.

Le nez est fin, évoquant un parfum, sur des notes de rose, de griotte – noyau inclus – et d'épices douces.

La bouche est ronde, très ample, aérienne, avec une matière fine et (très) fruitée qui vous emplit le palais. Elle gagne progressivement en densité et en mâche tout en restant dans un registre gourmand/glouglou.

La finale crayeuse à souhait signe le terroir calcaire. Mais c'est le fruit et la rose qui l'emportent, et le suffrage du dégustateur par la même occasion !

Voilà un vin sans sulfites ajoutés qui plaira aux amateurs du genre qu'à ceux qui veulent s'y initier en douceur, à condition que l'étape du dégazage ne les décourage pas.


vendredi 24 août 2018

Déronnières : déjà très abordable


Lorsque j'avais évoqué les 2017 de François et Julien Pinon, je ne vous avais pas présenté les Déronnières car je n'en avais quasiment pas en stock. Depuis, nous en avons reçu quelques caisses. Vous pouvez vous lâcher, nous assurerons ;-)

Le millésime particulier qu'est 2017 a donné des vins moins acérés que d'ordinaire. Et donc, pour la première fois depuis longtemps, nos vignerons n'ont pas vu la nécessité de garder des sucres résiduels sur cette cuvée pour équilibrer l'acidité. Elle était très bonne comme cela. Et c'est vrai que je trouve l'équilibre vraiment très beau – même si la partie la plus obscure de ma personnalité eût aimé une approche plus ... décapante, on va dire.

La robe est or pâle aux reflets argentés. 

Le nez est tout en finesse, sur les fruits blancs – pomme, poire, coing –  l'agrume légèrement confit et la la craie humide – vous vous croyez dans les caves creusées dans le tuffeau  !

Dès l'attaque, la bouche dégage une énergie longiligne tout en gagnant rapidement en ampleur, déployant une matière ronde et dense, avec un beau toucher velouté. Même si l'on ne retrouve pas l'acidité traçante typique du domaine, la tension et l'équilibre sont au rendez-vous. 

La finale est intense, mêlant subtilement amertume et astringence – très pomelo style – avec un retour sur le minéral, entre notes crayeuses et salines.

Ce vin, déjà très bon, demandera quelques années pour gagner encore en complexité et profondeur. Mais je pense qu'il sera prêt avant l'hénaurme 2015.




mercredi 22 août 2018

Hécate : aussi bonne que belle !


Au printemps dernier, j'était passé au Ch. Barouillet où Vincent m'avait fait déguster toutes les cuvées du domaine. J'avais eu un vrai coup de cœur pour Hécate, sa cuvée "haut de gamme" de Pécharmant. Elle provient exclusivement  des vignes plantées  sur une veine de silex qui traverse le vignoble. L'extraction se fait tout en douceur (Vincent préfère parler d'infusion). L'élevage aussi, dans des demi-muids de 600 de 2-3 vins. Il en résulte une finesse et une élégance rarement rencontrées dans le Bergeracois. 

Restait à convaincre le chef.... "Un Pécharmant à 18 €, ça se vend mal", me dit-il. J'ai insisté. Il en a pris. Et il avait raison : plus d'un mois après son arrivée, aucune bouteille vendue (bon, c'est juillet/août, aussi). Je prends donc mon bâton de pèlerin – et surtout mon tire-bouchon – pour prêcher la bonne parole : je pense vraiment que ce vin mérite d'être connu par les amateurs de Bordeaux et du Sud-Ouest. Rarement un assemblage Merlot/Cabernet Sauvignon/Franc n'a atteint un aussi bel équilibre entre tension et douceur tactile*.

La robe est grenat sombre opaque.

Le nez est superbe, sur les fruits noirs, la truffe, les épices douces, la pierre à fusil et une touche boisée dans ce qu'elle a de plus noble.

La bouche a un profil plutôt longiligne, tendu –  traçant,  même – mais ça n'exclut pas une grande ampleur qui vous enveloppe tout le palais d'une matière douce, délicatement veloutée, faussement légère. La synergie des deux a un effet waouh qui confine au somptueux.

La finale gagne en densité et en force, tout en restant dans un registre velouté/élégant. La palette aromatique s'élargit : aux fruits noirs et à la truffe s'ajoutent des notes florales (rose, violette), des épices, une petite touche grillée. Vraiment extra !

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* Il faut dire que l'assemblage n'est pas si classique que cela. En général, nous sommes sur Merlot majoritaire + Cabernet Franc en rive droite. Cabernet Sauvignon majoritaire + Merlot en rive gauche. 60 % Merlot + 30 % Cabernet Sauvignon + 10 Cabernet Franc, c'est du quasi jamais vu (il ne doit y avoir que Lascombes à Margaux qui doit s'en approcher). 



lundi 20 août 2018

Abordez la rentrée avec Sérénité !


Comme l'été 2018 a été encore plus chaud que l'été 2017 – et qu'il ne faut pas trop espérer que 2019 et 2020 soient beaucoup plus frais – je crains qu'il ne faille s'habituer à un certain changement de style chez les producteurs de vin. Ce Sérénité 2017 diffère de ses aînés par une maturité plus poussée et une acidité moindre. Je ne pense pas que ce soit un choix stylistique du vigneron. Il a pris juste le raisin comme il était, sans bidouiller (alors que par exemple en Languedoc, certains ramassent des raisins en sous-maturité et chaptalisent  enrichissent leur vin avec du Moût Concentré Rectifié *). 

La robe est jaune pâle aux reflets argentés.

Le nez est plus mûr que d'habitude, sur des notes d'abricots, de poire au sirop et de pâte d'amande.

La bouche est ronde, ample, avec une matière généreuse,  à la chair moelleuse. L'équilibre se fait plus sur les amers sous-jacents que sur l'acidité.

Ces derniers passent en avant-scène dans la finale, évitant de  tomber dans la lourdeur. L'aromatique est très provençale, avec ces notes d'abricot, de melon et d'amande (et de fenouil ?). On a un peu l'impression de manger un calisson, le sucre en moins.

Pour l'apéro, il me paraît un peu "lourd". Je le verrais plus  sur des Picodons, une bourride de lotte au safran ou carrément une tarte aux abricots.



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* la chaptalisation est interdite désormais dans le Languedoc, ce qui avait provoqué la colère des vignerons. Le MCR est plus cher que le sucre de betterave...

vendredi 17 août 2018

Deux vins (vraiment) mythologiques


Le billet paru hier sur Terres de schiste avait été écrit avant mes vacances. Ma vraie rentrée s'est faite avec ces deux vins posés à côté de mon bureau pour que je les photographie. Tant qu'à faire, ça me paraissait bien aussi de les déguster, car je n'avais aucune idée du contenu. Et donc, les clients non plus. 

En effet, lorsque nous avions découvert la gamme Divin Loire,  ces deux cuvées étaient en cours d'élevage. Elles ont été embouteillées le mois dernier. Pégase est un 100 % Côt (Malbec) et Centaure un 100 % Pineau d'Aunis. Pas forcément les cépages qui me passionnent le plus en Loire, mais bon, ça fait partie du job... 

Je les ai ouvertes vers 11 h du matin pour avoir un premier aperçu (très positif sur Centaure, moins sur Pégase). Elles ont ensuite été entreposées à 15-16 °C dans l'entrepôt sans être rebouchées. Je m'y suis remis à 16h30. Et là, les deux m'ont vraiment enthousiasmé !



Pégase 2017 (11.50 €)

100 % Malbec

La robe est grenat sombre translucide aux reflets légèrement violacés.

Le nez fin évoque le coulis de mûre, avec une touche épicée et une pointe de volatile qui amène de la fraîcheur.

La bouche est élancée, tonique, avec une matière dense et veloutée, juteuse, au fruit éclatant. L'équilbre est parfait, sans être ennuyeux une seconde.

La finale dévoile une mâche gourmande, avec un fruit omniprésent, souligné par les épices, se prolongeant longuement sur le ferreux/salin. Que dire à part "Extra" ? 





100 % Pineau d'Aunis centenaire


La robe est grenat translucide.


Le nez est élégant, sur les fruits noirs bien mûrs, le bois précieux et une touche de réglisse. Avec l'aération, des notes de ronce et de fleurs séchées surgissent.

La bouche est longiligne, parfaitement tendue sans tomber dans la raideur, avec une matière soyeuse, enrobante,  faussement légère. C'est profond, séveux, clairement émouvant.

La finale est d'une grande intensité tout en restant dans le registre de la finesse. Votre palais vibre à l'unisson du vin, avec de la minéralité et du fruit à foison. Jubilatoire. 

Honnêtement, je ne m'attendais pas à avoir autant de plaisir, car les 15 jours précédents ont été très riches en sensations œnologiques (8 millésimes du Clos de la Tour de Curon de Tissot, Trévallon, Grange des pères, Pétrus, Clos Saint Hune, Clos de la Roche, Cristal Roederer rosé, Fonsalette, Brézé de Rougeard ... et j'en oublie pas mal). Du coup, j'en viendrais presque à douter de mes sensations. Est-ce parce qu'ils sont si différents des vins bus durant la première quinzaine d'août que j'ai été aussi ému ? Va savoir... En même temps, Eric R les a également dégustés, et il a beaucoup apprécié. En tout cas, au prix où ils sont vendus, ça vaut le coup d'essayer ;-)

jeudi 16 août 2018

Dealer de schistes...


Nous avons accès à une plateforme qui nous propose une bonne partie des meilleurs vignerons du Roussillon. Eric R était à la recherche d'un Collioure plus abordable que ceux que nous proposions jusqu'à maintenant (ceux du domaine Augustin et de Traginer). Le domaine du Mas Blanc n'est pas vraiment un inconnu. Quand j'étais jeune – au début des années 90 –  c'était même LA référence régionale. Le bon docteur Parcé dirigeait alors le domaine. Son fils Jean-Michel a pris la suite depuis un bon bout de temps (pour vous y retrouver dans la famille Parcé, lire ICI). 

Cette cuvée Terres de schistes est issue des jeunes vignes plantées ... en 1997 – plus si jeunes que ça , donc. Elle assemble  60 % de  Grenache, 20 % de Syrah et 20 % de  Mourvèdre. 

La robe est grenat sombre translucide.

Le nez est fin, intense et profond, sur la crème de fruits noirs, la fumée, l'ardoise chaude, avec une touche garrigue/résineuse (ciste). 

La bouche allie ampleur et tension, déployant ,une matière soyeuse, enveloppante, gagnant progressivement en densité.L'ensemble est bien équilibré, et des plus digestes pour un vin au sud du sud.

 La finale est savoureuse et mâchue, avec un fruit bien présent souligné par moultes épices et une pointe de fumée.


mercredi 8 août 2018

Premières images de vendanges au Château Champ des Soeurs à Fitou sur TF1

Premiers coups de sécateurs pour le millésime 2018 au Chateau Champ des Soeurs pour le Muscat qui rentrera dans les Pépettes blanc 2018... et en images au JT de 13h de TF1 !
Vous y verrez Laurent Maynadier (en tee shirt bleu) et non le moustachu en rouge



Retrouvez les vins de Laurent grâce à l'URL ci-dessous

https://www.vins-etonnants.com/achat/marque.php?id=411

mercredi 1 août 2018

Albert réapparu !


Celui qui a deviné la référence littéraire du titre gagne ... une boîte de madeleines ! 

Plus sérieusement, la Vigne d'Albert, c'est la nouvelle génération de la Tour des Gendres qui s'est lancée dans le Vin nature avec la vigne complantée du grand-père il y a 50 ans. C'est un joyeux bazar où l'on trouve bien sûr les cépages "classiques" actuels (Merlot, Cabernets, Malbec), mais aussi du Fer, du Périgord et de l'Abouriou (classiques... autrefois). 

Dans la famille de Conti, on n'a pas vraiment une vision "punk à chien" de l'œnologie. Quand elle fait du vin sans soufre, elle fait cela le plus soigneusement possible pour éviter toute déviance. Le résultat est à la hauteur de ce travail minutieux : on est dans le zéro défaut ... mais pas zéro émotion. Le vin est intense, vibrant, et donne la banane sans en avoir le goût. 

La robe est pourpre sombre à peine translucide.

Le nez est au départ légèrement réduit, mais l'on perçoit tout de même des fruits noirs bien mûrs et des notes sanguines/ferreuses/poivrées.

La bouche est élancée, énergique, déployant une matière plus fine et soyeuse que les millésimes précédents (moins Bergerac style). Cela n'exclut pas la vigueur et l'intensité aromatique typiques de cette cuvée qui n'est pas destinée aux tièdes. Le sanguin/ferreux domine les fruits noirs rappelant en cela un peu Lo Sang del Païs (il y a du Mansois/fer  dans l'assemblage).

La finale est savoureuse, finement crayeuse, avec un retour des fruits noirs, une continuation du sanguin ferreux, et une prolongation sur le salin/poivré.

PS : c'est provisoirement mon dernier billet. Je pars comme chaque année en outre-Quiévrain pour une quinzaine de jours. Retour le 17 août.  Bonne vacances à tous !


mardi 31 juillet 2018

Ayez l'air Finot !


C'est au Salon Biotop Wines en janvier dernier qu'Eric R a découvert les vins de Thomas Finot. En passant devant le stand, il a aperçu Persan, Verdess. Il s'est dit : "ça, c'est pour nous !" Il a dégusté, donc, et a été séduit : des vins fins, précis, fidèles aux cépages, venant d'une région que la vigne a désertée il y a plus d'un siècle, le Grésivaudan (Isère). Thomas a démarré en 2008, alors que le secteur n'avait rien de tendance. Depuis 5-6 autres jeunes vignerons se sont installés, privilégiant les cépages locaux et la culture bio (lire ICI). 

Photo Spotweb
Si Thomas Finot est originaire de Crozes-Hermitage, il a bourlingué aux quatre coins du monde après ses études d'œnologie. Une très bonne école qui donnent souvent de bons résultats, comme l'ont montré Pierre Ménard, Nicolas Grosbois ou Laurent Barth... 





60 % Chardonnay, 30 % Pinot gris, 10 % Jacquère

La robe est dorée, brillante. 

Le nez est gourmand, sur les fruits blancs bien mûr et légèrement beurrés, le zeste de citron, des notes caillouteuses et une pointe de fenouil qui vous orienterait vers la Provence. 

La bouche est ronde, plutôt ample, avec une chair mûre, presque moelleuse au toucher, équilibrée par une fine et tonique acidité et un très léger perlant. L'équilibre funambuliste est des plus réussis. 

La finale est nette et élancée, avec une fine mâche et un retour des fruits blancs beurrés. Elle se prolonge sur les épices et des notes salines. 

Très bon rapport qualité/prix !



Griset 2017 (12.90 €)

100 % Pinot gris

La robe est jaune pâle, brillante.

Le nez est plutôt discret, sur le coing confit,  la pierre mouillée, la paille chaude. Puis le beurre  en train de grésiller, l'écorce d'agrume... 

La bouche est à la fois ample et élancée, vous tapissant tout le palais d'une matière douce et saline, caressante et troublante. C'est d'une élégance folle, tout en étant d'une sobriété absolue. Classe totale

En finale, tout cela se concentre dans un registre crayeux/salin, enrobé par un gras qui fond en bouche comme le Lardo di Colonnata. Là aussi, c'est hyper sobre. Et en même temps merveilleux. Quelle expérience !





 60 % Gamay, 20 % Pinot noir, 20 % Gamay

La robe est grenat sombre, à peine translucide. 

Le nez est expressif, sur les petits fruits rouges et noirs, le noyau de cerise,  et une pointe végétale (rafle ?) qui apporte peps et fraîcheur

La bouche est ronde, ample, avec une matière fine et soyeuse, pleine de fruit, et une énergie communicative. C'est d'une terrible buvabilité tout en ayant du fond (et de la forme). 

La finale est franche, épicée, salivante, avec un sacré goût de revienzy. Délicieux !



Pinot noir 2016 (12.90 €)


La robe est grenat translucide. 

Le nez est envoûtant, mêlant la cerise confite au bois précieux et à une palanquée d'épices. Du baroque parfaitement maîtrisé !

La bouche est très ample, aérienne, avec une matière qui est au départ d'une finesse irréelle pour gagner ensuite progressivement en densité. Des tannins apparaissent en effet en "deuxième moitié de bouche". 

La finale est encore serrée, légèrement asséchante, avec des tannins qui montrent leurs muscles. L'aromatique reprend celle du nez, entre cerise confite et boisé luxueux. Le temps réussira-t-il à harmoniser tout cela ? 




100 % Syrah

La robe est pourpre sombre translucide.

Le nez  est d'abord légèrement réduit, puis arrivent la crème de fruits noirs, la violette, le lard fumé, le poivre blanc. 

La bouche est sphérique, avec une matière soyeuse qui vous enveloppe le palais avec grâce. En même temps, il y a de la fraîcheur, de la gourmandise, tout en restant élégant – de la dentelle. La Syrah comme on aime !

La finale est finement crayeuse (Kaolin's touch), avec de la mûre mûre, du poivre, une petite touche viandée/fumée. C'est boooooon !



Persan 2015 (19.90 €)

La robe est grenat très sombre, à peine translucide. 

Le nez est réduit, avec du poivre et de la fumée qui dominent. Avec l'aération, les fruits noirs sauvages débarquent. 

La bouche est ronde, avec une chair (très) dense aux tannins civilisés et un fruit explosif. S'il y a un vin dont on peut dire "c'est d'la bombe", c'est celui-ci. Mais c'est pas que cela : ça pulse, c'est vibrant...Oserai-je minéral ? 

Minéral, il l'est assurément en finale, avec une mâche crayeuse de chez crayeuse, un fruit toujours aussi intense, et ça pulse, encore. Outch... 




Verdesse 2016 (16.90 €)

La robe est d'un or intense. 

Le nez est intense, lui aussi, sur l'angélique confite, la poire tapée, l'écorce d'orange les épices...

La bouche est élancée (fraîche) avec une matière dense et mûre (confite), qui trace... et trace encore. On ne sait pas trop où on habite, mais on s'y sent bien. 

La finale prolonge tout cela sans rupture, sans même donner l'impression de sucres résiduels alors qu'il doit y en avoir. C'est intense, frais, très bien équilibré, avec des épices, des fruits confits et zéro lourdeur. Impressionnant !