lundi 18 novembre 2019

Y a du nouveau !!!...



Il est loin le temps où il aurait été inenvisageable de ne pas goûter le Bojonouvo de l'année. De nos jours, il est probable qu'une majorité de Français ne boira pas un seul verre le 3ème jeudi de novembre, et qu'une bonne partie des amateurs de vin estime que la vie est trop courte pour perdre son temps et son argent à boire ce type de breuvage. 

En tant que caviste, nous ne pouvons passer totalement à travers. Le point commun entre les 5 cuvées proposées est le non-ajout de sulfites. Pour le reste, nous sommes sur des styles assez différents, car non seulement nous ne nous cantonnons pas au Beaujolais :  nous faisons aussi une infidélité au Gamay. 



Grolleau - Anjou

La robe est grenat translucide aux reflets pourpres. 

Le nez  est fin, élégant, sur des notes florales (pivoine, violette), fruitées (framboise, mûre, épicées (poivre, cannelle) et légèrement fumées. 

La bouche est ronde, de belle ampleur, déployant une matière soyeuse, aérienne, qui  gagne rapidement en densité en en grain, aboutissant à une fine accroche canaille, renforcée par un léger perlant. L'aromatique est presque plus fumée/minérale que fruitée, ce qui donne l'impression d'un vin moins glouglou/superficiel. On va dire que c'est le schiste qui s'exprime. 

La finale est tonique et profonde, avec un trait acidulé assez irrésistible et des notes terriennes très pinotantes, sur la griotte et le poivre. ...tain, c'est bon !!! 



Gamay - Beaujolais

La robe est pourpre très translucide. 

Le nez est  est intense et aérien sur la violette, l'encens, le poivre et une touche de fumée. La framboise apparaît à l'aération. 

La bouche est ronde, enveloppante, avec une matière douce, finement veloutée, qui vous emplit sereinement le palais. Le fruit (plus rouge que noir) est omniprésent, équilibré par un trait vert (rafle)  et nobles amers. 

Ces derniers prennent le dessus dans une finale tonique, sans que ce soit dérangeant, bien au contraire : ça apporte de la niaque et une méchante envie d'y retourner !



Gamay - Beaujolais

La robe est grenat translucide aux reflets violacés. 

Le nez est fin, élégant, sur des notes florales et fumées, avec une pincée de poivre. 

La bouche est ronde, plutôt ample, avec une matière fine mais accrocheuse, qui s'agrippe comme elle peut sur les parois de votre palais. L'aromatique reste sur un registre élégant, avec le floral et la fumée qui dominent, et un fruit qui finit par pointer (framboise).  

La finale prolonge cette dualité entre finesse/élégance  et  accroche canaille. C'est la seconde qui finit par l'emporter.  Comme chaque année, il sera sûrement meilleur au printemps prochain.


Gamay - Beaujolais

La robe est pourpre très translucide. 

Le nez est expressif, sur le bonbon anglais, le poivre, avec une touche florale et une pointe de volatile. 

La bouche est élancée, tendue par cette même volatile (du bon côté de la force), avec une matière ample, soyeuse, au fruit gourmand (griotte) et acidulé. 

La finale est tonique, accentuant encore plus le fruit et la sensation d'acidulé, avec une persistance sur le poivre et la merise.



Gamay - Touraine

La robe est pourpre sombre, limite opaque.

Le nez est très expressif, sur la cerise noire, le coulis de framboise, le poivre, la rafle, et une pointe amylique. 

La bouche est ronde, ample, veloutée, avec une matière charnue, pulpeuse, et un fruit d'une grande intensité. Il s'en dégage une grande impression de fraîcheur. 

La finale dévoile une mâche gourmande, sur les fruits noirs frais et le poivre, avec une persistance sur les épices. 

Et rappel de la semaine dernière !



Cinsault et Syrah - Languedoc

La robe est pourpre sombre translucide.

Le nez est fin, rafraîchissant, sur la myrtille, le poivre, la garrigue, et une très fine volatile qui apporte de la profondeur et du peps.

La bouche est à la fois ample et élancée, avec une matière ronde, fruitée, pulpeuse, qui vous tapisse le palais, et une belle tension venant d'on ne sait où ...  mais qui est bien là.

La finale possède une mâche un peu rustique, mais elle est tellement pétante de fruit qu'on s'en fiche totalement. C'est que du bonheur !

Si vous le buvez bien frais, il n'y aura pas de gaz carbonique. Par contre, en se réchauffant, il commence à pointer son nez, sans que ce soit trop pénible. A vous de voir ce que vous préférez ;-)