vendredi 12 juillet 2013

Et si l'on autorisait le Zinfandel en France ?


Eric R. avait écrit un chouette truc sur le Zinfandel. On va donc faire un copié/collé ;-)

Le Zinfandel est cultivé presque exclusivement en Californie dont sont issus des vins de styles très différents : blanc sec, blanc doux, du rosé couleur oeil de perdrix à des rouges dont la douceur et l'épaisseur rappellent le Porto. Les frères Teisserenc ont eu l’idée originale et novatrice d’en implanter dans le Languedoc en tant que cépage expérimental. Il n'existe donc officiellement qu'un seul hectare de Zinfandel planté en France. La controverse sur l'origine de ce cépage est sans doute close. Il a longtemps été présenté par les viticulteurs californiens comme étant originaire de leur état. Une affirmation réfutée par la science : les chercheurs ont montré qu'il s'apparentait à un cépage italien nommé Primitivo, une parenté reconnue depuis juillet 2000 par les autorités américaines. Les producteurs italiens se voyaient ainsi autorisés à exporter des vins étiquetés Zinfandel. On pourrait donc croire que le Primitivo a été exporté vers l'Amérique. Que nenni :  il est arrivé en Italie APRÈS son apparition outre-Atlantique. Des spécialistes ont alors pensé que l'origine du Zinfandel était un cépage croate du nom de Plavac Mali. Mais il s'est avéré que celui-ci était un fils du Zinfandel, pas le contraire. Les grands moyens ont donc été sortis pour analyser l'ADN d'un nombre incroyable d'échantillons de vins croates. Le vrai parent du Zinfandel a finalement été trouvé: le Crljenak Kaštelanski, (prononcez "tsirl-ye-nak", certes difficile pour nous autres latins). Ce cépage était abandonné et presque disparu. La découverte a relancé sa culture.

Pendant longtemps, ce vin de table s'appelait simplement Z,  car il était interdit de mentionner le cépage. Aujourd'hui, c'est autorisé en vin de France (si l'on est agrémenté auprès d'Agrimer).

Pour aboutir à ce Zinfandel, les baies macèrent à froid avant la fermentation (9 °) afin d'extraire de la couleur et du fruit, puis la température est élevé à 25 °, ce qui permet de ne pas extraire des tanins trop durs (à 30° ce serait autre chose…). Le vin est ensuite élevé 12 mois en barriques (2/3 en fûts de chêne américain, 1/3 français).

La robe est grenat translucide, avec de légers reflets d'évolution.

Le nez raffiné, complexe, évoque les fruits bien mûrs, patinés par le temps, la réglisse, les épices orientales... On croirait sentir un  Rioja Gran Reserva, ce qui n'est pas déconnant, car ils sont pour la plupart élevés aussi en fûts de chêne américain.

La bouche est ample, douce, enveloppante, avec des tannins superbement fondus, et une fraîcheur sèveuse et tonique qui monte crescendo, jusqu'à devenir explosive en finale sur des notes de plantes médicinales (eucalyptus, ciste) et d'épices. C'est vraiment détonnant, à la limite du jubilatoire. L'harmonie est totale, sans une trace de lourdeur.

Vraiment un très beau vin qui sort totalement des sentiers battus. Son équilibre et sa fraîcheur malgré les 14° affichés devraient faire réfléchir l'Inao : ce cépage pourrait faire partie de l'avenir du Languedoc.


2 commentaires:

  1. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

    RépondreSupprimer
  2. Merci pour cette belle histoire sur le Z, je file en commander, j'en profiterai peut-être aussi pour goûter le K - Carménère ou le Synthése qui vient d'avoir 2 étoiles au guide hachette.

    http://arjolle.com

    Merci et bonnes dégustations.

    RépondreSupprimer