mercredi 20 mai 2020

Mas de Blaise : le vin de l'apprenti sorcier


Je vous ai parlé à de nombreuses reprises des vins de Guillaume Bouvet, le sorcier savoyard qui sévit à deux pas de Faugères. Eh bien, Guillaume à un fils, Grégoire qui se lance dans le métier et se tient prêt à prendre la relève. Histoire de se faire la main, il a pu créer sa propre cuvée, le Mas de  Blaise, en assemblant des cépages qui n'ont pas l'habitude d'être vinifiés ensemble : le niellucio de corse (= sangiovese en Toscane), le caladoc ... de l'Inra (croisement grenache noir X malbec) et le grenache noir (le papa du caladoc, si vous avez suivi). Honnêtement, je m'attendais à un vin plutôt puissant et coloré, d'autant qu'il est vendu au double du prix de Désinvolte. Eh bien, pas du tout : il est fin et frais, avec une couleur quasi-bourguignonne. Vraiment, la famille Bouvet réussit toujours à vous surprendre (mais toujours en bien !). 

La robe est grenat translucide (plutôt "légère" pour un Languedoc).

Le nez est expressif, sur un panier de fruits rouges (à la fois frais et confits), avec une touche de menthol et une pointe d'épices (ou l'inverse).

La bouche est ronde, ample, avec une fraîcheur vivifiante qui se diffuse dans tout le palais, sur des notes de cerise bigarreau et de mûre. L'ensemble est digeste et parfaitement équilibré (malgré les 14 % d'alcool).

La finale est encore plus fraîche, acidulée même, sur la framboise et la griotte, avec une persistance sur le poivre blanc.

Je vous conseille de le servir à l'aveugle : m'est avis que les personnes testées vont patauger sévère pour retrouver les cépages et la région  (pas l'appellation, puisqu'il est en vin de France).


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