vendredi 13 juillet 2018

Quatre cuvées de Chardonnay signées Ganevat


Nous les attendions avec une certains impatience, car nous avions eu l'occasion de les déguster avant leur mise en bouteille : voici les Chardonnay 2015 "négoce" de Jean-François Ganevat. À ceux qui pourrait faire la moue en lisant "négoce", je dirais que :

- les raisins ont été achetés chez des vignerons reconnus. Ils sont issus de vignes âgées de 30 à 80 ans situées sur de grands terroirs jurassiens. 

- contrairement aux rouges "négoce", nous ne sommes pas sur des mélanges improbables de divers cépages provenant de plusieurs régions. Tous les vins sont 100 % Chardonnay et sont en AOP Côtes du Jura

- même si les différentes sont sans sulfites ajoutés – comme toutes les cuvées "domaine" de JF Ganevat – elles n'ont pas un profil "nature" si ce n'est un peu de gaz carbonique. Il n'est pas franchement dérangeant, même si c'est meilleur sans, et s'élimine facilement. 

- elles ont été élevées 30 mois sur lies fines – en barriques ou en cuve bois – ce qui n'est pas des plus courants dans le Jura... hormis chez Ganevat !

- les étiquettes sont celles du père d'Anne et Jean-François : classiques ...  mais faciles à poser sur une table ;-)

Je savais qu'il y avait un joli niveau ... mais j'ai eu un vrai choc à la dégustation ! Précisons que j'ai viré l'essentiel du gaz à l'ouverture, mais ça m'a pris 5 mn, pas 3 heures comme parfois. 


La Gravière 2015 (28.90 €)

Vignes de 60 ans sur marnes grises du Lias et marnes irisées

La robe est jaune paille, brillante.

Le nez est expressif, sur les fruits blancs mûrs légèrement beurrés et relevés de zeste d'agrume (mandarine plus que citron). Et un côté frais, crayeux.

La bouche est longiligne, tendue par une acidité traçante, inflexible qui se prolonge au-delà même de la finale. Elle est enrobée par une matière ronde, charnue, dominée par la pomme fraîche et la pulpe de citron.

La finale est tonique, dans un noble registre Triple A (Acidité, Amertume et Astringence) mêlant le coing, l'écorce de pomelo et la craie. C'est cette dernière, légèrement citronnée qui finit par l'emporter.


Les cèdres 2015 (28.90 €)

Vignes de 80 ans sur marno-calcaire

La robe est jaune paille, brillante.

Le nez est plutôt discret, dans un style réduit bourguignon (beurre/grillé/agrume confit). Avec l'aération, on part sur la pêche blanche, la pomme chaude et le yuzu.

La bouche est ronde, très ample, déployant une matière dense et mûre, fraîche, qui vous emplit tout le palais. Elle dégage une grande fraîcheur sans qu'il y ait besoin de la moindre acidité qui saille. L'équilibre général est superbe, dégageant une rare harmonie.

La finale est intense, avec une amertume coing/pomelo/quinquina  qui rappelle le chenin et une mâche tannique qui vous emmène à Corton-Charlemagne. Superbe.




La Pélerine 2015 (27.90 €)

Vignes de 1948 sur des marnes du Lias

La robe est or pâle, brillante.

Le nez est assez cochedurien, sur le sésame grillé, le pétard et  la poire mûre.

La bouche est élancée, avec une matière mûre, dense, au toucher moelleux, équilibrée par une fraîcheur revigorante. L'ensemble est aérien, digeste et classieux.

La finale est raccord, très finement mâchue,  avec une dominante du citron confit/beurré (=lemon curd) puis une rétro saline/crayeuse. Superbe bis.



Champs poids 2015 (27.90 €)

Vignes plantées en 1986 sur calcaire du Bajocien

La robe est jaune paille, brillante.

Le nez est très expressif, sur les fruits blancs et jaunes bien mûrs, le beurre noisette et les épices. Et puis la craie humide qui équilibre.

La bouche est ample, aérienne, enveloppante, qui vous envahit le palais et l'âme d'une matière mûre, gourmande, légèrement crayeuse et citronnée. L'ensemble allie classe et harmonie.

La finale est très expressive, avec du citron confit, de la craie, de la chair de pomelo. Purement jouissif !





jeudi 12 juillet 2018

Gourgonnier : oh, le Baux rosé !


Jusqu'à maintenant, nous n'avions pas référencé le Baux de Provence rosé du Mas de Gourgonnier. C'était une erreur, car il s'écarte totalement du rosé classique que les amateurs ont souvent bien raison de boycotter. Sans être aussi barré que le Tuilé de Saint-Jeannet, on est tout de même dans l'OVNI cher à Vins étonnants. Peut-être est-ce dû à son assemblage qui sort de l'ordinaire (Grenache, Syrah, Cinsault, Carignan, Mourvèdre et Cabernet Sauvignon) ? Peut-être à sa vinification (saignée  légère) ? Ou à son élevage en vieux foudres ?  En tout cas, voilà un vin qui vous fera aimer (enfin !) le rosé. 

La robe est "oeil de perdrix" (ou "grise", comme on dit des vins marocains).

Le nez est frais et expressif, sur des notes de pomelo rose, de sucre d'orge, de fleur séchée et d'épices.

La bouche est longiligne, tendue, avec une acidité totalement enrobée par une matière dense, vineuse, dotée d'un étonnant gras qui vous tapisse le palais. L'aromatique petits fruits rouges/minérale/ fumée m'évoque un blanc de noir champenois qui aurait perdu ses bulles.

La finale prolonge les sensations sans la moindre rupture : on retrouve la tension, le gras, l'aromatique. Puis apparaissent de beaux et toniques amers (écorce d'agrume) qui vous refont le palais en une fraction de seconde et donnent envie de se resservir immédiatement.


mercredi 11 juillet 2018

Quand j'pense à Fernand, je b...


... je biche, bien entendu !

Ce n'est pas si souvent qu'un vigneron dédie deux cuvées  à un confrère disparu. Le premier est Marc Parcé, le second Fernand Vaquer. Fernand II, devrais-je préciser, fils de Fernand 1er , créateur du Domaine Vaquer et grand joueur de rugby. Fernand Vaquer, donc, fut parmi les premiers vignerons du Roussillon à mettre son vin rouge en bouteilles. Car jusqu'alors, seul les vins mutés étaient jugés assez bons pour être commercialisés à la propriété. L'appellation Côtes du Roussillon n'a été reconnue par l'Inao qu'en 1977. Ses étiquettes portaient la mention VDQS "Roussillon dels Aspres" (créée en 1951). Mais surtout, il a soutenu les deux cépages traditionnels, le Carignan et le Maccabeu à une époque où l'on jugeait nécessaire de les "améliorer" avec la Syrah, la Roussanne ou la Marsanne. 

Comme l'écrit Marc Parcé,   "il y a rarement de « mauvais » cépages mais simplement une inadéquation entre le cépage, le terroir et le vigneron" (c'est bien trouvé, ça !). 

Le hasard fait bien les choses : nous venons de faire rentrer des cuvées vinifiées par Fernand Vaquer dans les années 80 (disponibles ICI). Pur Maccabeu pour les blancs, Carignan très majoritaire pour les rouges. Plus de 30 ans après leur mise en bouteille, on se rend compte qu'ils ont encore de très belles choses à dire – certainement plus que dans leur jeunesse, même. 

Après avoir dégusté ces deux cuvées "modestes" dédiées à Fernand, je me demande si à leur tour elles ne pourront pas tenir 30-40 ans. Car même si elles sont d'un abord facile et  ne sont pas des plus démonstratives, on sent qu'elles ne sont pas dénuées de fond et que le temps pourrait leur apporter une dimension supplémentaire. En tout cas, cela ne coûte pas trop cher de faire le test... 




100 % Maccabeu

La robe est or pâle, brillante.

Le nez est fin et complexe, mêlant le zeste d'agrume (oranger), le floral, le pierreux (ardoise chaude) et même le marin (embruns).

La bouche est ronde et ample, vous envahissant le palais d'une matière aérienne et intense – généreuse et "caillouteuse". L'équilibre est remarquable, très loin de l'archétype "vin blanc du sud".

La finale a une mâche bien crayeuse, finement citronnée y compris dans les amers de l'écorce, se prolongeant sur le salin. 'tain, que c'est bon  !




100 % Carignan

La robe est grenat sombre translucide, avec une pointe violacée.

Le nez est fin, gourmand, sur la  confiture de fruits noirs en train de mijoter, avec une touche d'épices douces et une pincée de benjoin.

La bouche est toute aussi fine, élancée, gagnant vite en ampleur : elle déploie alors une matière soyeuse dans un premier temps, un peu plus rustique dans un second, tout en restant souple et fruitée/épicée. L'ensemble dégage un charme des plus irrésistibles, non par sa beauté formelle, mais plutôt par la nostalgie qu'il génère :  on a cette sensation de boire un vin intemporel, en dehors des modes qui passent et trépassent.

La finale est finement mâchue  – avec cette accroche canaille – mêlant les fruits compotés, les notes ferreuses/sanguines et le cuir, et se prolonge sur les épices et la violette. Persiste cette impression de boire un p'tit vin qui délivre un grand message. C'est indicible, mais sacrément buvable 


mardi 10 juillet 2018

4 Pesnot en pleine coupe du monde !


Une palette de la Sénéchalière vient d'arriver par camion frigorifique. C'est plus prudent étant donné les températures actuelles, d'autant que les vins sont très peu sulfités. J'avais eu l'occasion de goûter ces cuvées à la Dive en février dernier. Mais entre temps, l'élevage sur lies s'est poursuivi. Puis les vins ont été mis en bouteilles. Il me paraissait plus professionnel de les déguster à nouveau, et si possible les 4 d'affilée, histoire d'avoir une vue d'ensemble. 

Trois sont issus du même cépage : le Melon de B... comme écrit Marc sur ses bouteilles (comme ils sont en vin de France, il est interdit de mentionner une AOP sur l'étiquette). La folle blanche, elle, est issue ... de vieilles vignes de Folle blanche (appelée Gros plant en Muscadet). Et vraiment vieilles : pas moins de 90 ans, même s'il y a bien sûr un peu de complantation.







La robe est jaune pâle, brillante, aux reflets verts./


Le nez est fin, profond, sur la pomme fraîche, la pulpe de citron et la pierre humide.

La bouche est des plus élancées,  avec une matière alliant fluidité aérienne et densité, douceur et minéralité. On est dans le "jus de cailloux" dans une version élégante/racée (le double effet schiste + vieilles vignes). 

La finale est marquée par l'écorce d'agrume (mix subtilement dosé d'amertume et d'astringence), se poursuivant sur des notes crayeuses à la vertu dessoiffante. 



La robe est proche, avec des reflets plus argentés. 

Le nez fait plus "nature", avec des notes de cidre et une pointe d'acidité volatile . Il faut dire que la mise est toute récente: le vin est encore chamboulé... 

La bouche est ronde, ample, harmonieuse, avec une matière souple et fraîche qui vous envahit le palais. Le tout est tendu par un fil acide quasi invisible et un très léger perlant. 

La finale est tonique, avec des amers bien présents (sans qu'ils soient oppressants) prolongé par des épices et une légère astringence. 


Miss Terre 2017 (14.90 €)

La robe est très proche. 

Le nez est plus mûr (pomme rôtie au beurre) et plus épicé.

La bouche est élancée comme la folle blanche, mais avec une matière plus riche, plus dense, plus charnue, tout en gardant une belle douceur tactile. L'équilibre général est superbe. 

La finale est ample, généreuse, avec une belle énergie. De la pure beauté liquide, avec des amers superbes et une pointe d'épices. Que c'est bon !...


13ème heure 2017 (26.50 €)

La robe est d'un doré intense, plus proche d'un liquoreux que d'un blanc sec. 

Le nez est mûr et concentré, sur les fruits blancs séchés (pomme et poires tapé·e·s) et les épices douces. 

La bouche est ronde, très ample, avec une matière dense et douce, presque voluptueuse, tout en gardant un bel équilibre. Le Melon de Bourgogne comme vous ne l'avez jamais bu ! Un léger filet de gaz apporte le tonus et la fraîcheur nécessaires.

La finale a un relief hors norme, avec des amers magnifiques, des notes salines, une foison d'épices. C'est à la fois baroque et profondément minéral. Hénaurme !

lundi 9 juillet 2018

Bergecrac : le plus glouglou des Bergerac !


Lors de mon passage au domaine en mai dernier, Vincent Alexis m'avait fait déguster les deux lots qui allaient être assemblés pour produire ce Bergecrac 2017. Chacun était prometteur – l'un apportant plus le fruit, l'autre la tonicité – et je me doutais qu'on allait se régaler. Restait à savoir si le vin allait faire la "maladie de la bouteille". À savoir être renfrogné durant 2-3 mois. C'est pour cela que je l'ai dégusté à peine arrivé, histoire d'indiquer si nécessaire de ne le boire qu'à partir de septembre prochain. Eh bien, pas du tout : il se boit déjà TRÈS BIEN maintenant. Je ne vois même pas comment il pourrait être meilleur plus tard. 

La robe est grenat sombre translucide. 

Le nez est fin, frais, sur les fruits noirs sauvages, le poivre et la feuille de cassis.  La bouche est ronde, ample, pleine de fruit, déroulant une matière souple, gourmande, avec un très léger perlant qui accentue la fraîcheur. Le tout est mené avec une énergie assez irrésistible. 

La finale dévoile une fine mâche canaille, entre fruits noirs et épices, et se prolonge sur le cassis légèrement poivré. Miam !

C'est en bio, non sulfité, et ça ne coûte que 7.70 € !!! 





vendredi 6 juillet 2018

100 % Slovenie


Il y a une quinzaine d'années, j'ai rencontré le même jour Eric Reppert et Jérôme Pérez grâce aux LPViades organisées par Philippe Rapiteau. (devenues ensuite les REncontres VEndéenne du VIN). Le site Vins étonnants et le forum La passion du vin sortaient alors tout juste de leurs langes. Depuis, ils ont fait beaucoup de chemin !... 

Entre temps, j'ai été embauché à Vins étonnants, et plus récemment, Jérôme est devenu vigneron en Slovénie à Jeruzalem (vous pourrez lire ICI toute l'aventure du Clos Veličane). Cela lui a donné l'occasion de boire des vins de ses confrères, non distribués en France. Il m'a demandé il y a quelques si cela pouvait intéresser Vins étonnants. Nous lui avons répondu par l'affirmative. Il nous alors envoyé des échantillons que nous avons dégustés avec curiosité. Nous en avons retenu la plupart. Avec de vrais coups de coeur, comme le Furmint Puklavek, le Riesling de Samo ou le Tempus rosé. 

Depuis quelques jours, ils sont parmi nous : faites-leur le meilleur accueil !





100 % Furmint

La robe est jaune très pâle. 

Le nez est très caillouteux » vivifié par une pointe de citron (à l’aveugle, on partirait sur Chablis ou Muscadet). 

La bouche allie ampleur et tension, avec une matière douce, aérienne, enveloppante, distillant des saveurs minérales/salines. C’est sobre, pur, élégant, dans un style cistercien (le vieillissement apportera probablement plus de complexité). 

La finale est intense, avec une mâche finement crayeuse et le retour du duo citron/caillou. Le tout est prolongé par une fine acidité pénétrante – doublée d’une subtile amertume – qui marque le dégustateur.




100 % Welschriesling

La robe est jaune paille, brillante.

Le nez fait très Roussanne, sur les fruits jaunes confits, le miel.

La bouche réussit à être mûre et fraîche, avec ce qu’il faut de tension. C’est charnu, intense, subtilement amer.

L’amertume se prolonge en finale sans jamais devenir pénible. Au contraire, elle évite de tomber dans lourdeur car on sent que c’est riche, bien mûr, épicé, avec toujours ces notes de fruits jaunes et de melon.




Riesling Aldebaran 2017, Vino Kupljen (13.50 €)

100 % Riesling

La robe est or pâle, brillante, avec de fines bulles qui s'évanouissent très rapidement.

Le nez est riche, exotique, sur l'ananas, la pêche rôtie, la citronnelle, avec un subtil arrière-fond épicé/beurré/vanillé. .

La bouche allie ampleur et tension, avec une fine acidité qui l'étire –  renforcée par un rafraîchissant perlant –   et une matière mûre, généreuse, enveloppante, à l'aromatique fruitée/épicée intense. Le tout est très bien équilibré, gourmand et tonique.

Cette tonicité gagne encore en force en finale, avec des superbes amers – écorce de mandarine, bigarade – qui épousent la citronnelle, le gingembre et le quinquina. Ça envoie fort, mais ça envoie bon !


Pinot Grigio n°3 2017 Puklavec (13.50 €)

100 % Pinot gris

La robe est d'un impressionnant or rose, avec là aussi de fines bulles qui disparaissent  rapidement.

Le nez est fin et intense, sur la liqueur de pêche/abricots, la poire confite, une légère fumée, le tout rafraîchi par des notes de bonbon acidulé. 

La bouche est élancée, plus tendue par un léger perlant que par l'acidité, avec une matière ronde, mûre, gourmande, et un fruit frais et croquant. On retrouve aussi la fumée en arrière-plan, signature du cépage. L'ensemble dégage une tonicité harmonieuse. 

Cette dernière se poursuit en finale avec toujours cette "tension perlante" soulignée par de nobles amers (orange confite) et une fine astringence, se prolongeant sur le pomelo rose et des notes crayeuses. Un pinot gris vraiment étonnant !



100 % Furmint

La robe est d’un or intense.

Le nez est très beau, sur la poire, le miel et une profondeur minérale.

La bouche est ronde, charnue, dense, presque onctueuse, avec une grande fraîcheur et une sacrée tension. 

La finale classieuse est légèrement mâchue, avec de nobles amers (écorce d'agrume) et des épices. Excellent !



Tempus rosé brut (18.00 €)

100 % Blaufränkisch

La robe est pétale de rose saumonée avec un fin cordon de bulles.

Le nez est interpellant, sur la rose, les petits fruits rouges, les épices.

La bouche est à la fois ronde et tendue, avec une matière fraîche, fruitée, gourmande, des bulles fines, toniques, appétante (éclatantes !) et ce qu’il faut de vinosité. Le tout est très bien équilibré.

La finale est nette, délicieusement astringente, avec toujours du fruit et de la vinosité. Juste dosage. Très bien !

jeudi 5 juillet 2018

Match de poules !


L'effet millésime sur les vins rouges de la Pépière est particulièrement marqué. Il faut dire que nous sommes en "zone limite" en terme de maturité. La moindre variation du climat estival aura un impact sur la qualité finale des vins . Le Côt et le Cabernet-Franc réagissent différemment.  Une année, le premier s'en sort mieux. Une autre année, c'est le second qui tire les marrons du feu. 

D'où l'utilité de les goûter lorsque nous les recevons au printemps suivant. Sur le millésime 2015, le Cabernet Franc se goûtait mieux (mais le Côt avait un joli potentiel). Sur le 2016, le Côt se montrait plus abordable que son "adversaire du jour". Et en 2017, donc ? Nous allons le voir maintenant... 





La robe est violacée translucide, très légèrement trouble.

Le nez a du peps, dominé par le cassis frais, complété par la feuille de cassis. Un peu de poivre blanc, aussi.

La bouche est ronde, ample, soyeuse, soutenue par une acidité tonique (mais pas agressive). Le fruit est éclatant et gourmand, avec la petite touche végétale qui apporte de la fraîcheur et de la profondeur.

La finale est finement mâchue, avec toujours ce mix cassis fruit & feuille qui se prolonge sur touche amère/épicée.



La Pépie Côt 2017 (7.20 €)

La robe translucide est entre le grenat et le pourpre.

Le nez est plutôt discret, sur le bonbon aux  fruits noirs, avec quelques épices.

La bouche se montre d'abord bien perlante, nécessitant un secouage dynamique et renouvelé. Une fois dégazée, elle est élancée, avec une tension bien marquée reposant plus sur l'amertume que l'acidité  – rarement rencontré cela – et une matière souple au fruit plus épicé que la cuvée précédente.

La finale poursuit dans la souplesse, mais aussi dans l'amertume : celle-ci se renforce sans jamais être agressive et se prolonge assez longuement, complétée par les fruits noirs et les épices.

PS : deux jours après ouverture, le vin a gagné en rondeur et en harmonie, avec une amertume moins présente et mieux fondue. Si vous voulez boire ce vin le jour même, un bon carafage énergique est indispensable ! 

mercredi 4 juillet 2018

Pourquoi faire sans blanc ?


L'étiquette, très graphique et sacrément bien foutue, raconte à peu près tout :  "le gel d'avril avait vendangé notre parcelle de Viognier. Notre plantation de Chenin sur terroir granitique n'était encore qu'un projet. Cette année, il fallait donc se résigner à ne pas vinifier de blanc. Sur les routes de France, guidés par des amis vignerons, nous avons découvert un terroir d'altitude au coeur d'un paysage magnifique. Là était notre Chenin. Alors, pourquoi faire sans blanc ? "

Il reste à ajouter quelques détail : le domaine Sérol a planté au printemps dernier du Chenin en IGP d'Urfé. Il n'est donc pas encore productif. L'équipe du domaine, suivant l'exemple de François Chidaine (Vouvray) est partie jusqu'à Limoux pour vendanger de beaux Chenins d’altitude. Les raisins ont été pressés sur place et les jus ont été rapatriés en camion frigorifique  jusqu’au domaine pour être vinifiés.

La robe est or pâle, brillante.

Le nez est fin et mûr, sur la poire, la fleur de tilleul et une légère touche beurrée/grillée, assez chardo style.

La bouche est tendue, élancée, avec une  fine acidité traçante généreusement enveloppée par une matière ronde, à la chair dense et mûre – juste comme il faut. Les fruits blancs dominent, complétés par de la noisette fraîche.

La finale déroule une mâche bien crayeuse, affirmée, mêlant la pomme beurrée à de nobles amers, rappelant bien le Chenin.

Alors, pourquoi faire sans ce blanc ?


mardi 3 juillet 2018

Lilac Wine : c'est une toute autre chanson !


J'étais pour le moins partagé sur le premier millésime de Lilac Wine. D'un côté, j'étais ravi de trouver du Mourvèdre en Roussillon car j'adore ce cépage qui possède une belle fraîcheur naturelle. Mais de l'autre, je trouvais l'élevage bois un peu trop appuyé (et à mon goût, fatigant). Nous venons de recevoir le millésime 2017. Par précaution, je regarde sur le site de Jeff Carrel s'il y a eu des modifications dans l'assemblage. Effectivement, il n'y a plus de Mourvèdre, pas plus que de Grenache. Nous sommes sur 35 % de Carignan (50 ans et +)  25 % de Grenache et 40 % de Syrah. Et un élevage en cuve. Bref, c'est une toute autre chanson.

Il me fallait donc réviser mon jugement, car toute ma description sur le site ne tenait plus. Et donc, dès 10h30 du matin, j'en ai ouvert une bouteille. Bonne pioche !

La robe est pourpre sombre, difficilement translucide. 

Le nez est envoûtant, évoquant un parfum : fleurs un peu doucereuses/vénéneuses, ambre, encens et épices douces...

La bouche allie ampleur et tension, avec une très fine acidité qui étire/dynamise le vin, et une matière veloutée et généreuse qui vous tapisse le palais. L'ensemble est remarquablement équilibré pour un vin à 15 % d'alcool, avec un fruit croquant sur un fond  floral et épicé. 

La finale dévoile une mâche gourmande, savoureuse, avec un fruit plus ensoleillé, et des notes minérales d'ardoise chaude qui persistent longuement en bouche.

C'est sacrément bon, avec un équilibre vraiment impressionnant. Le rapport qualité/prix est juste excellent (10.50 € !)


lundi 2 juillet 2018

L'Ancestrale de Mauzac by Denois


Si Jean-Louis Denois a déjà produit du Crémant de Limoux à plusieurs reprises – comme Bulles d'Argile – il ne s'était pas encore attaqué à la fameuse Blanquette. Il y a deux deux différences de taille entre ces deux appellations : 

- tout d'abord l'encépagement : alors que le Crémant peut contenir du Chardonnay, du Chenin, du Pinot noir et du Mauzac, la Blanquette contient de  ... la Blanquette (à savoir du Mauzac )

- ensuite la vinification : le Crémant est une méthode traditionnelle appelée autrefois Champenoise. Il faut d'abord produire un vin blanc sec auquel on rajoute du sucre et des levure avant de le mettre en bouteille pour la prise de mousse. Après un repos "sur lattes", il est dégorgé afin d'éliminer les lies. On en profite pour éventuellement ajouter un peu de sucre (dosage). La Blanquette est une méthode ancestrale. Le vinificateur stoppe par le froid la fermentation avant qu'elle ne soit achevée, puis met le moût en bouteille lors de la vieille lune de mars. Dès que le contenu se réchauffe, la fermentation redémarre, créant l'effervescence. *

Souvent les Blanquettes, comme les Clairettes de Die ou les Cerdons du Bugey sont peu alcoolisé(e)s (6 °) et contiennent des sucres résiduels. Pour cette cuvée, Jean-Louis Denois a stoppé la fermentation originelle à environ 10 ° , avec un résultat final à 11.5 °, totalement sec. 

Comme Jean-Louis Denois n'a quasiment pas de Mauzac sur sa propriété, il a acheté les raisins chez des producteurs voisins. Aucun sulfite n'a été utilisé, y compris à la mise en bouteille, ce qui fait qu'il n'y a aucun SO2 mesurable. Il n'y a bien sûr aucun dosage. On est donc sur un Brut Nature dans les deux sens du terme. 

La robe est jaune pâle, brillante parsemée de fines bulles éparses.

Le nez est charmeur, sur le beurre aux agrumes, les fleurs blanches, la noisette fraîche et la craie humide. 

La bouche est une véritable expérience œnologique qu'il est difficile de relater : on ne sait pas trop par où commencer tant les événements sont simultanés. Il y a une explosion de fraîcheur avec les bulles qui éclatent de partout. Il y a de la tension, de l'ampleur, de la largeur, de la sobriété et de la générosité. C'est un torrent pyrénéen au printemps qui vous dévale dans le gosier. C'est caillouteux à donf, juste relevé par le citron (pulpe et zeste). 

Ce dernier se ressent encore plus dans une finale amère/astringente – tu mords dans le fruit  ! – qui ravira les amateurs de Brut Nature. C'est super crayeux, délicieusement décapant, avec ce citron qui persiste longuement et vous laisse une sensation ultra-fraîche en bouche. Perso, je suis big fan, mais à réserver à ceux qui ne supportent plus les bulles trop dosées. Le prix est lui aussi TOP : 9.90 € !

___________________________

* Je vous l'ai fait simple : il existe aussi une Blanquette "méthode traditionnelle" qui contient au minimum 90 % de Mauzac, complétée éventuellement de Chardonnay et/ou de Chenin. Elle est donc faite comme un Crémant, si ce n'est qu'elle contient plus de Blanquette. 


vendredi 29 juin 2018

Une soirée en Provence


Pour la dernière soirée avant les vacances, le "Club Vins étonnants " avait choisi pour thème la Provence, histoire d'entendre chan'ter  les cigales à Limoges. Le restaurant La Muse Bouche nous avait préparé un menu ensoleillé pour l'accompagner. 


Nous démarrons par une série de mises en bouche. D'abord une chouquette aux anchois de St Jean de Luz (oui, bon, c'est pas la Provence, Saint-Jean de Luz, mais ça sent les vacances !). Deux vins blancs s'affrontent : un Côtes de Provence  Clos de la Procure 2015 (100 % Ugni blanc) Vs un Lubéron Château Fontvert 2016 (50 % Grenache blanc, 50 % Rolle). 


Foie gras & marmelade d'olives vertes

Le Lubéron, même s'il est le plus jeune des deux, est plus prêt à être bu (même si je pense qu'il sera encore meilleur dans 3-5 ans). Il est d'une grande intensité gustative, élancé, tonique, séveux, sur une aromatique provençale : amande, fenouil, herbes, fines notes fumées/grillées. 


Le brouillé d’asperge et fenouil à l’aigre-douce

Le Côtes de Provence est plus en rondeur, plus mûr, avec un élevage en barrique qui laisse plus son empreinte. L'Ugni blanc n'a pas une aromatique très expressive en jeunesse. Par contre, je n'ai pas de doute que dans quelques années, le vin se complexifiera et gagnera en profondeur. C'est un vin à encaver et à attendre au moins 5 ans. 


La terrine maison pour ceusses qui avaient encore faim

Le plus bel accord se faisait avec le brouillé, probablement grâce à l'asperge et au fenouil (parce que l'œuf et le vin, c'est pas ça...) : le Fontvert gagnait  en intensité et devenait vraiment superbe. Quel vin !


Le pain perdu aux 2 tomates façon Lautrec

Avec l'entrée (délicieuse et appropriée), un seul vin : le Baux de Provence rosé du Mas de Gourgonnier, une nouveauté dont je dois vous parler prochainement. Issu d'une saignée courte de 6 cépages rouges, il allie douceur et vinosité, avec juste ce qu'il faut d'épices. Le plat le densifie et lui apporte plus de punch. Un dialogue très sympa  s'installe entre les deux partenaires. On sent qu'ils ont du plaisir à bosser ensemble. Et nous avec. 


La marinade d’araignée de cochon à l’Espelette son risotto à la lavande et ses légumes braisés

Lorsque j'avais lu "risotto à la lavande", j'étais à la fois curieux et perplexe. Je n'aurais pas osé mettre de la lavande dans un plat salé. La première bouchée surprend, car ça goûte vraiment la lavande, mais en fait, on s'y habitue très rapidement et on se régale !

Pour l'accompagner, un nouveau duo ... de rouges : un Baux de Provence Réserve du Mas 2013 du Mas de Gourgonnier (Grenache/Syrah/Cabernet Sauvignon) Vs un Lubéron Château Fontvert 2016 (Syrah Grenache et Mourvèdre). Vous allez me trouver très Lubérophile, mais là encore, j'ai préféré le Fontvert à son adversaire : plus de niaque, de tension, d'intensité (j'en parle plus longuement ICI). Mais le Baux n'a pas démérité : il avait pour lui la complexité et la douceur en bouche, et un véritable charme. C'est juste que l'autre était trop fort ce soir-là. 


Fromages de chèvre du Pic :  rouelles (cendrée et nature), tommette et Lou Pennol

Avec les fromages, un seul rosé ... mais quel rosé ! Le tuilé de Saint-Jeannet dont je parlais il y a quelques jours. Vieilli durant 6-8 mois en bonbonnes de verres en plein soleil, il se madérise dans le bon sens du terme. Je me suis permis de le servir à température ambiante, histoire de profiter de son aromatique complexe/baroque et de sa douceur tactile. Contrairement à un Madère ou à un Banyuls ambré, on ne sentait pas du tout l'alcool (seulement 12.5 %). Un pur régal que l'on peut boire avec des fromages ou des plats épicés, mais aussi seul comme "vin de méditation". 


Les fameuses profiteroles au caramel beurre-salé

Allez, le terme fameuses n'est pas extorqué : c'est vrai qu'elles étaient très bonnes, ces profiteroles. D'autant que la glace dont elles étaient garnies permettait de profiter pleinement du Rasteau Ambré 2009 du Coteaux des Travers. L'alcool (17.5 % cette fois-ci) était équilibré par le froid. On pouvait donc jouir de l'accord avec le caramel au beurre salé. Jouissif !

Merci à toute l'équipe de la Muse Bouche. On reviendra en septembre !

jeudi 28 juin 2018

Gaure : le Chardonnay ... donné !


Le Chardonnay, tout le monde aime ça même s'il n'ose pas l'admettre – il est plus chic de lui préférer le Chenin et le Riesling (ce qui est mon cas, j'avoue). Mais souvent, un bon Chardonnay ... c'est pas donné. Je vous avais parlé de ce Chardonnay de Gaure l'année dernière qui a toutes les qualités de ce cépage, sauf le prix. Il nous revient depuis quelques jours sous le millésime 2017 : pour être tout à fait honnête, je lui préférais le 2016 qui était sur un registre un peu moins mûr. Dans l'esprit, celui-ci fait plus Mâconnais que Côtes de Beaune. Mais tout de même, c'est vraiment très bon, bien équilibré, et donne une image fidèle du Chardonnay. Et puis ... c'est donné, car il ne coûte "que" 10.90 €, ce qui ne me semble pas cher au vu de ses qualités.

La robe est jaune paille intense, brillante. 

Le nez est expressif, sur la poire au sirop, la pomme rôtie au beurre, la brioche qui sort du four..  Y a pas, c'est du Chardo !

La bouche est ronde, ample, mûre, avec une matière à la chair dense, veloutée, et une fine acidité en arrière-plan qui étire l'ensemble et apporte de la fraîcheur. 

Celle-ci passe au premier plan en finale, soulignée par de nobles amers (bigarade) et des notes grillées dues à l'élevage. Les fruits blancs mûrs sont discrètement de retour. Le tout persiste sur un trio acide/amer/grillé agréablement dérangeant. 


mercredi 27 juin 2018

Visite au domaine Tripoz



Je vous ai déjà raconté ICI mon après-midi du 25 mai. Voici donc le matin, passé au domaine Tripoz à Loché. Le nom de ce village est connu grâce aux appellations Pouilly-Loché et Mâcon-Loché, mais il est en fait tout petit (300 habitants). Tous les deux natifs de Loché, Laurent et Céline se connaissent depuis leur enfance et ont très vite su qu'ils construiraient leur vie ensemble. 


Fils de métayers, Laurent a fait une formation d'ébéniste (c'est lui qui a fabriqué le meuble ci-dessus). Mais il est difficile de résister à l'appel de la vigne lorsque celle-ci vous cerne. Il commence à planter une parcelle en 1987 qu'il commence à récolter en 1990 ... et à vinifier, contrairement à la plupart de ses voisins qui vendent leur vendange à la cave locale. Petit à petit, le mini-domaine s'agrandit. Céline abandonne son travail dans la formation continue en 1996 pour venir épauler son époux. En 1999, ils commencent à élaborer leurs crémants, au lieu de le confier à une maison spécialisée.  En 2001, le couple fait la pari de la biodynamie, alors que ce n'est pas encore hyper-tendance. Ils obtiennent rapidement des raisins de meilleure qualité qu'il est beaucoup plus facile à vinifier au chai. 


Juste en face de leur maison, il y avait une grande grange qui était à vendre. Céline et Laurent l'ont achetée et en ont fait leur hangar technique (et accessoirement atelier de menuiserie de Laurent). La superficie du vignoble  ne nécessiterait pas trois enjambeurs. En fait, chacun est spécialisé dans une tâche : un pour les traitements, un autre pour le travail du sol, un troisième pour le rognage. Cela évite d'installer et désinstaller les différents équipements au gré des besoins. Plus de temps et moins de stress. 



Ceci est la chaudière qui sert à préparer les tisanes ou les décoctions de plantes : ortie, prêle, valériane, etc... Elles sont ensuite transférées dans le dynamiseur en cuivre situé à quelques mètres et mélangées avec le cuivre ou le soufre, avant de remplir le pulvériseur par gravité. 


Les gyropalettes qui servent à remuer les crémants. On peut faire tourner 500 bouteilles dans le même temps qu'une seule sur un pupitre à l'ancienne. Le but est de passer progressivement les bouteilles de l'horizontale à la verticale afin de pouvoir expulser la lie lors du dégorgement. 


La majeure partie des vignes est à proximité du domaine. Nous sommes ici dans une parcelle de jeunes Chardonnay qui vont pour l'instant dans le Crémant. A quelques mètres, il y a les Pinots noirs du Chant de la Tour


De l'autre côté du chemin, la parcelle de Chardonnay qui donne naissance au Bourgogne Les Chênes. C'est la plus ancienne vigne  du domaine et appartenait à la mère de Céline. Elle n'a pas vu de traitement chimique depuis presque 50 ans. 


Entre la maison des Tripoz et les vignes, nous nous  arrêtons dans une très belle maison appartenant à la famille de Céline.


Au sous-sol de celle-ci, je découvre le chai à barriques : environ un quart de la production du domaine est élevé ici. Le reste se fait au cuvier de la propriété. 


Nous y voilà, tiens :-)


Le pressoir pneumatique qui permet d'obtenir des jus clairs tout en douceur.


Discuter et marcher, ça donne soif ! Si on dégustait, maintenant ? 

Fleur d'Aligoté : nez frais, citronné, avec une touche d'embruns (les coquillages ci-dessous ?). La bouche est fraîche, pure, éclatante, avec des bulles très fines. Finale tonique et gourmande. Miam !

Crémant de Bourgogne : nez sur la pomme et la noisette fraîches. Bouche longue, fine, tapissante, avec des bulles frétillantes. Finale plus crayeuse, très Brut Nature !

Crémant de Bourgogne Prestige (2014) : nez sur des notes pâtissières, les fruits secs grillés. Bouche ample, majestueuse, au toucher moelleux, avec des bulles fines et éclatantes. Finale subtilement amère sur le coing et les fruits secs. Déjà très bon, mais encore meilleur d'ici 2-3 ans.

Bourgogne les Chênes 2016 : nez fin et expressif, sur les fleurs blanches, le miel et les fruits secs. La bouche est ample, pure, fine et aérienne, avec une tension d'une grande douceur et des notes iodées. La finale est dominée par une noble amertume.

Bourgogne les Chênes 2015 (prochainement commercialisé) : nez plus minéral. Bouche plus élancée, plus droite, très "jus de cailloux". Un style presque chablisien.

Pouilly-Loché 2015 : nez sur l'agrume confit et l'ardoise chauffée au soleil. Bouche droite, pure, élancée, classieuse et racée, tout en restant en finesse. Longue finale expressive. Excellent !

Les Graves 2016 (Gamay) : robe rouge très clair, presque rosée. Nez gourmand sur la cerise et la réglisse. Bouche douce, très souple, pétante de fruit. Un pur régal !

Le chant de la tour 2016 (Pinot noir) : très joli nez sur les petits fruits rouges et les épices. Bouche ample, soyeuse, avec une très belle tension et de l'allonge. Finale intense, sur la cerise et la terre humide. Extra !


L'un des nombreux fossiles trouvés dans les vignes : minéral, végétal, animal :-)


Merci à Cécile et Laurent pour leur accueil !