jeudi 21 novembre 2019

Sanzay est sans reproche


Antoine Sanzay n'est pas trop du style à se mettre en avant. Mais il a fini, par la qualité de son travail, par intégrer le petit cercle des producteurs incontournables du Saumurois. Dieu merci, les millionnaires du monde entier ne le savent pas encore. On ne retrouve donc pas ces vins à 500 € sur le marché gris. Mais profitez-en :  ça ne va peut-être pas durer…

Le domaine a grandi lentement mais sûrement depuis 20 ans en reprenant petit à petit les vignes familiales dont la production était vendue auparavant à la coopérative.  Parmi celles-ci, 4 hectares sur le célèbre secteur de Poyeux. Depuis 2013, il vinifié une autre cuvée parcellaire, la Haye Dampierre, plantée sur un sol sablo-limoneux qui apporte une finesse et une tension remarquables. 

Son blanc provient de Saint-Cyr en Bourg comme un vigneron que nous connaissons bien ici. Mais la lecture de ce terroir est assez différente de celle d'Arnaud Lambert. Il serait instructif de déguster les deux côte à côte.  



La robe est or clair, brillante. 

Le nez est riche, mais tout en finesse, sur les fruits blancs confits (pomme, poire, coing), le beurre chaud, le pain grillé et les épices douces.

La bouche est élancée, tendue par un fil invisible, déployant une matière dense et mûre, à la chair moelleuse, qui réussit l'exploit d'être en même temps aérienne. 

La finale est superbe, alliant une fine mâche à de magnifiques amers comme seul le chenin sait le faire, mêlant le coing aux agrumes confits, avec une persistance sur la brioche toastée et les épices.



La robe est pourpre sombre, quasi opaque (vin non filtré ?). 

Le nez  intense fait très "brut de cuve", sur la crème de fruits noirs, des notes yaourtées et sanguines, le poivre fraîchement moulu...  La bouche est ronde, ample, veloutée, avec une matière dense, pulpeuse, au fruit pur et intense, qui vous tapisse le moindre recoin du palais. Et toujours cette impression de matière brute – dans ce que ça peut avoir de plus plaisant. 

La finale prolonge tout cela sans la moindre interruption, accentuant encore l'intensité du fruit et une grande impression de fraîcheur, avec une persistance sur des notes crayeuses, poivrées et mentholées – et le cassis qui s'immerge en vous, longtemps.



La robe est grenat très sombre, à peine translucide. 

Le nez est fin, profond –  ténébreux, même ? – sur le cassis, l'encre, avec une touche sanguine/ferreuse  et un tour de moulin à poivre.  

La bouche est longiligne, tendue, avec une matière intense, séveuse, énergique, au toucher élégant, finement velouté. L'ensemble est des plus harmonieux, avec un fruit qui s'enrichit de saveurs plus minérales. 

La finale poursuit dans l'élégance, avec toujours cette alliance du fruit et de la terre, et une accentuation des notes crayeuses, persistant sur le cassis, le poivre et des notes sanguines. 



La robe est grenat sombre translucide, aux reflets violacés.  

Le nez est fin, frais, classieux, sur un cassis sublimé, la menthe poivrée, les épices. La bouche est superbe,  avec une tension qui ne vous lâche pas jusqu'en finale et une matière ample, aérienne, enveloppante, d'une grande finesse de texture, mais qui envoie du lourd de l'intense en aromatique : vous vous en prenez plein les papilles ! 

La finale monte encore d'un cran dans l'intensité, la fraîcheur  et la finesse, immergeant le dégustateur dans la félicité vinique, avec une (fine mais intense) colonne vertébrale bâtie sur le cassis et la craie qui s'affirme de plus en plus et finit par prendre le dessus et persister. 

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