Lettre mensuelle Vins Etonnants de novembre ... une pluie de nouveautés!

 

À Vins Étonnants, même si nous sommes des "pros" du vin,  nous sommes avant tout des amateurs dans l'âme. C'est pour cela que, comme vous, nous sommes toujours à l'affût de nouveautés, d'où qu'elles viennent, avec une seule envie : vous les faire partager.

Ce mois d'octobre fut assez généreux en la matière, avec des vins qui sortent vraiment de l'ordinaire pour des prix souvent très raisonnables. Voici donc une présentation des p'tites nouvelles, qu'elles proviennent de domaines récemment découverts, ou de propriétés que nous suivons depuis plusieurs années.

Pour information, les vins de Jean-François Ganevat sont attendus mi-novembre seulement. Il n'avait pas fait la mise de ses rouges avant les vendanges comme d'habitude car la vigne demandait des soins constants.
L'envoi du nouveau millésime s'effectuait après les vendanges et comme celles-ci ont eu 15 jours de retard sur le calendrier "normal....
La mise en bouteille des rouges est réalisée en ce moment et les commandes seront expédiées dans la deuxième semaine de novembre.

Bonne lecture !

Les nouveaux domaines



Dans l'ordre d'arrivée à Vins Étonnants, commençons par le Château des Estanilles. Ce domaine a été repris en 2009 par Julien Seydoux, et c'est peu de dire que le style des vins a profondément changé (pour le mieux ! ). Nous lui avons consacré un article sur notre blog il y a peu. Vous y retrouverez une présentation du domaine, une description des vins et de superbes photos ! Sachez que pour l'instant, nous avons sélectionné trois cuvées : l'Impertinent rouge et blanc, et la cuvée Inverso. L'Impertinent rosé devrait suivre lorsque le temps se réchauffera d'ici quelques mois...



Dans la même région, dix kilomètres plus au sud, le Domaine de Gaïa créé ex nihilo par un Savoyard diabolique qui a le don pour vinifier des vins hors du commun. Pas bizarres, ni concentrés ou décadents : juste dangereusement bons. Vous trouverez ICI une présentation du domaine et des deux cuvées que nous avons sélectionnées : Harmonie, un vin rouge dont le nom est totalement justifié, et Légendes d'automne, une vendange tardive de Roussanne d'une rare finesse. 



 Le Mas de Gourgonnier est un domaine historique des Baux de Provence. Les vignes ont été plantées au début des années 50 alors qu'elles avaient quasiment disparu depuis les ravages du phylloxéra. Depuis 1975, le domaine est certifié en bio. Les vins jouent dans le registre de la finesse, tout en étant typé "Provence" avec un côté garrigue bien prononcé. Nous avons sélectionné trois vins rouges : la cuvée Tradition, prête à boire de suite, la Réserve du Mas, plus apte à la garde, et  une cuvée sans soufre, au fruit très pur. Mais aussi un blanc sec qui marie le Sauvignon au Rolle et au Grenache Blanc.


Nous venons de faire rentrer il y a quelques jours les vins d'un jeune domaine en bio situé à la frontière entre les appellations Bordeaux et Côtes de Duras. Refusant de choisir ... il fait les deux ! Nous avons sélectionné quatre cuvées du Château Mauro-Guicheney : deux rouges 100 % Merlot, vinifiés et élevés en cuve (un Bordeaux rond, souple et fruité, et un Duras plus concentré mais tout aussi gourmand) et deux blancs secs à base de Sauvignon blanc et de Sauvignon gris. L'un présente un profil bien mûr qui donne envie de l'épouser de suite avec des Saint-Jacques ou une volaille crémée. L'autre est plus tendu et "minéral", réveillant en vous des envies de homard ou d'huîtres charnues.

Nous finirons en Italie la présentation des nouveaux domaines : nous sommes dans une toute petite appellation du Piémont qui a ressuscité un cépage ayant quasiment disparu avec le phylloxéra : le Ruché. La Cascina Tavijn, sous l'impulsion de Nadia Verrua, en fait une cuvée hors norme, aux arômes étonnants de rose et de lavande, avec cette fraîcheur typique des vins piémontais.  Ce Ruché di Castagnole Monferrato est un must pour tout amateur de curiosité vinique !

Nouvelles références et nouveaux millésimes

Etienne Thiébaud du Domaine des Cavarodes nous livre non seulement les nouveaux millésimes de ses vins de pays blancs et rouges (2011), du Poulsard des Gruyères, du Trousseau de Messagelin et du Chardonnay Guille Bouton, mais aussi trois nouveautés :  le Chardonnay-Savagnin troisième feuille 2011(qui comme son nom l'indique est issu de vignes de trois ans), le Chardonnay de Messagelin 2010 (un Arbois ouillé) et un vin de paille qui n'a pas le droit de s'appeler ainsi, et se nomme donc à juste titre Le Païen. Ce dernier est issu de trois cépages : Chardonnay, Poulsard et Enfariné (un cépage noir comme son  nom ne l'indique pas, dont les baies sont recouvertes d'une fine poudre blanche).


Fin de vendange à Naudin-Ferrand

Nous avons reçu aussi les nouveaux millésimes du domaine Naudin-Ferrand : le Ladoix 1er cru  la Corvée 2010le Clou 34 2011 ... et Omayga 2006 (ce qui vous montrera les capacités de vieillissement de ce passetoutgrain pas vraiment ordinaire). Et nous avons fait rentrer l'Aloxe Corton Vieilles Vignes dans ce grand millésime qu'est 2010. Un vin à encaver pour le boire avec des gibiers dans 3-5 ans.



Toujours en Bourgogne, sont arrivés les Charlemagne  et Corton Blanc 2009 de Chandon de Briailles. Un millésime bien mûr qui apporte de la rondeur aux vins. La biodynamie pratiquée par le domaine a permis de préserver la fraîcheur. Nous avons donc des vins équilibrés qui pourront être servi sur un homard ou une volaille à la crème dès les prochaines fêtes. Nouveauté de la propriété : un Saint-Romain 2011 vinifié sans soufre (avec un léger ajout à la mise pour une conservation plus sereine).

  


Avec les  vins du Mâconnais, nous sommes toujours officiellement en Bourgogne, même si le Chardonnay s'y exprime différemment. Cyril Alonso, le pur de chez P-U-R, nous en propose deux interprétations : l'une de Saint-Véran – provenant du beau terroir de Vergisson  – l'autre de Pouilly-Fuissé. Des vins élevés en cuve (sur leurs lies) pour préserver leur particularité. Si le premier a été légèrement sulfité (44 mg/l de SO2 total, 8 mg/l de SO2 libre seulement), le second ne l'a pas été du tout, même à l'embouteillage (12 mg/l provenant uniquement du processus de fermentation du raisin et 0 mg/l de SO2 libre). Pour une conservation optimale, il nécessite une cave qui reste bien fraîche, même en été.


Nous sommes au mois de novembre. Avec son lot de vent et de froidure. C'est sûrement pour consoler le cœur des hommes que fût inventé le Beaujolais Nouveau. Piètre consolation, diront certains. Pour les autres, voici la version très United Colors of B.... de Cyril Alonso, appelée l'universel. Évidemment sans soufre ajouté,  peu d'alcool et beaucoup de fruit...  PUR, quoi !

Allez, on se réchauffe en descendant un peu plus vers le sud, du côté de Saint-Joseph, chez Hervé Souhaut. Nous avons récupéré les derniers 2010 qu'il lui restait (Sainte Epine, Saint-Joseph et Syrah), et complété avec les tous nouveaux 2011 : la Souteronne  (un pur Gamay sur granit ardéchois - en 75 et 150 cl ) et des magnums de Saint-Joseph et de Sainte-Epine.

Toujours plus au sud, le domaine de Pique-Basse, dont il n'est plus besoin de vanter la qualité des vins. Sur ceux issus d'élevages courts (le Chasse-Coeur et  l'Atout du Pique blanc) nous avons reçu les 2011, et sur les vins demandant plus de temps, les 2010 : Au cœur du Ventabren et l'As de Pique.

On descend encore plus au sud en n'oubliant pas les palmes et le tuba car on nage jusqu'en Corse. Pas trop de marche à faire ensuite car l'on s'arrête à Patrimonio chez Antoine Arena. Pour se remettre de la traversée, un verre de Bianco Gentile 2011. L'on enchaîne sur deux vins rouges de 2010 : Carco et Grotte di Sole (pour les grandes soifs, cette cuvée est disponible en magnum). Avant de repartir et pour se donner du courage, un verre  de Muscat du Cap Corse 2011 !

Dis, c'est encore loin Narbonne ?Tais toi et nage !... Ouf, on est maintenant dans les Corbières, car nous avions oublié dans la newsletter d'Octobre de vous parler de la dernière née d'Alban Michel, toujours en sabots :


Le slogan vous rappelle vaguement quelque chose ? Le design du mot Carignan devrait vous mettre sur la piste. Vous l'aurez compris, cette cuvée est composée à 100 % de Carignan. Une extraction très douce (un pigeage tous les deux jours) a permis de ne retenir que le côté charnu et gourmand du cépage. Un élevage en cuve a permis de l'affiner tout en préservant son fruit. Bref, Un Carignan sinon rien n'a d'autre prétention que de régaler les copains lors d'un casse-croûte improvisé (s'y prendre un peu à l'avance pour le carafer, malgré tout). Notons qu'il s'accorde mieux avec le saucisson que le Ricard.


A noter aussi le retour du vin blanc le plus long de France : Anticonstitutionnellement. Le 2010 fraîchement arrivé se distingue de ses prédécesseurs : les vieilles vignes de Grenache blanc de 80 ans ne rentrent plus à qu'à 50 % de l'assemblage (contre 100 % naguère). Elles sont complétées par des vignes de Macabeu de 35 ans qui apportent un supplément de fraîcheur.


Son seul point commun avec le vin précédent est qu'il commence par le même lettre A. Sinon, l'on change radicalement de style. Les Aurièges 2011, c'est un assemblage inédit de Chardonnay, Viognier, Riesling, Petit Manseng et Petite Arvine. Le sol argilo-calcaire, l'orientation plein nord et l'altitude permettent d'obtenir un vin subtil, fin, à l'image sa génitrice, Catherine Roque.

Dans un style totalement opposé, l'Équinoxe 2011 du domaine de l'Arjolle est arrivé. Cet assemblage de Sauvignon, Muscat petit grain et Viognier, vinifié et élevé majoritairement en fûts neufs (français et américains) est réservé aux amateurs de sensations fortes. Nez exubérant sur l'ananas rôti, la noix de coco, la vanille et la crème brûlée, bouche riche et puissante d'un volume impressionnant qui ne peut vous laisser indifférent, finale interminable sur des notes épicées et grillées... L'Équinoxe, comme la défunte Saint-Génis, on adore ou on déteste !

       


Cette réflexion paraît idéale pour faire une transition vers les Cour-Cheverny du domaine des Huards. Ces vins à base du cépage Romorantin sont vraiment uniques en leur genre, d'autant que Michel Gendrier attend patiemment qu'ils arrivent sur leurs arômes tertiaires pour les commercialiser, gagnant ainsi en typicité. Ainsi vient-il seulement de mettre en vente le Cour-Cheverny 2007 et le Cour-Cheverny "François 1er" 2006. Même s'ils proviennent du centre de notre bonne vieille France, vous serez aussi dépaysés par leur  dégustation que si vous ouvriez des vins géorgiens. Une façon bien agréable de s'élargir l'esprit en restant chez soi ;-)

Pour plus d'exotisme, pourquoi ne pas faire un tour à Madère ? Lors de notre récente tournée en Belgique, nous avons fait le plein chez l'un des plus grands spécialistes en la matière. Vous avez désormais le choix entre une trentaine de références, issues de Boal, de  Sercial, de Malvazia, de Terrantez ou de Verdelho, une douzaine de millésimes remontant jusqu'à 1977, des assemblages  de 5, 10 et 15 ans... Nous publierons prochainement un article sur le blog pour expliquer les méthodes de vinification et d'élevage des Madères, les différents cépages, etc... car nous comprenons qu'il est bien difficile de s'y retrouver.

Pour démarrer votre découverte du Madère, nous vous conseillons la dernière-née de la maison Blandy's : la cuvée Alvada 5 years , issue d'un assemblage inédit de Boal et de Malvazia. Complexe et intense aromatiquement, avec beaucoup de fraîcheur, cela fait un joli vin de fin de repas  pour accompagner des desserts aux fruits secs, chocolat et/ou café (17.50 € la bouteille).

Nous avons aussi récupéré quelques bouteilles de Porto difficiles à trouver en France sur le net: du Graham's Vintage 2003 (un des plus grands millésimes de ces dernières années) et Tawny 20 years old de Smith Woodhouse.

De belles bouteilles à offrir ou à ouvrir pour les fêtes !




Puisque nous parlons de vins évolués, osons une dernière transition  vers des millésimes anciens de Coteaux de l'Aubance du domaine de Bablut . Nous venons de recevoir les millésimes suivants, conservés depuis leur mise en bouteille à la propriété : 2000, 1999, 1992 et 1983.


Nous vous proposons également un blanc sec 100 % Chenin du même domaine, provenant d'un coteau recouvert de schistes. Ceux-ci amènent un caractère bien particulier à cette cuvée Ordovicien 2007 qui s'avère aujourd'hui à maturité, même si elle pourra tenir encore au moins une décennie. Pour un prix très raisonnable (12.50 €) il pourrait être l'une des grandes surprises de vos repas de fin d'année.



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