mardi 5 novembre 2019

Morandes : LE chardo, juste comme il faut


Le chardonnay, c'est un cépage qui peut donner parfois des merveilles – je pense à certains vins de Coche, Roulot, Leroy – mais qui déçoit plus qu'à son tour : boisé trop présent, réduction trop marquée, matière trop mûre, voire trop grasse. Ou simplement banal, avec cette impression d'avoir bu ce vin 1000 fois, même si c'est une première. Avec ce Morandes 2017 de chez Tripoz, on est dans le juste milieu : le vin n'a rien d'austère, sans tomber dans l'exubérance. La maturité est idéale (ni trop, ni trop peu), le boisé très discret. Le gaz, qui m'énerve dans les rouges, ici me ravit. Bref, le chardo comme ça, j'aime ! Il sera parfait pour un cours de dégustation pour montrer à quoi peut ressembler ce cépage lorsqu'il n'est pas maltraité !

La robe est or pâle, brillante.

Le nez est expressif, très "chardo", sur le beurre noisette, la poire au sirop, la bergamote, avec une petite pointe grillée.

La bouche est élancée,  avec une fine acidité à peine perceptible qui apporte de la tension et une matière ronde, gourmande, finement pulpeuse – et légèrement grasse –  tonifiée par un très léger perlant qui vous picote le bout de la langue comme un bonbon acidulé.

La finale prolonge toutes ces sensations sans la moindre interruption, en ajoutant de nobles amers en cadeau bonus (écorces d'agrume). Ceux-ci s'intègrent parfaitement dans l'ensemble, donnant de la niaque et de la profondeur, avec une persistance sur des notes confites/grillées/fumées. 

Soulignons que ce vin est peu sulfité (31 mg/l de SO2 total) et que cela ne ressent pas du tout. Sur ce plan, ce vin est aussi un modèle.Et si l'on rajoute que le prix n'est pas abusif (14.90 €), il n'y a vraiment pas de raison de se priver... 


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