vendredi 18 mai 2018

Gorges profond !


Afin de compléter sa gamme de crus communaux, la Pépière a fait un échange de moût avec le domaine Brégeon, le plus réputé de Gorges. Le successeur de Jean-Joël, Fred Lailler, a entamé une conversion vers l'agriculture biologique qui sera terminé en 2018-2019. Ce qui explique que ce Gorges 2014 n'est pas BIO, contrairement aux autres vins de la Pépière.  

Le moût a donc fermenté et a été élevé sur lies dans les chais de la Pépière durant plus de trois ans. Je ne connais pas les caractéristiques des cuves des deux domaines, mais il me semble que la Pépière  a réussi à obtenir un vin plus aimable que ceux de Brégeon au même stade : plus de rondeur, moins incisif. C'est d'ailleurs le danger. C'est déjà tellement bon maintenant que l'amateur risque de tout boire avant que le vin ne montre son vrai visage. Pour avoir eu la chance de boire des Gorges de Brégeon de plus de 20 ans, planquez quelques bouteilles de ce cru dans votre cave durant au moins une décennie. Vous me remercierez ;-)

La robe brillante est d'un jaune paille intense. 

Le nez est fin, profond, sur les fruits blancs rôtis au beurre, le zeste d'agrume et la pierre humide. La bouche est longiligne tout en déployant une matière dense, riche, enveloppante, d'une impressionnante concentration. On n'est pas loin du monstre oenologique tout en étant d'une grande accessibilité. 

La finale allie puissance et zénitude : ça envoie du lourd, l'air de rien, avec du beurre citronné à foison, complété par le salin/minéral. C'est beau !