mercredi 28 janvier 2015

Petits dragons : rugir de plaisir !

 
Les sols du Permien proches de Malavieille gardent encore les traces du passage des dinosaures.  Les petits dragons rappelle qu'il existe toujours de drôles de créatures au bord du Lac de Salagou. L'une s'appelle Chenin et l'autre Petit Manseng. La première vient de la Loire, la seconde des terrasses  pyrénéennes. Les deux ont en commun une acidité marquée, même lorsqu'ils sont bien mûrs. Les réunir dans une cuvée est tout sauf banal, si ce  n'est unique. D'où l'appellation² Vin  de France, car le législateur n'a pas envisagé de lui trouver une case plus adaptée.
 
Ce nouveau millésime est peut-être le meilleur jamais produit de cette cuvée. Contrairement au 2012 de l'année dernière, ce 2013 est déjà très expressif et procure une grande joie à le déguster. Le plus dur, là, ce sera de ne pas tout boire dans les mois qui viennent.
 
La robe est or clair

Le nez fin et intense évoque le citron confit, l'ananas, le beurre et le pain grillé.

La bouche est ronde et ample, entre douceur et pureté éclatante, tendue et étirée par une acidité fine, ciselée. L'équilibre est vraiment superbe, sans lourdeur aucune, alors que le "bébé" pèse tout de même 14,5 % d'alcool... L'aromatique reste sobre, entre fruits exotiques et notes beurrées.

La finale possède une belle mâche soulignée par les nobles amers du chenin, avec toujours cette aromatique beurrée/grillée.

Pour les très rétifs aux notes boisées, je conseille de mettre ce vin de côté deux-trois ans. Les autres pourront se régaler dès ce jour avec par exemple un risotto au citron  confit, une lotte aux agrumes, une volaille cuisinée "thaï"..