lundi 29 juin 2020

Quand Barouillet se met à l'Oranch'


On pourrait croire que Vincent Alexis a un temps de retard par rapport à nombre de ses collègues vignerons dans la vinification orange. En fait, il fait plutôt partie du peloton de tête puisque O'Ranch dont je vais vous parler aujourd'hui est du millésime 2015 (il apparaît dans le numéro de lot). Allant à contre-courant de ce qui se pratique le plus souvent, il a attendu que le vin soit dans sa phase optimum pour le commercialiser. Et franchement, ça change pas mal les choses : on gagne beaucoup en complexité, profondeur et harmonie, laissant penser que cette attente mériterait d'être généralisée dans cette catégorie de vin. 

O'Ranch est issu à 100  % de sémillon dont les peaux ont macéré 4 mois. J'imagine que ça devait être assez "violent" au départ, car on sent qu'il y a des chevaux sous le capot. Mais le temps l'a patiné et adouci, et c'est très bien ainsi.

La robe est d'un or intense tirant vers l'orange, légèrement trouble. 

Le nez est captivant, profond, sur l'écorce d'orange séchée, le miel de châtaignier, les embruns salins, avec une pointe de résine... 

La bouche est élancée, tendue par un fil invisible (pas d'acidité perceptible), avec une matière ample, douce, aérienne, au toucher velouté/pulpeux, qui se dépose avec sérénité sur vos papilles. L'aromatique – puissante mais pas agressive – est dominée par l'écorce d'orange, complétée par le safran et le malt grillé.  

La finale est intense, alliant les amers de l'orange et du quinquina à la noble astringence du pamplemousse rose. Une très fine – et émouvante – acidité finit par surgir et  persister longuement, sur des notes citronnées et épicées. 

Je n'irais pas jusqu'à écrire que ce vin est fait pour toutes les papilles, mais il me semble plus abordable que 90 % des vins oranges (et plutôt moins cher que la plupart). 


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