vendredi 28 juin 2013

Pinot noir Denois : tu ouvres, tu bois !


Vous ne pourrez pas dire que nous ne sommes pas à votre écoute. Il y a quelques mois, nous avions eu un échange avec un client à propos du Pinot noir 2011 de Jean-Louis Denois. Habitué à cette cuvée dans les millésimes précédents, il ne s'y retrouvait pas vraiment, la jugeant trop boisé. Nous avions contacté le producteur qui nous avait répondu qu'il avait effectivement élevé ce vin en barriques, mais en faisant bien attention à ne pas trop marquer le vin en utilisant très majoritairement des barriques ayant déjà servi.

Nous nous étions alors dit qu'il fallait quelques mois pour que le boisé se digère, et l'avions indiqué sur le site.

Et puis, la semaine dernière, le client m'envoie un mail pour me demander si j'avais goûté ce fameux Pinot noir 2011. Non, toujours pas, lui ai-je alors répondu. Mais je vais le faire rapidement, promis. Le soir même, j'ouvrais une bouteille et lui envoyais un compte-rendu. C'est pas du service, ça ?

Bon, lorsque tu verses dans le verre, la couleur rubis/grenadine peut surprendre lorsque tu es habitué aux vins du Languedoc bien colorés. C'est du Pinot noir, quoi !

Le nez est d'un rare raffinement pour un vin de ce prix (8.40 €) : fleurs (pivoine, violette),  fruits frais, noyau, épices douces. Il me rappelle Viola odorata ou Orchis Mascula de Claire Naudin, si ce n'est que ces vins coûtent tout de même trois fois plus cher.

La bouche est toute aussi séduisante avec sa rondeur fruitée, ses tanins soyeux, quasi impalpables, et en même temps une belle allonge, tonique, fraîche. Le Pinot noir comme on l'aime !

La finale se conclut en finesse avec une légère mâche sur les fruits et les épices. C'est très bon, digeste, proche de la perfection formelle, avec un boisé parfaitement intégré.

Bon, ça, c'est le premier verre dans les dix premières minutes.

Vingt minutes plus tard, le boisé commence à faire son retour, d'abord au nez, puis en bouche. Pas violemment, mais on aurait tant aimé conserver le vin découvert dans les premières minutes. Deux heures plus tard, le boisé se fait encore plus prégnant, le plaisir diminuant d'autant. Le charme a totalement disparu.

Moralité : ce vin fait partie des vins "modernes" qui doivent être bus dès l'ouverture. C'est ni un mal, ni un bien : il faut juste le savoir. Il est donc plutôt à réserver aux repas de groupe, où chacun n'aura qu'un verre à boire. Il sera alors parfait et présentera un rapport qualité/prix assez génial. Mais il est à éviter s'il doit être votre vin de la semaine. Nous en avons d'autres en boutique qui feront mieux l'affaire (comme la Folle noire d'Ambat, par exemple, d'une résistance à l'air incroyable).


3 commentaires:

  1. Bonjour,

    Serait-il possible de connaître quel est le modèle vous utilisez pour vos dégustations ?

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  2. Bonjour,

    C'est un Spiegelau Authentis n°3.

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