lundi 23 avril 2018

Sacrée Marcelle !


Lorsqu'il est écrit Malvoisie sur une étiquette, se pose toujours la question de quel cépage il est question. Car selon les régions ou pays, ça change du tout au tout : en Autriche, c'est le Savagnin, en Corse, c'est le Vermentino, en Suisse, c'est le Pinot gris, à Madère, c'est le Furmint, en Gironde, c'est la Muscadelle, dans le Roussillon, le Tourbat... Bref, le bazar intégral. Le vin du jour est savoyard : à l'instar du voisin suisse, la Malvoisie est ici le Pinot gris ! Franchement, il faut le savoir, car lorsqu'on déguste cette Marcelle signée Adrien Berlioz, il est difficile de faire le rapprochement avec le cépage alsacien. Et je gage que si vous servez ce vin à l'aveugle, il est peu probable que vos convives devinent le cépage  ou la région de production. 

La robe est jaune paille, brillante. La nez est expressif, évoquant les fruits jaunes et blancs bien mûrs, le miel et le beurre. 

La bouche est ronde, très ample, avec une matière riche, généreuse, presque grasse, heureusement équilibrée par une fraîcheur inattendue, apportant du peps et de la tension.

En finale, c'est un joli mix entre amertume et astringence qui évite toute lourdeur. Ce sont les (nobles) amers qui finissent pas l'emporter, prolongeant longuement le vin.  

Un Pinot gris qui sort vraiment de l'ordinaire, loin du stéréotype alsacien. Il pourra accompagner des poissons de rivière légèrement crémés, des viandes blanches aux champignons, et bien sûr des fromages de Savoie !