lundi 18 juin 2018

Pinon, collection automne 2017


Comme on n'est jamais mieux servi que par les personnes concernées, voici comment François et Julien Pinon parlent du millésime 2017 :

"2017 est l’année la plus chaude jamais enregistrée sur Terre. Chaque année, le record est battu… Une fois de plus, le gel ne nous a pas épargné et nous avons perdu 20 % de la récolte, le 26 avril. Afin de lutter contre le froid, nous avons fait voler un hélicoptère au-dessus de nos parcelles. 

En France, 2017 est la plus faible récolte depuis 1945 ! Cette année-là, il a gelé les 1er et 3 mai (Claude s’en souvient), avec 10 cm de neige à Paris quelques jours avant l’Armistice.

Après les frimas, une canicule s’est installée en mai-juin, puis la pluie est arrivée juste avant les vendanges. Ces à-coups climatiques ont créé une différence de maturité entre les grappes, avec –  sur une même parcelle –  des raisins mûrs, des verts et des pourris.

Vu ces disparités, nous avons trié trois fois chaque parcelle. Un travail de fourmi, mais nécessaire pour ramasser les bons raisins au bon moment et laisser mûrir les autres. C’est le seul moyen pour récolter la meilleure matière première.

Les premiers coups de sécateurs ont retenti le 14 septembre, avec un mois d’avance. Les fermentations sont allées très vite et se sont bien passées. Au Nouvel An, les vins étaient déjà prêts, leur permettant un élevage plus long. Au final, ils sont fins et équilibrés; tout en rondeur. "



Vouvray Sec 2017 (13.50 €)

La robe est jaune pâle, aux reflets verts/argentés.

Le nez est fin, frais, profond, sur la poire, la fleur d'acacia et la craie humide. 

La bouche est tendue comme un arc de compét', avec un fil acide qui s'étire et s'étire encore. Il est juste enrobée par une matière ronde, finement pulpeuse, aux accents minéraux et citronnés. 

On retrouve l'acidité et le citron en finale, avec l'impression de croquer dans le fruit. Ceci, sans agressivité. On a plutôt l'impression de se désaltérer avec une limonade maison non sucrée. 



La robe est proche du précédent, mais avec des reflets plus dorés. 

Le nez est plus discret, mais sur des notes plus mûres : pomme rôtie au beurre, miel, avec toujours ce contrepoint frais de la craie humide. 

La bouche est presque aussi tendue que le vin précédent, mais l'acidité est moins saillante, du fait d'une matière plus riche et dense, presque moelleuse. Le premier était plutôt strict : ce vin, lui, est gourmand, sur des notes de poire, de miel et de coing. 

La finale est une merveille d'équilibre, avec non seulement le Triple A déjà évoqué précédemment (Amertume, Astringence, Acidité) mais des discrets sucres résiduels allié à des notes mûres/confites. Et le crayeux pour finir, tout en subtilité. Excellent !


Le nez est plus aérien/diaphane, mais en même temps plus mûr encore : on a l'impression d'avoir un liquoreux dans le verre. 

La bouche est aussi tendue que ses "collègues", mais sur un style plus ample, plus aérien, avec un toucher d'une grande douceur : une vraie caresse qui vous envahit le palais !

Par contraste, la niaque de la finale détonne : elle est fraîche, tonique, avec là aussi un bel équilibre 3A/sucres. Les (nobles) amers finissent par l'emporter et c'est assez somptueux. Ou jouissif. Les deux à la fois, on va dire.