jeudi 7 novembre 2019

Pierre Ménard 2018 : le millésime de la consécration ?


J'ai un timing un peu serré. Donc je n'ai pas le temps de faire une introduction trop fouillée. Mais cela peut se résumer en quelques mots : Pierre Ménard a réussi magnifiquement ce millésime, sur le rouge comme sur les blancs. Précipitez-vous car il n'y aura pas de repasse...




Orion Alpha 2018 (20.50 €)

La robe est grenat sombre, mais translucide.

Le nez est fin, mûr; profond, avec les fruits noirs presque confits qui sont équilibrés par une sublime volatile et des notes camphrées/mentholées et balsamiques.

 La bouche est élancée, tendue par un fil invisible, et déploie une matière douce, enveloppante, aux tanins d'une rare finesse en Loire. Si l'acidité est quasi imperceptible, le vin est doté d'une grande fraîcheur aromatique qui contribue à sa profondeur.

La finale poursuit dans le même élan, avec une fraîcheur qui s'accentue encore, renforcée par la (toujours) sublime volatile perçue au nez. Les tanins, qui ont l'intelligence de pas se contracter; enrobent tout cela avec grâce, sur des notes persistantes de cassis, de menthol et de réglisse, et  un prolongement sur le cèdre et  le poivre cubèbe. Superbe. 




Laïka  2018 (18.90 €)

La robe est  or pâle, avec de nombreuses bulles qui disparaissent en quelques secondes. 

Le nez est fin et intense, sur la pomme chaude, la pêche rôtie et une touche de mandarine confite. 

La bouche est élancée, tendue par une très fine acidité, tout en étant dotée d'une matière dense et mûre, à la texture moelleuse, tonifiée par un léger perlant. 

La finale prolonge cette dynamique, soutenue par des nobles amers (écorce de pomelo, quinquina)  et une astringence déssoiffante (citron), avec une persistance sur l'acidulé/picotant très agréable sur un millésime comme 2018. 




La robe est jaune paille, brillante. 

Le nez est fin, profond, plutôt discret, sur le coing confit, l'écorce d'orange séchée et la pomme tapée. 

La bouche est traçante/tranchante qui vous coupe le palais en deux, avec une superbe acidité qui n'a rien d'agressif  car enrobée d'une matière dense, à la chair pulpeuse, sur une aromatique de coing et de citron confit. L'ensemble est harmonieux, et d'une gourmandise irrésistible (tout en étant classieux). 

La finale est un résumé ultra-concentré de la bouche, avec de superbes amers qui se renforcent, et toujours cette aromatique coing/agrume confit, juste ce qu'il faut d'astringence (citron/pomelo) et une persistance sur des notes pierreuses/épicées/confites/fumées. 



La robe est dorée, brillante.

Le nez est magnifique, sur les agrumes confits, l'ananas,  et une subtile touche beurrée/vanillée.

La bouche allie ampleur et tension, avec une acidité moins marquée que Varenne, et l'impression d'être aussi large que long. La matière est plus aérienne et enveloppante, avec une plus grande impression de fraîcheur, et une aromatique dominée par le citron confit légèrement vanillé.

La finale est triple A++, avec une fusion superbe entre Amertume, Acidité et Astringence, réussissant à être intense sans être du tout agressive; et une persistance sur le citron confit légèrement fumé. Jouissif !




Le Quart des Noëls 2018 (26.50 €)

La robe est dorée, brillante. 

Le nez est très expressif, sur les fruits blancs rôtis, une touche d'agrume confit, et une pointe de coing. 

La bouche est encore plus ample et aérienne que Clos des Mailles – avec une acidité plus diffuse et une tension plus importante – mais plus intense – et une sensation d'enveloppement encore plus marquée. Au point qu'il est difficile de différencier le buveur du vin qu'il est en train de boire. Fusion accomplie. En un mot : élégance

La finale poursuit sur le mode élégant, avec une fraîcheur éclatante – un feu d'artifice, dit le Chef – mêlant l'ananas frais au coing confit, et une touche de fruit de la passion. Sublime, forcément sublime, écrivait Duras. 



Pluton 2018 (40.00 €)

La robe est jaune paille, brillante.

Le nez est plus discret, mais plus profond, aussi, sur la même thématique coing/agrumes confits/fruits blancs rôtis. Plus cette impression de lame d'acier de katana.

La bouche est la plus étirée/tendue de la série, tout  en étant la plus ample, la plus ronde et aérienne. La plus "moelleuse", aussi. La plus pure. On est dans la beauté irréelle, comme on la rencontre rarement  dans un vin.

La finale réussit non seulement à ne pas gâcher la bouche, mais à la sublimer encore plus. C'est à la fois très ample et très concentré, profond et immédiatement jouissif. D'une longueur qui donne une idée de l'infini. Grand vin.

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