mardi 27 juin 2017

Côtes du Rhône blanc ... ou Côtes du Rhône blanc ?


Nous venons de recevoir deux nouveaux blancs de la Cave d'Estezargues. Tellement nouveaux que nous n'avions à réception aucune information sur ceux-ci, hormis leur couleur et leur appellation (et puis leur prix, tout de même). Il était intéressant de faire l'expérience de les déguster "à l'aveugle" sans connaître leur spécificités (cépages qui les composent et vinification/élevage). Et puis après, de recevoir les fiches techniques de la cave.  


Plein sud 2016 (7.50 €)

La robe est jaune d'or, tirant (très) légèrement sur le rose. 

Le nez est tentateur, sur l'abricot rôti, la pêche de vigne, avec une touche d'amande amère, une pointe de violette, et un soupçon de craie humide qui apporte de la fraîcheur.

La bouche est ronde, douce, presque moelleuse, avec une fraîcheur qui est plus apportée par l'aromatique et l'amertume que par la sensation d'acidité (j'écris bien "sensation", car évidemment, de l'acidité, il y en a : on a forcément un pH inférieur à 4). L'ensemble a de l'allant de l'harmonie, et puis surtout un fruit bien mûr. On croque dans une prune juteuse !

La finale – sans la moindre trace d'astringence – est elle aussi marquée par l'amertume, mais de la bonne et pas agressive. On va dire que l'on a l'impression de garder en bouche un noyau de cerise sauvage (merise, quoi). Je l'ai fait il y a quelques jours – il y a du retard avec le mois de mai pourri. C'était exactement ça ! On retrouve aussi les fruits jaunes bien mûrs, limite confits.

Fiche technique : 50 % Viognier, 50 % Roussanne , vinification et élevage en fûts "anciens". En relisant les notes, c'est assez logique : abricot/pêche/violette au nez, fraîcheur très relative, amertume finale (à la fois due à la Roussanne et à l'élevage).



Ephémère 2016 (8.50 €)

La robe est relativement proche, peut-être un peu moins intense ? Et pas de touche rosée.

Le nez est plus fin tout en étant plus concentré, sur un fruit jaune plus confit et des notes miellées/épicées. On pourrait croire que le vin est moelleux.  

La bouche est plus longiligne et plus tonique, avec une matière plus dense, à la limite du séveux. La fraîcheur est aussi plus marquée, autant par l'acidité que l'aromatique. Là, on ne croque pas dans le fruit : on en savoure son extrait concentré. 

La finale elle aussi très concentrée est dans la continuité : on est dans une espèce de quintessence de fruit, si ce n'est qu'il n'y pas de sucre résiduel (mais l'alcool et le glycérol présents dans le vin peuvent apporter cette douceur). L'amertume est un peu moins marquée. On  a plutôt l'impression d'avoir mangé une pêche séchée (ça existe : c'est super bon !).

Fiche technique : 50 % Grenache, 25 % Viognier, 25 % Roussanne. Vinification et élevage identique. Donc les mêmes cépages que le vin précédent "dilués" dans un volume équivalent de Grenache. Étonnant, car on aurait pu penser que le Grenache aurait apporté plus d'ampleur et de rondeur et affaibli l'aromatique. C'est tout l'inverse. A croire que la vendange était plus mûre et concentrée, même si le degré alcoolique est le même. Cette cuvée est en bio alors que l'autre ne l'est pas. Un rapport ?