mardi 19 juin 2018

Cinsault seriously cool : la patience finit par (bien) payer !


Ce Cinsault by Waterkloof * est un vin qui a demandé beaucoup de patience. J'aurais dû m'en douter : c'était marqué Seriously cool sur l'étiquette. Il faut en effet être seriously cool pour ne pas benner la bouteille au bout de plusieurs dizaines d'heures de mutisme. J'vous raconte

Je l'ai donc ouvert mardi 12 juin, en même temps que le Pinot noir patagonien et le f...  Merlot américain dont je vous parlais ICI. Au départ, j'avais prévu un trio. Mais ce Cinsault était tellement inexpressif au nez que j'ai du me contenter d'un duel. Ceci dit,  un p'tit quelque chose me faisait pressentir qu'avec le temps, tout s'épanouit (oui, c'est presque du Ferré).  

Le lendemain, ce n'est guère mieux, même si le nez est déjà un peu plus expressif. Mais en bouche, s'il y a bien une attaque et une finale plutôt sympathiques, c'est le vide sidéral entre les deux.

Le surlendemain, miracle.  Le vin s'est enfin ouvert. Le nez est non seulement complexe, mais part sur une aromatique incroyable que je n'ai jamais senti dans un vin La bouche est ciselée, avec de la tension et de la délicatesse. La finale est encore plus incroyable. Mais je vous laisse découvrir...


La robe est grenat bien translucide, aux reflets légèrement évolués.

Le nez est fin et intense sur l'orange cloutée aux clous de girofle et le Grand Marnier (yesss !)

La bouche est longiligne, hyper-tendue – mais pas raide – à peine enrobée d'une matière très fine, fraîche, limite impalpable, plus gazeuse que liquide.

La finale tonique prolonge sans rupture la tension perçue en bouche. Elle est très marquée par l'écorce d'orange confite et les épices, avec un beau mariage amertume/astringence. Le tout persiste longuement, avec l'impression d'avoir bu un Grand-Marnier, le sucre et l'alcool en moins. 

Bref, un vin à l'aromatique totalement dingue : vous vous demandez ce que vous êtes en train de boire. Si vous avez à votre disposition, c'est le style de bouteille à servir en verres noirs, histoire de ne pas se laisser influencer par la robe. 

Reste à savoir comment vous y prendre si vous achetez cette bouteille. Si vous voulez le servir le jour de l'ouverture, je pense qu'en le carafant le matin pour le soir (quitte à secouer un peu la bouteille si ça n'a pas évolué à 18h00), ça doit pouvoir le faire. Sinon, deux jours à l'avance en épaulant, je peux témoigner : ça le fait !

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* Certains doivent se demander ce que fait du Cinsault en Afrique du Sud. Eh bien sachez qu'il y est présent depuis plus d'un siècle sous le nom d'Hermitage. Il a joué un rôle central dans la viticulture locale : les vignerons avaient essayé d'implanter le Pinot noir en Afrique du Sud, avec des résultats guère satisfaisants. Le Pr Abraham Perold a alors tenté un croisement avec le Cinsault, et ça a beaucoup mieux fonctionné : le Pinotage est devenu le cépage rouge emblématique de l'Afrique du Sud.  



lundi 18 juin 2018

Pinon, collection automne 2017


Comme on n'est jamais mieux servi que par les personnes concernées, voici comment François et Julien Pinon parlent du millésime 2017 :

"2017 est l’année la plus chaude jamais enregistrée sur Terre. Chaque année, le record est battu… Une fois de plus, le gel ne nous a pas épargné et nous avons perdu 20 % de la récolte, le 26 avril. Afin de lutter contre le froid, nous avons fait voler un hélicoptère au-dessus de nos parcelles. 

En France, 2017 est la plus faible récolte depuis 1945 ! Cette année-là, il a gelé les 1er et 3 mai (Claude s’en souvient), avec 10 cm de neige à Paris quelques jours avant l’Armistice.

Après les frimas, une canicule s’est installée en mai-juin, puis la pluie est arrivée juste avant les vendanges. Ces à-coups climatiques ont créé une différence de maturité entre les grappes, avec –  sur une même parcelle –  des raisins mûrs, des verts et des pourris.

Vu ces disparités, nous avons trié trois fois chaque parcelle. Un travail de fourmi, mais nécessaire pour ramasser les bons raisins au bon moment et laisser mûrir les autres. C’est le seul moyen pour récolter la meilleure matière première.

Les premiers coups de sécateurs ont retenti le 14 septembre, avec un mois d’avance. Les fermentations sont allées très vite et se sont bien passées. Au Nouvel An, les vins étaient déjà prêts, leur permettant un élevage plus long. Au final, ils sont fins et équilibrés; tout en rondeur. "



Vouvray Sec 2017 (13.50 €)

La robe est jaune pâle, aux reflets verts/argentés.

Le nez est fin, frais, profond, sur la poire, la fleur d'acacia et la craie humide. 

La bouche est tendue comme un arc de compét', avec un fil acide qui s'étire et s'étire encore. Il est juste enrobée par une matière ronde, finement pulpeuse, aux accents minéraux et citronnés. 

On retrouve l'acidité et le citron en finale, avec l'impression de croquer dans le fruit. Ceci, sans agressivité. On a plutôt l'impression de se désaltérer avec une limonade maison non sucrée. 



La robe est proche du précédent, mais avec des reflets plus dorés. 

Le nez est plus discret, mais sur des notes plus mûres : pomme rôtie au beurre, miel, avec toujours ce contrepoint frais de la craie humide. 

La bouche est presque aussi tendue que le vin précédent, mais l'acidité est moins saillante, du fait d'une matière plus riche et dense, presque moelleuse. Le premier était plutôt strict : ce vin, lui, est gourmand, sur des notes de poire, de miel et de coing. 

La finale est une merveille d'équilibre, avec non seulement le Triple A déjà évoqué précédemment (Amertume, Astringence, Acidité) mais des discrets sucres résiduels allié à des notes mûres/confites. Et le crayeux pour finir, tout en subtilité. Excellent !


Le nez est plus aérien/diaphane, mais en même temps plus mûr encore : on a l'impression d'avoir un liquoreux dans le verre. 

La bouche est aussi tendue que ses "collègues", mais sur un style plus ample, plus aérien, avec un toucher d'une grande douceur : une vraie caresse qui vous envahit le palais !

Par contraste, la niaque de la finale détonne : elle est fraîche, tonique, avec là aussi un bel équilibre 3A/sucres. Les (nobles) amers finissent par l'emporter et c'est assez somptueux. Ou jouissif. Les deux à la fois, on va dire. 


vendredi 15 juin 2018

Harmonie la bien nommée


Cette Harmonie de Gaïa est certainement la cuvée dont j'ai le plus parlée sur ce blog. Il faut dire que c'est l'un des vins rouges que nous vendons le plus, mis à part les Darons de Jeff Carrel. Il faut donc année après année s'assurer de voir si le vin se rapproche du précédent... ou non. Pour ceux que ça intéresse, voici la récap'





La robe est grenat bien sombre aux reflets violacés. 

Le nez est expressif, sur le coulis de fruits noirs, la grenadine, la tapenade et une petite touche lactée (yaourt). Une pointe fumée, aussi.

La bouche est ronde, charnue – voire charnelle –  avec une matière dense et veloutée qui vous envahit le palais. Un peu la sensation de boire un smoothie (ou du Yop ?) en terme de texture, v'voyez ? On a du mal à appeler cela des tannins, car c'est tout doux, rassurant comme la peluche de votre enfance. En même temps, dirait E.M., c'est une boisson d'homme. Enfin d'adulte. avec de l'alcool (bien planqué), une aromatique intense mêlant les fruits noirs, le tabac gris et la réglisse. Le tout est vraiment harmonieux – comme quoi, il y en a qui tiennent leurs promesses. 

La finale gagne en concentration et en niaque sans perdre en harmonie, sur des saveurs réglissées/poivrées, complétées par des notes de garrigue. Et la petite touche yaourtée qui fait un tour d'honneur. Jusqu'au bout, il nous garder notre âme d'enfant ;-)


jeudi 14 juin 2018

Après les petits cailloux, les petits Rochers...


Sur la dernière palette qui nous est arrivée de chez Xavier Weisskopf, il y avait en plus de Négrette et Touche-Mitaine trois "petits" vins qui ne sont pas en appellation Montlouis. Je vous ai déjà parlé du Chardonnay ICI en décembre dernier,  mais une piqûre de rappel ne fait pas de mal – enfin, celle-ci, en tout cas. Par contre, le Touraine rosé et le Chenin sont des vraies nouveautés à Vins étonnants

Le Touraine est un rosé de pressée issue de vieilles vignes de Côt et de Grolleau. En Loire, on pratique plus souvent la saignée, ce qui apporte un fruit gourmand. Là, seul ressort le caractère poivré/épicé des cépages. Ce qui en fait l'un des rosés les plus austères que j'ai pu boire (et ce n'est pas pour me déplaire). 

Le Chenin est issu de raisins provenant de Vouvray (sur argiles à silex).  Xavier Weisskopf a été confronté aux mêmes problèmes que Jacky Blot et François Chidaine. La vinification s'étant effectuée à Montlouis, cette cuvée a été classée en Vin de France. Précisons qu'elle a été vinifiée et élevée dans des demi-muids de 500 l de plusieurs vins.



Chardonnay 2016 (10.95 €) 

La robe est jaune paille, brillante. 

Le nez fait très Chardo, avec ses notes de beurre noisette, les fruits blancs bien mûrs, une pointe de grillé. Le tout rafraîchi par une touche de pierre humide. 

La bouche est ronde, fraîche gourmande, avec l'impression de croquer dans la baie de raisin. L'ensemble est frais, digeste, facile d'approche, tout en ayant du fond. 

On le sent d'ailleurs dans la finale crayeuse/saline, avec un retour du beurre et des fruits blancs. Des épices aussi.  Un vin très agréable, qui sera parfait dans une dégustation d'initiation "vins de cépage". 


Chenin 2016 (11.50 €)

La robe est entre la paille et l'or, brillante.  

Le nez frais évoque les fruits blancs – pomme, poire, coing –  le miel et la craie humide.  

La bouche est  longiligne, tendue par une fine acidité qui gagne progressivement en vigueur et intensité. Elle est heureusement enrobée par une matière ronde, à la chair dense, mêlant les notes "caillouteuse" à la poire et au tilleul. 

La finale est intense, avec le triple A  qui vous en met plein les papilles : on a  l'Astringence et l'Amertume de l'écorce d'agrume ainsi que l'Acidité évoquée plus haut qui gagne encore en puissance, et persiste même une fois la dernière goutte avalée, soulignée par une sensation crayeuse.

Clairement un vin d'amateur à ne pas confier à tous les palais. Si l'heureux acheteur garde cette bouteille au moins 5 ans en cave, sa patience devrait être récompensée : elle a tout pour devenir superbe !



La robe est oeil de perdrix*. 

Le nez  est réduit à l'ouverture. Après aération, il part sur la groseille à maquereau et des notes ferreuses/poivrées (l'effet Pineau d'Aunis ?).  

La bouche est tendue, avec une fine acidité traçante qui étire le vin.  Ici, pas d'enrobage pour arrondir les angles : la matière est des plus fluides, évoquant l'eau d'un torrent qui dévale à toute vitesse. L'aromatique "minérale" cistercienne est plus typique d'un blanc que d'un rosé. Le tout fait penser à une lame d'acier qui vous fend le palais en deux avec une  précision chirurgicale. 

La finale est proche des blancs du producteur, avec une fine mâche crayeuse et une acidité tonique. Une petite touche vineuse/épicée et des notes groseillées/ferreuses vous rappellent tout de même que ce vin a été produit avec des raisins noirs. 

Ce vin est clairement destiné à ceux qui détestent d'ordinaire le rosé (et sera détesté par ceux qui l'aiment d'ordinaire). Il pourra être servi avec tous les plats qui requièrent d'ordinaire un blanc  vif : huîtres, poissons grillés, fromages de chèvre... 

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* couleur que prend l'œil d'une perdrix à l'agonie (végans, s'abstenir)

mercredi 13 juin 2018

Fabulous Pinot noir Vs Fucking Merlot


Pas mal d'entre vous ont dû voir le film Sideways, où il est beaucoup de question de Pinot noir et de Merlot. L'un des personnages, Miles, est un fou de Pinot noir – je le comprends – et déteste le Merlot – je peux le comprendre aussi. À un moment, il lâche "No, if anyone orders Merlot, I'm leaving. I am NOT drinking any fucking Merlot!" *

On va supposer qu'il n'avait bu que du Merlot californien. Car s'il avait goûté le Merlot de Celilo Falls, il aurait peut-être changé d'avis. Il faut dire qu'il est planté 720 miles plus au nord (soit 1158 km). C'est comme si l'on passait de Perpignan à Bruxelles. Il fait tout de même beaucoup plus chaud dans la Wahluke Slope qu'à Bruxelles (climat quasi désertique), mais les nuits sont glaciales, ce qui explique l'étonnante fraîcheur de ce Merlot. 

Face à lui, un Pinot noir provenant de Patagonie. Je vous avais parlé du 2015. Nous sommes passés hier au 2017. Je voulais voir ce qu'il avait dans le bide. Je n'ai pas été déçu : it is fucking GOOD !


Pinot noir 2017, Aniello (15.50 €)

La robe bien translucide est entre le vermilllon et le grenat. 

Le nez est réduit à l'ouverture. Après aération, il devient élégant et raffiné, sur la griotte, le noyau, l'orangette, les épices douces, la fumée, et la terre humide après la pluie (le fameux pétrichor). 

La bouche allie ampleur et tension, avec une matière qui réussit l'exploit d'être dense et quasi-impalpable, et une fraîcheur énergique qui vous envahit le palais. L'effet est des plus waoh , ou pour être plus frenchie, très Lamartinien ( "Ô, temps, suspends ton envol !"  ) . 

La finale, quant à elle, réussit à être classe et gourmande, mêlant l'acidulé de la griotte à l'amer de l'écorce d'orange, avec un fond cacaoté et un come-back du pétrichor.  J'a-dore !



La robe est grenat translucide. 

Le nez est fin et profond, sur la cerise Bigarreau, le cacao, la truffe et la tabac, avec une petite touche mentholée. 

La bouche est ample, aérienne, enveloppante, avec une matière soyeuse qui vous caresse le palais. L'ensemble est étonnamment frais pour un Merlot américain, et bien tendu, sans que l'on ne ressente la moindre acidité. 

La finale est finement mâchue, mêlant élégamment les fruits rouges à la truffe et au tabac, se poursuivant sur des notes grillées/salines. Bon, ça ne pourra jamais ressembler à un Pinot noir, mais pour un Merlot, c'est d'une rare finesse !
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* "Non, si quelqu'un commande du Merlot, je me barre. Je ne bois PAS  du p... de Merlot."



mardi 12 juin 2018

The Oranginal experience


Non, Oranginal ne contient pas de pulpe d'orange. Il n'est donc pas nécessaire de remuer la grosse bouteille pas ronde pour la remettre en suspension. C'est même contre-indiqué, sous risque de se prendre à l'ouverture la moitié du contenu en pleine poire. 

Oranginal, c'est la dernière expérience By Lescarret : le sorcier gaillacois fait d'abord une macération de Mauzac rose durant trois semaines (fermentation avec les peaux du raisin). Puis il ajoute du moût frais de Mauzac blanc pour réaliser la prise de mousse en bouteilles. Au bout de quelques mois, les levures ont bien fait leur travail ... et meurent (soupirs). Il est de temps de leur dire adieu avec le dégorgement en écoutant farewell Oranginal

Pour une expérience la plus réussie possible, nous conseillons de boire Oranginal à la température d'un vin orange (14 °C) histoire de ne pas durcir les tannins. La texture du vin doit être caressante, et non brutale. C'est déjà suffisamment particulier comme cela : n'en rajoutons pas !


La robe est entre l'orange et le cuivre, avec une effervescence modérée. 

Le nez est intense, complexe, pénétrant, fourmillant d'odeurs inhabituelles pour un vin : tarte Tatin (pomme + caramel au beurre), hydromel, bière ambrée, gingembre, petite pointe de camphre... 

La bouche est très ample, déployant une matière veloutée, charnue, parsemée de micro-bulles qui vous chatouillent agréablement la langue. L'ensemble est tendu par une très fine acidité qui se prolonge et s'intensifie au delà-même de la finale. 

La finale est puissante, mâchue, mêlant l'amertume de la bigarade à l'astringence d'un vin orange, sur des notes de pomme caramélisée, d'orge torréfiée et de gentiane. Le tout persiste sur le caramel rafraîchi par le houblon vert. Décoiffant !

Si ce vin hors-norme devrait pouvoir accompagner un tajine, je pense qu'il sera particulièrement génial avec des pâtes lavées : maroilles, munster, livarot, Epoisses...  Et bien sûr avec une tarte aux pommes !



lundi 11 juin 2018

Mas des Chimères : Clin d'oeil ou Grains d'ailleurs ?


Nous venons de recevoir deux nouvelles cuvées du Mas des Chimères en plus des habituels blanc et Nuit grave.  Comme elles sont toutes les deux à 9.90 €, le prix ne peut pas être un critère de choix. Par contre, Clin d'oeil est en BIO alors que Grains d'ailleurs ne l'est pas. Cela décidera déjà certains à préférer l'une à l'autre [comme son nom l'indique, Grains d'ailleurs est une cuvée "solidaire" dont les raisins proviennent de trois domaines voisins ]. 

Mais bon, si vous êtes amateur de vin avant d'être idéologue, ce sera plutôt le profil du vin qui vous intéressera. Et il est peu de dire que ces deux cuvées ne se ressemblent pas du tout, si ce n'est peut-être dans les finales un peu serrées, dues à une mise en bouteille récente. 


Clin d'oeil 2017 (9.90 €)

 100 % Grenache sur basalte

La robe est grenat bien translucide.

Le nez est fin, sur les  petits fruits rouges confits, l'écorce d'orange, le poivre et une pointe résino-balsamique (eucalyptus ?). 

La bouche est ronde, aérienne, avec une matière proche de l'évanescence qui  vous envahit le palais de saveurs épicées et agrumesques. L'ensemble est équilibré, avec une tension qui repose plus sur l'aromatique que l'acidité – mais qui fonctionne impec. 

Ça accroche un peu en finale, mais c'est une accroche canaille, souriante, avec cette orange sanguine mêlée au tabac à rouler, puis le poivre. C'est pas très long ... mais c'est BON !



Grains d'ailleurs (9.90 €)

30% Syrah, 30% Grenache, 18 % Cinsault, 11% Mourvèdre, 11% Carignan 

La robe est pourpre très sombre, presque opaque. 

Le nez est étonnamment frais, sur la crème de  fruits noirs , le poivre Cubèbe, avec une épatante touche citronnée. Une petite pointe lactée, aussi. 

La bouche est ronde, ample, avec une matière veloutée, pleine de fruit et de fraîcheur. Elle gagne rapidement en puissance et en densité, tout en préservant ses atouts. 

La finale dévoile une mâche crayeuse, pas tout à fait remise de la mise récente, mais la gourmandise et la fraîcheur réussissent à sauver la mise. Ceci dit, je pense que dans quelques mois – à partir de l'automne – le vin aura gagné en harmonie. 

vendredi 8 juin 2018

Entre chien et loup ... la nature !


Autant il peut y avoir des cuvées où je vais retrouver d'année en année le même style avec quelques variantes, autant il y en a d'autres comme Entre chien  et loup où je ne sais pas trop sur quoi je vais tomber. Finalement, c'est pas mal : tu as un peu l'émotion d'un gosse qui ouvre son cadeau de Noël (et ça, ça manque...). Si j'étais paranoïaque et égocentrique, je pourrais croire que Jean-Pierre a fait exprès cette année  de laisser une bonne réduction, rien que pour voir ma tête à l'ouverture de la bouteille.  L'explication est certainement plus prosaïque : le vin n'étant que très peu protégé, tous les moyens sont bons pour qu'il ne soit pas flingué dans les deux mois qui suivent. 

La robe est jaune paille, très légèrement trouble (pas filtré ni collé). 

Le nez est d'abord très réduit – odeur de lie sacrément marquée qui m'a ramené quelques années en arrière lorsque je travaillais dans un chai – et demande une bonne aération. Le plus simple est de le verser dans une carafe et d'agiter celle-ci sans ménagement quelques minutes. Et pfuittt, c'est disparu ! 

Après aération, donc, le nez évoque l'écorce d'orange séchée, la noisette fraîche, le foin en train de sécher.. Un amateur "conventionnel" le jugera immédiatement comme "nature". Mais le nature comme ça, j'aime bien (avant l'aération, beaucoup moins).

La bouche est ronde, ample, fraîche, avec une matière pulpeuse, veloutée, plus dense et profonde qu'un vin blanc ordinaire (l'élevage sur lie + la non filtration). L'ensemble est tendu par une acidité qui paraît discrète – car enrobée par cette matière dense –  mais qui est sur le papier assez violente : le pH est à 2.8, ce qui est exceptionnellement bas pour un vin blanc. Mais bon, ça ne se sent pas du tout : on ne perçoit que l'écorce de mandarine et des notes de limonade qui vous ramène en enfance. 

L'acidité est plus perceptible en finale une fois que le vin a été évacué dans le gosier ou le crachoir : c'est tonique, vif, soutenu par des nobles et intenses amers (quinquina, écorce de pomelo). Et puis le citron revient pour vous nettoyer le palais d'un coup sec. Bref, ce vin rappelle ce que disait Cocteau à propos d'une célèbre actrice : "Marlène Dietrich a un nom qui commence par une caresse et s'achève par un coup de cravache."



jeudi 7 juin 2018

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Les petits cailloux ... font les grands vignerons


En contre-étiquettes, les pionniers du Roc(k) expliquent le nom de cette toute nouvelle cuvée de Fronton : "Les petits cailloux, ce ne sont pas ceux que l'on a dans la chaussure. C'est plutôt ceux qui permettent de trouver son chemin. Cette première cuvée concoctée par Anne et Grégoire, les jeunes pousses du Domaine du Roc, est à leur image : gourmande et élégante. À déguster en toute hâte.  Ainsi, les anciens pourront dire  plus tard que déjà, à cette époque, les petits poussaient".

Pas grand chose à ajouter, si ce n'est que ces Petits Cailloux du Roc est un assemblage 70 % Négrette et 30 % Syrah. Assez proche de celui de Don Quichotte, sauf que ce vin est exclusivement élevé en cuve. Cela fait encore plus ressortir le caractère de ces deux cépages qui se ressemblent et se complètent. 

[mon compte-rendu ci-dessous a été fait 48 h après l'ouverture. Le vin avait gagné en harmonie et complexité. Ne pas hésiter donc à l'aérer longuement ou à le carafer ]

La robe est grenat sombre translucide.

Le nez est fin et intense, sur la violette, le laurier, le lard fumé et le poivre blanc, très Rhône nord dans l'esprit.

La bouche est élancée pour gagner ensuite en ampleur, déployant une matière fine, entre soie et velours, d'une grande puissance aromatique  très fumée / poivrée.

La finale est plus terrienne, avec une mâche savoureuse et épicée qui se prolonge sur des notes salines/poivrées, et la violette en toile de fond.

Un vin parfait pour l'été qui va bien finir par arriver : avec des magrets de canard ou des ribs, tous les deux grillés au BBQ, il sera parfait. Mais des cochonnailles lui conviendront bien aussi. À 7.90 € la bouteille, ce serait bête de ne pas essayer ;-)




mercredi 6 juin 2018

Juste Divin !


Nous n'avions pas franchement prévu de référencer ce tout nouveau domaine créé en 2015. Pour la simple raison que nous n'en avions jamais entendu parler. Et puis, un matin, un représentant – qui ne fait pas du tout représentant – passe nous voir pour nous le présenter. C'est en fait un ami des vignerons, Aude et Emmanuel Clavier , qui s'est donné pour mission de faire connaître Divin Loire

Pourquoi ce nom – et la déclinaison mythologique qui en découle ? Eh bien, le couple s'est dit qu'à défaut d'un long historique du domaine à raconter,  autant trouver des noms qui parlent à chacun de nous. Et comme ces gros malins de dieux n'ont pas eu l'idée de déposer leur nom à l'INPI, on peut s'en servir ;-) 

Le vignoble est situé entre Sologne et Touraine, sur des plateaux sablo-argileux à 100 m d'altitude. Cela en fait un des terroirs les plus tardifs de la région, aboutissant à des maturités lentes ... et une profondeur et une complexité que l'on n'attend pas forcément de ce secteur ligérien peu réputé (pour l'instant !). Ajoutons que le domaine est en conversion BIO depuis deux ans et que les doses de sulfites sont des plus raisonnables.

Je précise que nous n'avons choisi que les 4 références qui nous plaisaient vraiment – dont un délicieux jus de raisin. Après les avoir regoûtées ce jour, je suis heureux de voir qu'elles me plaisent autant que le jour où nous les avons découverts (même plus en ce qui concerne Zeus, servi la première fois trop frais). 



Touraine N°1 2017 (7.90 €)

Gamay et Pinot noir

La robe est rubis translucide.

Le nez allie est à la fois canaille et élégant, sur la cerise, le cassis et  le poivre, avec de fines notes fumées. 

La bouche est ronde,  ample,  aérienne avec une matière souple, soyeuse, un fruit croquant complexifié par une aromatique fumée/poivrée/terreuse. Le tout est tendu par une énergie très cool, sans stress. 

La finale est finement mâchue, avec ces notes de terre fraîchement remuée typique du Pinot noir, complétées par le poivre et les fruits noirs frais. C'est pas super puissant et complexe, mais p.. que c'est bon !




Touraine Zeus 2016 (11.50 €)

100 % Sauvignon

La robe est or clair, brillante.

Le nez est assez discret, mais profond, sur le zeste de yuzu confit, avec une hyper subtile touche de cassis qui apporte de la fraîcheur. Avec l'aération, des notes anisées apparaissent, vous amenant en Provence. 

La bouche est très ample, déployant une matière douce, caressante qui vous tapisse le palais. Cela n'exclue pas la tension et l'énergie, mais sans que l'acidité jamais ne saille. L'équilibre général est vraiment superbe, et tellement loin du Sauvignon habituel. 

La finale prolonge la tension sans la moindre interruption, soulignée par de nobles amers (écorces de pomelo et de yuzu) et quelques épices finement grillés. C'est intense et élégant, des plus  harmonieux. Excellent !




100 % Sauvignon

La robe est jaune paille, parsemée de fines bulles. 

Le nez est des plus agréables, sur la fleur d'acacia et la tarte au citron (avec l'odeur de pâte chaude bien dorée et et de beurre citronné).

La bouche est ronde, ample, gourmande, avec des bulles bien présentes qui crépitent sur toute la langue. Une ouverture préalable (30 mn) les rendra plus discrètes, et donnera plus d'allonge et de cohérence au vin. Aromatiquement, on reste sur la même thème, avec l'impression d'avoir une pâtisserie liquide en bouche. 

La finale est finement crayeuse, jouant subtilement sur le duo amertume/astringence, sur des notes de pommes rôties au beurre et au miel. On se régale jusqu'au bout !



Super Minus (4.50 €)

Jus de raisin 100 % Sauvignon

La robe est "jus de raisin blanc" (cf photo). 

Le nez a une profondeur inattendue : on sent le raisin, bien sûr, mais aussi le miel et des notes plus minérales. 

La bouche est longiligne, avec une matière dense, pulpeuse, charnelle. Alors que l'on dépasse les 200 g/l de sucres,  c'est superbement équilibré. 

La finale est nette, mêlant le fruit à des notes plus confites/fumées, sans la moindre lourdeur. On en boirait à des doses non raisonnables (c'est pauvre en alcool mais riche en sucres, tout de même...)

mardi 5 juin 2018

Les 'tites jeunes de Malavieille


Nous venons de recevoir simultanément les nouveaux millésimes de Louise et de Boutine, deux des blancs signés Malavieille. Louise est la cuvée sans sulfites du domaine. Son assemblage change d'année en année : on est passé du Carignan blanc au Terret. Cette fois-ci, elle réunit le Vermentino, le Viognier et la Roussanne. On a donc une aromatique plus expressive, tout en restant frais et équilibré. Boutine, c'est un hymne d'amour au Chenin. Le domaine a été l'un des premiers à en planter dans le Languedoc suite à un voyage en Afrique du Sud : les sols de grès rouge leur avaient rappelé les terres ferrugineuses de Malavieille. Si le Chenin se plaisait là-bas, pourquoi pas au Salagou ? Oui, c'est un peu dur pour ceux qui voyaient en la Boutine un hommage aux blancs ligériens...



Louise 17/88 (9.00 €)

(sans sulfites ajoutés, assemblage de Vermentino, Viognier et Roussanne)

La robe est jaune paille, brillante, avec des fines bulles qui s'accrochent aux parois du verre.

Le nez est fin, aromatique, sur des notes de fruits jaunes, de chèvrefeuille, avec une petite touche beurrée.

La bouche est ronde, ample, charnue, avec une matière mûre, équilibrée, et un filet de gaz qui vous picote les papilles.  Un peu trop pour moi : je l'ai donc bien secouée, en laissant des pauses pour laisser le gaz carbonique s'échapper en douceur. Une fois fait, la matière gagne en ampleur et en tension, tout en se faisant plus douce, charmeuse.

La finale est finement crayeuse, avec un retour sur les fruits jaunes dans une version plus confite, soutenue par de jolis amers (ça vous prépare le palais au vin suivant...)




Boutine 2016 (8.80 €)

(85 % Chenin, 10 % Chardonnay, 5 % Viognier)

La robe est un peu plus intense, tirant plus sur l'or.

Le nez aussi est plus intense – et assez captivant –  sur le coing confit, la pomme rôtie au beurre, les épices douces. C'est très mûr, tout en donnant une impression de fraîcheur.

La bouche est longiligne, tendue grâce à une fine acidité  qui s'étire au-delà même de la finale. Elle est enrobée par une matière dense, séveuse, au toucher moelleux, avec des nobles amers qui commencent à apparaître.

Ceux-ci se renforcent dans une finale explosive, jouissive oserai-je même, avec toujours le coing aux premières loges, accompagné par le miel et l'abricot rôti. C'est p... bon et pourrait faire partie de l'élite des blancs du Languedoc. Mais pas assez cher, mon fils ...



lundi 4 juin 2018

Visite chez Guillemot-Michel


J'ai profité de mes vacances pour visiter deux domaines du Mâconnais avec qui nous travaillons : Tripoz et Guillemot-Michel. La nouvelle génération étant en ce moment au Japon pour l' International Wine Challenge Sake Division (cf le livre écrit par Gautier), c'est Pierrette qui sort de sa toute nouvelle retraite pour m'accueillir. 


Pour l'heure, elle vit encore dans la maison avec Marc, mais ils devraient déménager d'ici peu pour laisser la place aux jeunes. Une façon de couper le cordon avec le domaine où il se sont investis depuis plus de trente ans. Même si j'ai du mal à croire qu'ils resteront inactifs durant leur retraite. On sent que Pierrette a encore plein d'énergie à revendre !


Le bureau et la salle de dégustation sont juste en face. Il y aussi un petit labo où Sophie et Gautier peuvent faire les analyses.


Pour accéder aux vignes, il y a juste à traverser un petit verger (avec de délicieuses cerises déjà mûres). Les 6,5 ha sont d'un seul tenant. Les premières fleurs commencent à poindre. Pierrette tient à me les faire sentir : c'est d'une grande délicatesse, rappelant un peu les fleurs d'oranger ou de citronnier. 


Il faut le bon timing pour travailler le sol argilo-calcaire. Difficile d'y entrer après quelques jours de pluie. Il faut ensuite faire vite avant qu'il ne devienne trop dur. Lors de mon passage, il était au stade quasi-idéal. Trente ans de biodynamie ont tout de même permis de leur apporter une bonne structure et de la matière organique. Vous n'avez ici que l'image, mais il sentait très bon (on se croirait dans un sous-bois). 


Les labours superficiels font remonter les éboulis de roche provenant du socle calcaire. Le sol étant décarbonaté, les vignes ne souffrent pas de chlorose. 


Des pieds d'âge honorable, même s'il y en a des plus vieux encore dans la parcelle qui a enfanté la cuvée Charleston (carrément centenaires). 



On passerait son temps à les contempler... 


La déco des cuves est certainement unique au monde : Pierrette me racontait qu'au départ, ils peignaient les cuves, mais la peinture ne tenait jamais plus de 2-3 ans. Le couple est donc allé à Decize (Nièvre) où se trouve l'un des meilleurs fabricants de carrelage de France. Cette référence bleutée – plutôt  destinée à une piscine ou à une salle de bains – était en solde. Ils ont pris le stock. Ils l'ont posé eux-même. Et depuis, ils n'ont plus jamais eu besoin de repeindre les cuves (et c'est très facile d'entretien). 


Les raisins ramassés en cagettes sont vidés dans ce pressoir pneumatique pour une extraction en douceur. Le jus est transféré dans une cuve inox pour être débourbé par gravité et le froid (les lies les plus lourdes descendent au fond) puis est transféré dans les cuves en béton carrelées. Ils y resteront jusqu'à leur mise en bouteille, puisque à part la cuvée Charleston, tout est élevé en cuve. 


Scoop : une nouvelle cuvée est en cours, vinifiée et élevée en amphore italienne. Elle porte le malicieux nom de "Retour à la terre" et devrait être embouteillée d'ici peu. Patience... 


Les gyropalettes destinés à la bulle du domaine sont simplement mécaniques, mais ils permettent tout de même de gagner du temps par rapport à un remuage manuel sur pupitre. 


Les bouteilles sont dégorgées avec cette machine.


La chaîne de mise en bouteille et d'habillage achetée d'occasion et réparée quand il le faut par Marc qui est bricoleur. 

Bon, tout cela donne soif. Si l'on dégustait ?

Le Viré-Clessé Quintaine 2016 a évolué très positivement depuis ma dégustation de mars. L'aromatique que j'avais trouvée plus exotique que d'habitude est revenu à un style plus typique des vins du domaine. Et le vin a gagné en tension et en profondeur. C'est plus que recommandable. C'est très très bon !

Je découvre donc la méthode ancestrale. Elle présente l'avantage de pouvoir être élaborée avec un raisin aussi mûr que les autres cuvées (alors qu'en "traditionnel", il faut du 11° max, car du sucre sera rajouté pour une seconde fermentation). Et du coup, on retrouve l'aromatique du Viré-Clessé, avec peut-être encore plus de finesse. On a une bouche toute aussi traçante, pure, soulignées par des bulles délicates, pas du tout agressives. Excellent ! (on va essayer de s'en procurer rapidement). 

Je fais ensuite une dégustation comparative entre la Fine et le Marc de Bourgogne. La Fine qui est issu des lies (qui sont habituellement envoyées en distillerie) fait penser à un vin par son côté tendu/traçant/énergique et ses notes florales. Alors que le Marc qui est issu des peaux des raisins a une aromatique beaucoup plus exacerbée, une bouche plus large et puissante, démonstrative. 

Je finis par leur Gin – appelé Djinn – qui est une petite merveille. En plus de l'inévitable genièvre, on retrouve de la cardamome, du gingembre, des baies de sansho, de la coriandre... C'est frais, complexe, sensuel, très bien équilibré. Une sacrée réussite pour une première ! À boire en lisant le magnifique poème d'Hugo


Merci à Pierrette pour l'accueil !

vendredi 1 juin 2018

Verdiélogélisé !


Si un jour, vous souhaitez vous aussi connaître le chaleureux accueil alsaco-forézien, ce n'est pas compliqué : d'abord prévenir que vous passerez – c'est le minimum chez n'importe quel vigneron – et puis ensuite ... tourner au bon endroit. La propriété est située entre Boën et Monbrison, juste avant d'arriver à Marcilly-le-Châtel. Lorsque vous voyez ce château sur votre droite, vous êtes quasi arrivés. Il n'y a plus qu'à emprunter la route qui y mène. Et une minute plus tard, vous êtes verdiélogélisé


Si vous êtes pressés – mais c'est pas une bonne idée – vous vous contenterez d'une dégustation. Sinon, il est probable que l'on vous propose de visiter les vignes (une bonne partie est attenante à la propriété). 


Comme souvent, c'est Maxime qui se charge de cette tâche avec le sourire. Là, nous sommes dans l'une des parcelles qui produit les Gourmets, située juste devant la maison. Le printemps chaud et humide accélère la pousse : il y a besoin de faire le ménage sur les pieds en supprimant ce que le jardinier du dimanche appelle les "gourmands" et que le vigneron nomme pampres (d'où épamprage). 


Nous allons ensuite voir les jeunes plantations situées au pied du château : on y retrouve le Côt, le Gewurztraminer et le Riesling. L'hiver prochain sera choisi le type de taille pour les décennies qui viennent. Ce sera certainement le Cordon de Royat qui a fait ses preuves dans la vigne de Poycelan. 




Le seul Riesling de tout le Forez !


Beau cadre pour travailler, non ? 


Vue sur la vallée de la Loire depuis la maison ...


Après l'effort, le réconfort !

Si l'on doit résumer rapidement 2017, on va dire que c'est un millésime qui allie maturité et finesse, avec des acidités plutôt discrètes. L'équilibre vient plus de la fraîcheur aromatique et des amers. Il a convenu ici autant aux rouges qu'aux blancs. Contrairement à l'année dernière, les vins n'ont pas été "serrés" par la mise en bouteille. Vous pouvez commencer à les boire dès maintenant. 

Pierrelune 2017 (pinot gris) :  le nez évoque la poire et le mousseron, avec une fine touche fumée. La bouche est ample, longue, élégante, avec une matière aérienne, presque impalpable. La finale se conclut sur de beaux amers qui évitent la lourdeur. Très bien !

Signalons qu'il n'y aura pas de Sentimentale cette année. La parcelle a été dévastée au printemps 2017. 

Petite vertu 2017 (Viognier) : nez floral (mais pas too much) sur la rose et la violette. Bouche aérienne, caressante, finement tendue. Une gourmandise !

Pupschen 2017 (Gewurztraminer) : très joli nez sur une rose délicate relevé d'épices (pas de litchi vulgaire). La bouche a un profil similaire à Pierrelune, avec une matière plus charnue, moelleuse, qui réussit toutefois à paraître légère malgré ses 15 % d'alcool. Là aussi, les amers donnent du peps à la finale et gomment les quelques grammes de sucres résiduels. Extra !

Je n'ai pas regoûté les Gourmets car je l'avais fait avec un groupe il y a quelques semaines. Ils avaient adoré et pillé le stock. 

Volcanique 2017 : joli nez sur les fruits noirs et une pointe de violette. Bouche ronde, alliant tonicité et douceur tactile. C'est tendu sans la moindre raideur. Et pour l'avoir ensuite testée durant le repas, c'est super gourmand ! Finale intense et minérale (ferreuse à souhait). Très beau millésime de Volcanique déjà accessible. 

Rézinet 2017 (pas encore en vente car il nous reste quelques cartons de 2016, plus prêts) : nez plus discret, marqué par des notes lactiques/amyliques. La bouche est plus puissante, plus énergique, plus fraîche, aussi. Ca envoie ! La finale a des amers plus marqués. A attendre sereinement. 

Poycelan 2017 : nez très fin, sur la cerise, le noyau et la violette, avec une légère touche fumée. Bouche ample, longue, se déployant avec classe. Finale totalement raccord. Superbe, ai-je noté. 


Merci pour l'accueil, TOP comme toujours !