jeudi 11 janvier 2018

Première vendange : ça envoie !


Cette  Première vendange 2016 tombe pile dans la catégorie de vins qui risquent d'énerver certains. C'est une cuvée vinifiée sans sulfites provenant du domaine Marionnet qui revendique de ne surtout pas être en bio (il est contre le cuivre qui empoisonne les sols). Mais que l'on ne vienne pas lui reprocher de surfer sur la mode des "vins nature". Il a lancé cette cuvée en 1990, époque où tout le monde se moquait de la présence ou non de soufre dans les vins. C'était avant même que son voisin Claude Courtois ne s'installe et devienne l'un des maîtres à penser du mouvement.  

Après, on peut tout de même trouver qu'il en fait un peu beaucoup dans l'autocélébration. Il est écrit sur la contre-étiquette : "cette création spectaculaire, hors normes, vous permet enfin de découvrir l'expression réelle totalement pure d'un vin". Sur l'expression pure, c'est un grand OUI. Sur le spectaculaire et le hors normes, bon, faut peut-être pas exagérer. D'autres le font aussi bien, et avec plus de modestie (comme les Grandes vignes, par exemple).

La robe est pourpre violacée sombre, limite opaque.

Le nez est très expressif, sur la cerise noire, la mûre, la violette et le poivre (et une signature "carbo", comme diraient les connaisseurs). 

La bouche est ronde, ample, méga-fruitée, avec une chair veloutée étonnamment dense – y a du monde dans le verre ! – et des tannins pas totalement fondus. C'est frais, pur, vivant/vibrant, d'une naturalité plutôt excitante. 

La finale dévoile une grosse mâche gourmande, bourrée de fruits et d'épices. On est dans la rusticité jouissive, sans chichi, et surtout sans le moindre défaut. 

La première gorgée peut surprendre par l'intensité et la puissance du vin car on s'attend à du "glouglou" qui glisse tout seul. Mais en fait, on s'y habitue assez rapidement, et plus ça va, plus on y prend goût (un peu trop, même...). À 9.90 €, on peut dire que c'est un joli cadeau. Merci, messieurs Marionnet (père et fils) !

Jetez un coup d'oeil sur cet article de Bettane et Desseauve : ça vaut le détour !


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