jeudi 16 février 2017

Trois jours en Anjou (indoor)


Les dimanches se ressemblent un peu : lever à 5h, départ à 6h pour arriver à l'ouverture d'un salon de vins. Si ce n'est que cette fois-ci, ça ne se passe pas à Montpellier mais à Angers


La première étape est Renaissance des appellations qui se tenait jusqu'à maintenant aux Greniers Saint-Jean. Le nombre d'exposants augmentant, le salon a créé une annexe en contrebas : L'hôpital Saint-Jean (qui expose depuis 50 ans le Chant du Monde de Lurçat). Celle-ci regroupait tous les vignerons de Loire et de Corse. 

J'ai pu ainsi découvrir en Loire les millésimes les plus récents de Philippe Gilbert, de Michel Gendrier et de Patrick Baudouin, mais aussi découvrir les vins de Landron-Chartier et de Kenji Hodgson (de haut niveau dans les deux cas).

En Corse, je n'ai bu que les vins des domaines avec qui nous travaillons déjà : Abbatucci (rhhhaaa Faustine rouge 2014 !!!) et Pero Longo (beaux blanc et rosé 16, très jolis rouges 15 dont une nouvelle cuvée 100 %  Sciaccarellu). Pour l'instant, nous n'en cherchons pas d'autres. 


Puis, je suis monté jusqu'aux Greniers pour la suite du programme. D'abord des vins étrangers. Là aussi, priorité est donnée à "nos" vignerons : Meinklang (belle et étonnante découverte que ce Foam Rot !), Clemens Busch (je ne suis pas objectif : je suis fan de tout !), Bera (découverte du très beau blanc Arcese) et puis quelques nouveaux pour mon palais comme Montesecondo

Suit un tour de France avec Guillemot-Michel (très joli Quintaine 2015 !), Boulard (découverte du très bon Rachais rosé 2009), Pignier (un peu comme Busch, je suis fan de tout, mais ce qui m'a scotché le plus est sa cuvée "À table avec Léandre" regroupant 11 vieux cépages jurassiens – faut qu'on le fasse, ça !...), Stéphane Tissot (très bon Graviers 2015),sa cousine du Pech (étonnante cuvée Soleil), Valentin Zusslin (de belles nouveautés comme le Sylvaner Bollenberg ou le Riesling Neuberg), 

Et des (re)découvertes comme Julien Guillot (un jour, on le fera...), Benoît Marguet (tout est TOP !) ou Philippe Gimel (toute la gamme est extra, alliant finesse et fraîcheur).  


La journée n'était pas fini : je l'ai continuée au salon des Pénitentes : aussi bio que Renaissance, mais dans un style souvent plus nature/alternatif. 

On commence avec la Géorgie avec les vins de Iago, toujours aussi bons, particulièrement le Mtsvane Mandili produit par son épouse. Puis ceux de Pheasant's tears. Je suis vraiment fan de ses Whites wines (non macéré), un peu moins de ses amber wines (macéré), et les rouges, c'est vraiment trop tannique pour mon palais de fillette...

Puis on file en Espagne avec Mendall et Escoda. Le premier nous a concocté un délicieux Bordo rosé (sic! mais pas en vente pour l'heure) et un très réussi Abeurador. Escoda, aussi en blanc, a fait un très bon Bassots 2016 (mais le 2015 est très bien aussi). 

Un petit tour en Italie avec Fonterenza : les rouges (et le blanc) de 2015 sont de belles réussites ! Par pur gourmandise, j'ai aussi regoûté les Vermouth et autres Americano et Chinato de Mauro Vergano : c'est juste à se taper le cul par terre. Il y en avait un que l'on ne peut avoir pour l'instant – le Luli à base de Moscato – qui confinait au sublime.

Bon, allez, buvons Français, tout de même. Avec les 2015 de Patrick Meyer, par exemple. Son Gewurz Pucelles ressemble à ce que j'avais beaucoup aimé en 2012-2013 (et nettement moins en 2014). LeNature est gourmand. Son crémant de 2010 est juste EXTRA !

On descend en Bourgogne chez Nicolas Vauthier : j'ai quasi tout aimé dans ses 2015. Tout est fin, tendu, précis. Vivement qu'on les reçoive... 

Dans la même région, j'a dégusté les vins de Fred Cossard (Chassorney). C'est vraiment bien, ce qu'il fait : il mérite sa bonne réputation. 

Passage obligatoire chez Emile Hérédia et Nathalie Gaubicher, inséparables sur scène salon et dans la vie. Chez elle, sa nouvelle version de Bubbly est très gourmande, tout comme le Patapon 2015. Le Kharakter 2015 est des plus prometteurs. Chez lui, tout se goûtait bien, avec un coup de coeur pour le Verre des Poètes 2014 (pas encore dispo) qui réussissait à allier intensité et finesse. 

J'ai terminé chez les Puzelat qui sont à l'origine de ce salon : leurs 2016 sont frais et gourmands, en blanc (Brin de Chèvre) comme en rouge (Butte). 

J'avoue avoir un peu de mal à comprendre comment certains cavistes et vignerons réussissent à faire la fête le soir après des journées pareilles. Personnellement, je suis totalement épuisé. Une seule envie : dormir.


Lundi matin, départ tôt d'Angers pour partir aux Caves Ackerman à Saumur pour la fameuse Dive. Comme je n'ai pas la teuf, je suis d'attaque pour cette longue journée.

Fidèle à une vieille habitude, je démarre tout au fond des caves avec les vignerons champenois : ça permet de s'immerger en douceur. Premier de ma liste : Bourgeois-Diaz qui, d'année en année, fait des bouteilles de plus en plus précises, avec des bulles subtiles, un toucher crémeux, une fraîcheur cristalline... Et découverte de sa toute nouvelle cuvée Collection qui me fait songer à Grand Siècle de Laurent-Perrier par ce mélange de délicatesse et d'intensité. Du grand vin !

Puis je goûte la production de Vincent Laval : très très (très) chouette ! (euphémisme)

Pas très loin, il y a Jean-Pierre Rietsch : à retenir particulièrement en 2016 sa Demoiselle , superbe, et son Pinot noir, juste irrésistible. Une nouveauté, Pas à pas (assemblage de 3 millésimes de Klevener de Heiligenstein) dans un style totalement extra-terrestre.

J'ai regoûté les vins de Hausherr : c'est vraiment trèèès intéressant ... et étonnant. Tout pour nous plaire :-)


Chez Bornard, mon coup de coeur va sur les Gaudrettes 2015 qui me rappelle les Graviers de Tissot de la veille : tension, finesse, intensité.
J'ai pas mal dégusté de Bourgogne, car nous n'en avons jamais assez. Les Rouges queues avec qui nous travaillons déjà ont très bien réussi leurs 2016 – hélas en quantités très réduites car ravagés par la grêle et le gel). Et puis Fanny Sabre, Sextant, AMI, Clair Obscur. Beaucoup de chouettes choses. Après, faudra voir les prix et les disponibilités des uns et des autres. 

En Beaujolais, p'tit tour chez Chamonard. Très jolis 2015 comme je le pressentais. Et 2016 est très prometteur lui aussi (dans un style plus fin). 

Dans la même région, j'ai découvert Léonis : tout est au minimum très bon, voire excellent. À suivre...

Chez Simon Busser, ma découverte du jour était un Merlot 2015 gourmand à souhait. Son Pur Côt 2015 est des plus prometteurs (et son Printemps 2016 aussi).
En restant dans le Sud-Ouest, une très belle rencontre que celle avec Marine Leys, Vigneureuse. Tu as l'impression de re-découvrir Gaillac que je croyais pourtant pas trop mal connaître. Ses vins ont une finesse et un charme des plus irrésistibles (ce que confirme Abistodenas ICI).

En Rhône, j'ai bien aimé François Dumas (au stand duquel j'ai rencontré un client étonnant qui jouait de la guitare). Et puis j'ai revu Eric Texier et Hervé Souhaut avec qui nous travaillons déjà. Ce qui m'a le plus marqué chez le premier sont ses Saint-Julien Saint-Alban (14 en "normal",  13 en Vieille Serine). Chez le second, j'ai apprécié la fraîcheur du blanc 16 et la classe du Sainte-Epine du même millésime. 


En Loire, j'ai revu avec plaisir Fred Sigonneau (domaine de l'R) : son Canal des Grands Pièces 2016 n'a pas grand chose à envier à 2015 et 2015. 5 Eléments 2015 est tout en finesse et tension, tout en n'oubliant pas le fruit. Belle découverte aussi de la Familia : miam, ai-je noté.


Evidemment, je ne pouvais ne pas aller voir Marc Pesnot (la Sénéchalière). Sa Folle blanche 2016 est extra, tout comme sa Bohème. Avec Nuit Grave, on monte encore en intensité tout en conservant le reste. Encore un millésime réussi chez ce producteur :-) 



Franck Pascal (Jonc Blanc) dont j'avais dégusté les très réussis 2015 à Millésime Bio.


Vincent Alexis (Barouillet), dont j'avais tout rebu (en bien) à Biotop à la Criée.


J'ai fini ma journée en buvant des vins étrangers : 


Evidemment la belle Ariana Occhipinti, belle même quand la photo est ratée. Ses SP68 2015 sont superbes, en rouge comme en blanc. Par contre, je n'ai pas trop compris ses autres cuvées en 2014. Je serais curieux d'entendre d'autres avis à ce sujet.

Princic est clairement un génie de la vinification. Si tous les producteurs de vins oranges pouvaient vraiment s'en inspirer, ce serait chouette ! Par contre, Radikon est en train de prendre un curieux chemin : tout m'a paru très acide.

Belle découverte italienne du jour : Pacina (Toscane). Tout est vraiment très bon, voire plus. A ce sujet, lire l'article de Patrick Böttcher.

En Espagne, j'ai bien aimé ce que fait le Commando G (comme Grenache). 

J'ai aussi goûté d'autres choses, mais moins intéressantes. Et de nouveau, un repos bien mérité sans fiesta le soir...


Le lendemain, retour à Angers pour le Salon des vins de Loire, et particulièrement la Levée des vins de Loire qui regroupe les producteurs bio de la Région, mais aussi des producteurs en Biodynamie de toute la France (Demeter).

J'y ai vu François Pinon et son fils (photo ci-dessus). Avec les gelées meurtrières de mai dernier, 2016 se réduit à une seule cuvée au lieu de 4 (excellente au demeurant). Comme un goût de trop peu... :-(

Dans la même région, j'ai (re)bu les vins du Sot de l'Ange et de Mathieu Coste. Des choses qui m'ont bien plu. D'autres un peu moins. 

Par contre, j'ai adoré les 2016 de Verdier-Logel : sa cuvée Gourmets retrouve sa finesse et sa gourmandise un peu perdue en 2015 (c'était très bon, mais puissant). Les autres cuvées sont très belles, bien mûres tout en n'étant pas trop concentrées. 

Alors que j'ai vu bu les 2015 et les 2016 de Sérol peu avant. C'était un peu l'inverse : les 2015 étaient sur la finesse, alors que les 2016 étaient très concentrés. Comme quoi, à quelques dizaines de kilomètres de distance, l'impact du millésime est très différent. 

Toujours en Loire, je suis passé chez Xavier Weisskopf : sa Négrette 2014 (déjà dispo) est une merveille. Sa 2015 est toute aussi belle. Et son Cabernet Franc 2015 un très beau rouge de Loire, mûr et frais à la fois (lui aussi dispo).

Juste à côté, il y avait Eric Morgat : heureux hommes qui ont acheté Litus et Fidès 2014 : ils sont juste magnifiques (bonne nouvelle : il nous reste encore du Litus 2014). Les 2015 sont du même tonneau. Précipitez-vous dès qu'ils seront là. Pour moi, les plus beaux vins de mes trois jours en Loire.

J'ai aussi (re)bu les vins de Nicolas Grosbois avec qui je travaillais lorsque j'étais à Fécamp. Tout est vraiment très bien, blancs inclus. Et puis aussi les vins du château de Passavant : une belle gamme homogène. 

Joli découverte des vins du Château du Geai (Bordeaux), le seul à proposer de la Carmenère en monocépage. Toute la gamme m'a paru intéressante (à suivre...)

J'ai eu aussi l'occasion de goûter les 2015 de Ballorin que nous devrions bientôt recevoir. Ce que c'est bon !...


Sur le chemin du retour, je me suis arrêté chez Sylvain Dittière pour récupérer les Cormiers 2014. J'ai dégusté pas mal de choses là-bas, dont Perlée 2013 que nous avons encore. Ca se goûte vraiment bien aujourd'hui.