jeudi 18 octobre 2018

Lous Grezes : une révélation !!!


Voici un domaine dont nous n'aurions jamais pu entendre parler tant il est discret et non reconnu par les "autorités compétentes". Il faut dire que IGP Cévennes, ça ne fait pas rêver grand monde... Il se trouve qu'un client professionnel britannique nous a demandé s'il ne pouvait pas avoir des vins de Lous Grezes sur la palette qu'ils nous a commandée. Il avait dégusté leurs vins sur un salon et en était tombé  amoureux. Nous contactons donc le domaine, nous lui demandons les tarifs, commandons les bouteille pour notre ami anglais, et prenons quelques cartons pour nous, histoire de voir s'ils seront aussi à notre goût.  

Au départ, j'avoue : j'étais un peu circonspect. Des vins qui ont le label S.A.I.N.S. provenant des Cévennes. On sentirait presque le poney avant même d'avoir ouvert la bouteille (oui, je sais, c'est pas bien... Mais j'ai été traumatisé par certains cévenols). Et puis en fait pas du tout : ces trois cuvées sont superbes, chacune dans leur style, et donne sacrément envie de découvrir les autres (plutôt moins chères) !

Pour l'histoire du domaine situé entre Alès et Nîmes et créé par un couple de Belges, je vous renvoie à leur site internet, plutôt complet. 



Treesor 2014 (16.50 €)

90 % Syrah, 10 % Grenache

C'est un jeu de mot car la vigneronne s'appelle Trees Lybaert

La robe est grenat sombre translucide. 

Le nez est superbe, tout en finesse, sur le cassis, le lard fumé, l'olive noire et la violette et une touche poivrée (très Rhône nord). 

La bouche allie ampleur et tension, déployant avec classe et sobriété  une matière soyeuse, aérienne – pleine de fruit et de fraîcheur – étirée par un fil invisible. L'équilibre est superlatif et vous laisse sans voix. 

La finale prolonge la magie sans la moindre interruption, avec juste une fine mâche savoureuse, et toujours ces notes lard, de violette et de poivre. Superbe



Alicia 2014 (16.90 €)

100 % Alicante Bouschet

La robe est grenat très sombre, presque opaque. 

Le nez est frais et tonique, sur des notes de fruits noirs, de camphre et de ciste. 

La bouche est longiligne, tendue par une acidité arachnéenne, avec une matière soyeuse, élégante, qui gagne progressivement en chair et densité. 

La finale acidulée a une mâche finement crayeuse, avec du fruit, des épices et toujours ces notes résineuses qui basculent presque vers le goudron (rappelant en cela Nuit d'Encre de Zélige-Caravant, également 100 % Alicante Bouschet)). 



Rancio 2007 (25.00 €)

Grenache élevé 10 en fûts sans ouillage

La robe est acajou translucide. 

Le nez est dominé par l'acidité volatile, mais en cherchant bien, on trouve du caramel, de la figue, du café, des épices... 

La bouche est méga-longiligne, avec une acidité traçante hors norme. C'est enrobé par une matière douce, caressante, très oxydative, évoquant un Verdelho ou un Sercial de Madère, l'alcool en moins.

La finale est fraîche, tonique – même à température ambiante – avec une palanquée d'épices qui vous tombe dessus, et le café, la liqueur de noix, le toffee... Magnifique. 




mercredi 17 octobre 2018

Domaine des Ronces : le Jura comme on aime !


J'ai découvert les vins du Domaine des Ronces à la Levée de la Loire en février dernier. J'avais adoré le Poulsard et le Trousseau. Hélas, Kevin Mazier n'avait quasiment pas apporté de vins blancs. J'ai eu l'occasion de les découvrir fin mars au Nez dans le vert, la rencontre annuelle des vignerons jurassiens bio. Et j'ai tout autant apprécié. Les voici donc enfin chez nous : ce que j'apprécie chez eux, c'est qu'ils ne ressemblent pas du tout à ceux que peuvent faire les autres vignerons du coin tout en gardant la gueule de l'endroit (la typicité jurassienne). Bref, à découvrir de toute urgence, tant que les prix restent (relativement) raisonnables et les vins disponibles... 


Trousseau 2016 (20.90 €)

La robe est très claire, entre vermillon et corail. 

Le nez vous happe instantanément par ses notes fumés/grillées ("façon Mailloche") qui se mêlent  à la rose fanée et à la ronce. Avec l'aération, le grillé a tendance à s'atténuer, laissant encore plus de place au floral. Quelle délicatesse. 

Au départ, il y a un peu de perlant (gaz carbonique). Contrairement à un rouge plus dense/tannique, ce n'est pas plus gênant que cela. Mais perso, je pense que c'est nettement mieux sans. Une fois le vin vin dégazé, donc, la bouche est de grande ampleur, avec une matière très aérienne . qui caresse  en douceur l'entièreté du palais. C'est d'une évanescence chambollienne tout en gardant une identité bien jurassienne par ces notes de lard fumé/épicé. Et puis un fruit pur, délicat,frais. Équilibre parfait.

La finale ne rompt pas le charme (ouf !) : on pourrait presque dire qu'elle n'est qu'une simple prolongation de la bouche. Mais elle est un peu plus que ça : elle en est sa quintessence, avec une concentration de la matière sans provoquer la moindre dureté. Et mieux : un  gras inattendu surgit de nulle part et vous enrobe tout cela avec voluptuosité, avec un retour de la rose fanée, soulignée par le poivre et le lard fumé.  Un vin proche du fascinant. 


Pinot noir 2015 (17.00 €)

La robe est claire, entre vermillon et rubis. 

Le nez "pinote" joliment sur la griotte confite, le marasquin, contrebalancés par des notes de rafle et d'orange sanguine, formant un tout harmonieux et vraiment classieux.

La bouche est ronde, souple et fraîche, avec une matière soyeuse faussement légère qui trace son chemin. Aromatiquement, on est toujours sur la cerise confite, équilibrée ici par une noble amertume (noyau, bigarade) plus que par l'acidité – même si le vin n'en manque pas. 

La finale là aussi prolonge la bouche sans la moindre rupture, avec une juste une densification de la matière et un renforcement des amers : le noyau et la bigarade se font encore plus présent, accompagnés par des notes d'humus, d'épices et de rafle.

Un vin qui se situe entre un Pinot bourguignon et ... un Domaine des Tours.


Florale 2015 (17.00 €)

100 % Chardonnay ouillé

La robe est jaune paille, brillante. 

Le nez est expressif, sur les fruits blancs – pomme, poire, coing – rôtis au beurre, la brioche toastée et même une touche exotique (ananas, banane flambée). 

La bouche est longiligne, construite sur une acidité traçante, faisant plus penser à un Chenin qu'à un Chardonnay avec ce coing encore bien présent. Elle est enrobée par une matière mûre, solide, limite tannique, aux accents rocailleux. Si l'aromatique évoque une grande maturité, celle-ci est équilibrée par le minéral  et les notes fumées

La finale est tonique, concentrée, séveuse, faisant la récap' des épisodes précédents avec juste ce qu'il faut d'amertume pour apporter de la niaque et allonger le vin, renforcée par des notes fumées/grillées. 


Chalasse 2015 (19.50 €)

70 % Chardonnay 30 % Savagnin ouillé

La robe est proche du vin précédent. 

Le nez est plus discret, avec une thématique assez proche – fruits blancs rôtis au beurre, épices – mais dans un style plus fondu, comme si tout s'était déjà harmonisé. Avec l'aération, l'agrume confit apparaît. 

La bouche trace droit, mais avec une acidité moins perceptible – mais bien là –  tant elle est enrobée par une  matière kolossale :  c'est charnu, gras, moelleux, mais pas lourd pour un sou car on sent un gros minéral en arrière-plan. 

La finale est très Chenin Triple A, avec le trio Amertume (bigarade/quinquina), Astringence (pamplemousse) et acidité (citron) ... et les insolents amers qui finissent par prendre le dessus. Selon les goûts, ça passe ou ça casse. Chez moi, ça passe haut la main avec félicitation du jury : c'est typique ce que j'adore !

(Jaeger) Defaix : Chablis Vs Rully


Voici deux nouveaux venus sur le catalogue de Vins étonnants produits par la même équipe avec le même cépage : le Chardonnay.  Le domaine Jaeger-Defaix est né au départ d'un héritage d'Hélène Jaeger, épouse de Didier Defaix qui co-dirige le domaine Bernard Defaix – à Chablis – avec son frère Sylvain. Elle est en effet originaire de Rully : son arrière-grand père, Henri Niepce, a beaucoup oeuvré pour la reconnaissance de cette appellation. Ce domaine né en 2002 et fait aujourd'hui 6 hectares. Il s'est converti à l'agriculture biologique en 2009. Les raisins vendangés à Rully sont vinifiés à la cave de Chablis (150 km plus au nord). C'est qui rend ce comparatif intéressant, même si les plus observateurs feront remarquer que 1- ce n'est pas le même millésime  et que 2 - le Chablis est vinifié/élevé en cuve alors que le Rully est vinifié/élevé en barrique (non neuves). Ils auront raison. Il n'empêche que cela permet de voir que le Chardonnay s'exprime différemment selon qu'il est cultivé dans l'Yonne ou en Saône et Loire. En cela, c'est pédagogique. 


Chablis 2017 (19.50 €)


La robe est or pâle, brillante. 

Le nez est fin et frais, sur le beurre citronné et la craie mouillée, avec une belle profondeur minérale. Avec l'aération des notes fumées apparaissent, mais aussi quelques embruns marins (les huîtres fossilisées se réveillent...). 

La bouche est élancée, tendue par une fine acidité traçante qui se prolonge au delà-même de la finale. Elle est enrobée par une matière ronde plutôt dense, entre "jus d'caillou" et jus d'citron, voire eau d'huître (en moins salée...). 

La finale est tonique, avec un joli  mix amertume/astringence – très écorce de pomelo – et se poursuit sur des notes crayeuse/salines/citronnées, sans que ce ne soit jamais agressif. 



La robe est un peu plus dorée que le précédent. 

Le nez n'a par contre rien à voir : il est plus expressif et complexe, mêlant harmonieusement les notes du Chardonnay (fruits blancs mûrs, miel d'acacia, noisette fraîche) à celle de la barrique (beurre noisette, pralin, café au lait). 

La bouche est ronde, (très) ample, enveloppante, déployant dans tout le palais une matière mûre à la chair dense. On retrouve une aromatique  fruits mûrs/notes boisées, tout en ayant une sensation d'équilibre et de fraîcheur – grâce à une acidité sous-jacente qui apporte de la tension. 

On retrouve cette dernière dans la finale généreuse – à qui elle donne du peps. Il y a également une noble amertume (bigarade/café) en contrepoint à la poire et à la pêche blanche. Le vin se prolonge agréablement sur les épices et les notes grillées. 

Les deux vins n'auront pas le même usage : le premier sera parfait avec des fruits de mer, un poisson grillé, un fromage de chèvre affiné ou tout simplement à l'apéro avec des toasts aux rillettes de maquereau (ou saumon). Le second se mariera avec des ris de veau caramélisés, un poisson de rivière ou une volaille légèrement crémés, et pourquoi pas des fromages à la pâte crémeuse ? 

lundi 15 octobre 2018

J'aime beaucoup les Pitchounettes !


D'après plusieurs articles – dont celui-ci du Point – le domaine Les 4 vents serait LE domaine dont on cause sur Crozes-Hermitage. C'est là que je vois que je suis complètement largué, car je n'en avais jamais entendu parler avant de le voir sur le tarif d'un "collectif de vignerons". Allez, on tente... Eh bien, bonne pioche : cette cuvée Les Pitchounettes 2017 est  vraiment très bonne, dans un style différent des vins de David Reynaud ou de Thomas Finot. Précisons que le vin est bio,  très peu sulfité,  et signé par deux sœurs,  Nancy et Lucie



La belle robe fait songer à une encre violette. 

Le nez est fin, élégant, pas du tout démonstrative, sur la pivoine, la myrtille, l'encens et une très légère pointe fumée/poivrée. Une touche d'olive noire, aussi, à l'aération. 

La bouche est ronde, ample, soyeuse, avec une matière fine qui vous caresse le palais. Elle gagne assez rapidement en densité pour aboutir à une chair veloutée, fraîche, alliant fruits et épices. L'ensemble est harmonieux et digeste – peut-être juste un peu trop facile à boire ? 

La finale possède une mâche savoureuse, gourmande, très typée Syrah  – poivre, lard fumé, réglisse - tout en restant dans le registre de la finesse et de la sobriété. Le tout se prolonge sur des notes salines et épices qui persistent assez longuement. 

Cela donne vraiment envie de découvrir le reste de la gamme – nous sommes ici sur le "petit vin". À suivre... 


vendredi 12 octobre 2018

Fernand Vaquer rouge : 1980, 1985, 1986 ou 1988 ?


Cela faisait évidemment un petit bout de temps que je voulais faire cette "verticale" du Fernand Vaquer rouge. Mais il me manquait toujours au moins l'un des quatre millésimes. Cette fois-ci on est au complet. Je me lance donc dans l'aventure...

J'avoue ne pas trop savoir où je vais, même si j'ai lu quelques compte-rendus ici et là. Je crois n'avoir jamais bu des rouges (secs) du Roussillon de trente ans et plus (et très majoritaires en Carignan). Si l'on s'en tient aux divers guides de vin, ces bouteilles sont censées être flinguées depuis longtemps. Qu'en sera-t-il ? 

L'ouverture des bouteilles n'est pas spécialement rassurante : deux bouchons s'effritent totalement. Il a fallu se servir d'un tournevis pour les déloger du goulot. La bouteille (1980) qui avait le bouchon le plus défaillent était clairement passée. J'en ai ouverte une seconde qui avait cette fois un bouchon nickel. C'est de celle-ci dont je vous parlerai. 



Vaquer rouge 1980 (36.00 €)

La robe est tuilée avec un peu de grenat, avec quelques fines particules en suspension (il y avait du dépôt au fond de la bouteille et je les ai mise à la verticale à la dernière seconde...).

Le nez fait plus "vieux vin" que les trois autres, avec des notes tertiaires plus marquées ; sous-bois, champignonnière, cuir, vieille prune, épices.

La bouche est ronde, ample, avec une matière veloutée, étonnamment dense, exprimant une fraîcheur étonnante au vu de son âge (38 ans) et de sa région (le Roussillon). Elle est bien équilibrée, avec un fruit encore bien présent  – mais aussi des notes tertiaires, évidemment.

La finale a une mâche expressive, sans dureté, avec un fruit mentholé/résineux qui vous ferait partir en Italie, et une prolongation sur les épices et les notes tertiaires.



La robe translucide est entre le grenat et le tuilé, avec quelque de lumineux (vraiment très jolie !)

Le nez est très beau, alliant intensité et complexité, plus proche d'un jus de parfumeur que d'un vin :  bois précieux, pralin, fruits confits, écorce d'orange séchée, épices.

La bouche est ample, soyeuse, déployant une matière d'une irréelle finesse avec une (ultra) fine acidité traçante en contrepoint  qui apporte de la tension. L'équilibre est superbe, avec une justesse confondante. Franchement, j'en crois à peine mes papilles tant je ne m'attendais pas à ce niveau.

La finale est totalement raccord, réussissant à ne pas rompre la magie. Les tanins sont présents, mais d'une grande finesse, avec une mâche subtile et savoureuse où se mêlent avec classe la vieille prune, l'écorce d'orange, le santal et les épices douces – qui persistent agréablement. Que c'est booonnn !






La robe est grenat translucide, avec une certaine évolution (mais pas tant que cela)/

Le nez est plus concentré et terrien que le 1985 tout en retrouvant la même gamme aromatique (avec un peu plus de fruit et de fraîcheur : cèdre, résine et boîte à cigare).

La bouche est un "mix" entre 1980 et 1985, avec une matière plutôt dense (mais soyeuse) mais une fraîcheur, un peps et une jeunesse que le 1980 n'a pas. On retrouve la tension et la vivacité du 1985, en plus vigoureux. Le style et l'aromatique ne sont bizarrement  pas éloignés du Médoc.

La finale est tonique, finement mâchue, avec une sensation juteuse/fraîche/gourmande des plus jouissives, plus "terrienne" que les 3 autres millésimes. On retrouve le tabac et même le menthol, confirmant le profil "médocain".

Avec l'aération, le vin devient plus aérien, se rapprochant du 1985 tout en gardant son style "bordelais").



Fernand Vaquer 1988 (23.50 €)

La robe est proche du 1985, avec le grenat qui l'emporte un peu plus sur le tuilé (et toute aussi jolie !)

Le nez  rappelle aussi le 1985,  mais avec un style plus aérien et plus frais: aux notes de pralin et de bois précieux s'ajoute une subtile touche de cassis qui apporte vivacité et jeunesse.

La bouche ne ressemble à rien de ce que j'ai pu boire : c'est une sorte d'explosion qui vous submerge le palais d'une matière arachnéenne d'une fraîcheur intense. L'équilibre atteint le merveilleux : vous avez l'impression que votre bouche triple de dimension pour contenir tout le mini-univers qui vient de se créer.

La finale est encore plus raccord que le 1985 : elle ne fait qu'un avec ce qui précède. Il y a juste à un moment un resserrement de la matière, et puis ça re-explose et vous submerge. Magique !


La dégustation s'avère très clairement au-dessus de mes espérances. Non seulement ces vins sont (très) bons, mais ils sont émouvants. Etant donné la variabilité des bouchons et l'âge des flacons, il est probable que les bouteilles que vous ouvrirez seront certainement différents (si elles sont carrément" mortes", on les remplacera). 

Il y aura peut-être plus de bouteilles commandées que ce que nous avons en stock. Mais pas de panique : nous nous réassortirons très vite !

jeudi 11 octobre 2018

Equilibre... superlatif !


En 2015, je n'avais pas trouvé mon com(p)te (Abbatucci) avec la cuvée Equilibre de Pero Longo. Le millésime lui avait apporté trop de maturité et de densité. Elle avait donc perdu ce style "bourguignon" que j'apprécie tant (et que l'on retrouve un peu dans Faustine). En février dernier, j'avais pu déguster le 2016 en avant-première et retrouvé le style aérien que j'apprécie dans cette cuvée.

La robe est grenat translucide avec une nuance légèrement tuilée.  On ne peut pas dire que le vin soit oxydé, mais – on le verra juste après – il est vrai qu'il ne ressemble pas à un vin de deux ans d'âge. On peut supposer que le vigneron n'a pas maintenu le vin en réduction durant son élevage. 

Le nez est d'une rare finesse, avec déjà ce que l'on appelle un bouquet : encens, fleurs séchées (rose, pivoine), confiture de vieux garçon (dans un style Guignolet/noyau), cuir de Russie.... 

La bouche est ronde, très ample et plus encore aérienne, déployant une matière quasi impalpable mais fraîche et fruitée. Pas un fruit ordinaire, mais "décadent" comme dirait François Mitjavile de Tertre Roteboeuf. Il ne faut pas prendre ce terme négativement. Comme l'explique mon ami vigneron, "c'est la splendeur ultime de Rome avant sa dégringolade". Le vin finit par gagner en densité tout en préservant sa fraîche verticalité. 

La finale joue les prolongations sans arrêt de jeu, avec un renforcement des Amers – très noyau, mais agrume, aussi – de l'Astringence – crayeux à souhait –  et de l'Acidité  – une de celle qui transperce le cœur et l'âme du dégustateur.  Eh oui, le fameux Triple A que je trouve plutôt d'ordinaire sur mes Chenins adorés ! Une combinaison gagnante qui me rendrait vite addict si je n'avais pas mon self control légendaire. Bien tenté, Satan, mais je suis incorruptible. Le serez-vous aussi ? 

À noter que cet Equilibre ne coûte "que" 12.90 €. Un exploit lorsque que l'on voit le prix de la plupart des cuvées insulaires. "Pourvu que ça doure..." disait une célèbre mama corse*.

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* On sait, hélas, que ça a mal fini.



mardi 9 octobre 2018

Quincy j'ose !


Je n'irais pas jusqu'à dire que j'ai une grande histoire d'amour avec Quincy, mais cette appellation me rappelle en tout cas pas mal de souvenirs. J'y ai en effet travaillé trois ans (1997-1998-1999) à m'occuper des vignes de deux petits domaines (dont les propriétaires étaient des céréaliers). Les vins étaient produits à la petite cave coop' locale en préservant l'identité de chaque domaine. 

Cela vaudrait certainement le coup de se pencher sur ce qui se fait aujourd'hui dans cette appellation – je sais que certains travaillent en bio. Mais pour l'heure, nous avons profité que la famille Fouassier – dont nous venons de rentrer quelques cuvées – proposait un Quincy (négoce). Cela permet d'en prendre quelques cartons au lieu d'une palette. Je précise que nous avons aussi pris un Pouilly-Fumé. Mais comme je n'ai pas trop accroché – une acidité un peu trop présente à mon goût mais qui devrait plaire à d'autres– je préfère ne pas m'étaler à son sujet.  Revenons au Quincy, donc...

La robe est jaune paille clair, brillante. 

Le nez est frais, gourmand, mêlant la pomme chaude légèrement beurrée au fruit de la passion, avec une très subtile pointe végétale (cassis, menthe).

La bouche est  élancée sans exclure une certaine ampleur, alliant une (très) fine acidité traçante à une matière ronde, mûre, charnue. Le fruit blanc est bien présent, mais aussi la groseille à maquereau et la baie de cassis. L'ensemble est frais et équilibré, sans que l'alcool ne ressorte – le bébé pèse tout de même 13.50 %. 

La finale est agréablement mordante, mêlant l'acidité du fruit de la passion à l'amertume du pomelo, avec le cassis (bourgeon et fruit) en arrière-plan. Le vin se conclue sur une fine astringence citronnée qui fait place nette  dans le palais. Ce grand vide vous incite à passer à la gorgée suivante. Et ainsi de suite... 

Si l'on veut être critique, c'est sans doute un peu cher pour un Quincy (15.90 €). Mais comme il me semble meilleur que certains Sancerre et Pouilly-Fumé plus onéreux, ce n'est pas une si mauvaise affaire que ça ;-)





vendredi 5 octobre 2018

Belle soirée autour des vins étrangers


Le "Club Vins étonnants" de Limoges a repris ses activités fin septembre. Au programme, que des vins étrangers, de l'ancien comme du nouveau monde. L'idée était avant tout de montrer que la France n'a pas le monopole des cuvées de grande qualité : on peut y produire des vins qui n'ont rien de caricatural ou d'excessif. 


Pour se mettre en appétit, il y avait des cookies au parmesan, des toasts au foie gras maison et des röstis de pommes de terre aux olives. Et pour une fois, je n'avais pas prévu une bulle. La plupart des membres du groupe ayant déjà dégusté nos bulles italiennes, je n'avais rien d'autres à leur proposer. J'ai donc innové avec un blanc de noir de Patagonie de la bodega Aniello (100 % Pinot noir). Son aromatique est assez proche de celle d'un champagne issu du même cépage. La bouche a volume, de la vinosité, mais aussi de la fraîcheur et de la tension. C'est vraiment très bon : tout le monde tombe sous son charme. L'accord se fait bien avec les différentes mises en bouche : à priori, on pourrait penser que c'est le foie gras qui lui convient le mieux, mais c'est également top avec les röstis (et ma foi très bien avec les cookies au parmesan). 


En entrée, Cédric nous a servi un croquant fondant de crevette sauvage et amande et son mesclun. pour l'accompagner, j'ai chois un Šipon C'est bon 2016 de Stanko Šek. Je l'avais dégusté en juillet dernier lors de son arrivée en France (lire ICI). Eh bien, il a sacrément évolué  depuis : beaucoup plus ouvert, plus rond, mais surtout plus complexe et plus profond. On a là un très joli vin de gastronomie qui ne ressemble à aucun vin français, tout en ne tombant pas dans le bizarre. Et je parierais que dans 2-3 ans, il sera encore meilleur. La difficulté est de ne pas tout boire avant. À 11.80 € la bouteille, ça me parait très bien placé, car il faudra souvent mettre plus cher en France pour avoir un vin de ce niveau. 


Le Cinsault Seriously cool  2016 signé Waterkloof (Afrique du Sud) sert un peu de prélude aux vins rouges qui vont suivre. Il est bu pour lui-même et ça lui va très bien ! Je vous en avais parlé sur le blog en juin dernier. Il avait alors mis plusieurs jours pour s'ouvrir. Cette fois-ci, j'ai tenté  3-4 h de carafe avec un peu d'agitation (4-5 fois durant ce laps de temps) et ... ça a fonctionné impec : il ressemblait au vin que j'avais alors beaucoup apprécié : écorce d'orange séchée, fruits rouges confits, notes florales ; bouche ample et aérienne, ciselée, finement tendue, très bourguignonne dans l'esprit. Le tout fait irrésistiblement penser à un vin d'Emmanuel Reynaud (Domaine des Tours) ou de Xavier Braujou (Pradel), même si pas tout à fait pareil. Il a beaucoup plu à tout le monde !


Nous sommes passé à la aux viandes avec du veau et du porcelet en basse température, une purée de pomme de terre maison (à se damner !) et une (délicieuse) sauce au merlot. Comme le chef m'avait annoncé le menu à l'avance, je me suis dit que rien ne conviendrait mieux qu'un Merlot de la Columbia Valley (état de Washington). Et c'est vrai qu'il convenait parfaitement. Rond, mûr, velouté, avec une belle complexité aromatique (prune, truffe, tabac) et surtout très bien équilibré, loin des clichés sur les vins américains. Il faut dire qu'il est cultivé sur le 45ème parallèle ... soit à la même hauteur que Bordeaux (alors que la Nappa valley correspond au nord du Maroc...). 


Avec les fromages –  tomme de montagne du Sancy, cantal entre-deux – , nous partons jusqu'en Australie avec un assemblage Cabernet-Sauvignon/Syrah  2013 de Matilda Plains. Le cépage bordelais apporte une fraîcheur aromatique et une tension qui équilibrent la fougue exubérante de son ami rhodanien. Le vieillissement de 4 ans en bouteilles lui a donné une patine aromatique très agréable : on retrouve avec plaisir le tertiaire du Cab'Sauv  (cèdre, tabac, cendre) qui se marie bien avec le lardé/fumé de la Syrah. Miam  !


Pour finir, nous revenons en Europe (pas de liquoreux de ces pays "exotiques" pour l'instant, hélas) avec un Riesling Marienburg Kabinett 2016 de Clemens Busch. Avec son acidité cristalline très mosellane, difficile d'imaginer qu'il contient autant de sucre que nombre de liquoreux français. On dirait un vin demi-sec avec 15-20 g de SR (il en a près de 80 !). Par contre, il est très léger en alcool (7.5 %) ce qui est très agréable en fin de repas. Avec une salade de fruits, c'est juste parfait. On en boirait des seaux (mais on reste raisonnable) !

C'est tout pour cette soirée : la prochaine fois, ce sera  Savoie-Bugey-Grésivaudan.


jeudi 4 octobre 2018

-25 % sur 6 cuvées de Jeff Carrel


Chez Jeff Carrel, c'est comme chez tout le monde : il y a des vins qui se vendent mieux que d'autres. Nous vous faisons donc une remise de 25 % sur les six cuvées que vous voyez sur la photo ci-dessus jusqu'à épuisement définitif. Les remises quantitatives habituelles s'ajoutent à celle-ci, ce qui donne des prix très intéressants.  Si j'ai dégusté il y a quelques mois le Pinot noir rosé Air du Temps, cela faisait un petit bout de temps que je n'avais pas dégusté les autres. Voici donc mes impressions... 



(5.18 € à l'unité, 4.88 € par 6 et 4.68 € par 12)

La robe est or pâle, brillante. 

Le nez est fin et élégant, sur la poire williams, le beurre à la truffe et le mousseron chablisien. 

La bouche est fraîche, éclatante, avec une matière limpide, cristalline qui se déverse dans le palais. l'aromatique se fait plus sur le minéral/fumé que sur le fruit. 

La finale est franche/nette, avec une fine mâche savoureuse, une amertume très légèrement citronnée et un retour sur la truffe et le mousseron, suivi de notes salines. Rapport qualité/prix hallucinant. 



(5.40 € à l'unité, 5.03 € par 6 et 4.88 € par 12

La robe est proche du vin précédent. 

Le nez est assez discret, sur l'orgeat, la noisette fraîche et une petite pointe de mousseron (l'évolution...). 

La bouche est ronde, ample, déployant une matière moelleuse et fraîche, enrobante, dans un style plutôt classieux.  Une belle sensation de fraîcheur envahit le palais sans la moindre agressivité. 

La finale a une mâche et une amertume un peu plus prononcées, tout en restant fin et sobre. On retrouve l'orgeat et le mousseron, avec une pointe de beurre et de gingembre. 



(6.38 € à l'unité, 6 € par 6 et 5.63 par 12)

La robe est un peu plus intense, mais de pas grand chose. 

Le nez "pétrole" comme on dit en Alsace, d'une façon plutôt subtile, avec une touche pierreuse/fumée et une pointe de citron confit. 

La bouche est longiligne, étonnamment traçante pour un Languedoc – moins pour un Riesling – avec une fine acidité enrobée par une matière mûre, plutôt dense, sur des notes d'ananas et de terpènes d'agrume [mode off : je vous avouerais que je suis surpris par l'évolution de ce vin : longtemps, l'acidité était dissociée et saillante, le rendant beaucoup moins agréable ]. Un très léger perlant accentue encore la sensation de fraîcheur. 

La finale a plus de caractère que ses deux collègues, avec le couple amertume/astringence évoquant l'écorce d'agrume, et la fine acidité qui continue à tracer son bonhomme de chemin. On retrouve l'ananas, un peu de mangue aussi, une pointe de mandarine. Vraiment très très bien ! 



(5.18 € à l'unité, 4.69 €  par 6 et 4.50 € par 12)

La robe est pétale de rose thé.  

Le nez est  tentateur, sur des notes de confiserie à l'ancienne, mais aussi de rose et de framboise. La bouche est ronde, pleine de fraîcheur, avec une matière étonnamment sensuelle (un soyeux doux, presque gras) que l'on balade dans le palais avec plaisir .On a l'impression de croquer dans  une friandise liquide. 

La finale a du peps, avec un trait acidulé qui prolonge agréablement le vin sur des notes de groseilles et d'épices. Le rapport qualité/prix était déjà excellent au départ, maintenant il est intergalactique !



(6.00 à l'unité, 5.81 € par 6 et 5.63 par 12)

La robe est grenat sombre translucide tirant vers le pourpre. 

Le nez est très expressif, sur le cassis (fruit et bourgeon), la cerise et une pointe de menthol. 

La bouche est ronde, ample, aérienne,  avec une matière tout d'abord très fine et qui gagne progressivement en densité.  Le cassis est toujours là, mais entouré de notes plus tertiaires (champignon de Paris, feuilles d'automne). Néanmoins, c'est le fruit et la fraîcheur qui prédominent, avec ce qu'il faut de tension. 

La finale est légèrement mâchue, mêlant le cassis au tabac gris et au sous-bois, et puis ce goût de terre qui pinote, voire morgonne. Sans prétention, mais très sympa !




(5.93 € à l'unité, 5.63 € par 6 et 5.21 € par 12)

La robe est grenat sombre translucide avec des reflets d'évolution.

Le nez est fin, complexe, sur les fruits noirs confit, le havane et la truffe, avec une touche fumée.

La bouche est ronde, très ample, avec une matière fine et soyeuse qui vous envahit le palais. L'ensemble est frais et équilibré, tendu par une acidité à la trame arachnéenne. Le fruit est encore très présent, même s'il est accompagné des notes d'évolution perçues au nez (truffe, cigare... bois précieux, aussi). 

La finale est tonique, grâce à une noble amertume qui apporte de la niaque, mais aussi à l'aromatique fraîche du cassis légèrement mentholé. Puis un retour du tabac, et une touche de poivre blanc, prolongé par des notes sanguines/ferreuses et le cèdre.  Très beau !

mercredi 3 octobre 2018

Croix Petite : le moins cher des grands vins


Nous avons reçu il y a peu le dernier millésime de la Croix Petite du domaine d'Escausses (2016). C'est toujours un plaisir de découvrir cette cuvée, car son assemblage unique (45 % Braucol 45 % Syrah, 10 % Cabernet Sauvignon) la rend toute aussi ... unique. Si vous dégustez ce vin à l'aveugle, il est probable que vous soyez totalement perdu. Vous risquez de partir dans le Médoc, dans le Rhône, voire à Cabardès... en oubliant le Sud-Ouest, car il est difficile d'imaginer que l'on produit ce type de vin dans ce secteur. Et pourtant si : en voici la preuve liquide ! 

La robe est pourpre sombre translucide,  aux reflets violacés.

Le nez est très beau dès l'ouverture, mêlant le cassis au havane, avec une touche de bois précieux (cèdre, santal). Très Cabernet-Sauvignon dans l'esprit. La Syrah pointe son nez avec une pointe de poivre et de lard fumé. Avec l'aération, le Braucol joue sa partition, amenant des notes sanguines/ferreuses typiques du cépage.

La bouche est ample, sphérique, avec une chair dense et veloutée qui prend possession du moindre mm² de votre palais. L'aromatique est très intense, autant sur le fruit noir bien mûr que sur des notes plus grillées/fumées, avec une fraîcheur et une tension qui empêche toute sensation de too much.

La finale est puissante, énergique, avec des tanins affirmés – mais tout à fait civilisés –  sur le coulis de myrtilles et des notes d'élevage (toffee, légère vanille). Un contrepoint aromatique est apporté par le menthol et le cassis. Le tout se prolonge sur le poivre, le moka et les épices douces.

Cette Croix Petite impressionne par son immédiate buvabilité même si d'aucuns le trouveront un peu trop démonstratif. Mais je n'ai aucun doute qu'il sera encore meilleur d'ici 3-5 ans lorsque les différents cépages basculeront sur les notes tertiaires et que les notes d'élevage se fondront totalement. À 11.90 € la bouteille, le rapport qualité/prix est juste incroyable. 




mardi 2 octobre 2018

Combat de choc en Irouleguy !


Jusqu'à hier, je n'avais pas eu l'occasion de boire côte à côte l'Irouléguy blanc et l'Errotik de Bordaxuria. Un coup c'était l'un. Un coup c'était l'autre. Disons-le de suite : le match n'est pas forcément équilibré. Le millésime est différent (2017 vs 2016). Le premier a été élevé moins d'un an (2/3 cuve, 1/3 fût de 400 litres). Le second près de deux ans (100 % fût de 400 l). L'assemblage est légèrement différent – l'Errotik a du Petit Courbu en plus du Petit Manseng et du Gros Manseng – et je suppose que les meilleurs raisins sont destinées à la grande cuvée du domaine. 

Ceci dit, je pense qu'il y a un public pour les deux vins. Les personnes avides de sensations fortes pourront préférer la "simple" cuvée d'Irouléguy. Les personnes à la recherche de vins plus apaisés se régaleront avec l'Errotik. 



Irouléguy 2017 (20.90 €)

La robe est d'un or intense, brillant.

Le nez est mûr, intense, sur l'ananas, la mangue verte, le coing,  et un arrière-plan plus minéral (pierre mouillée, silex...).

La bouche est ronde, ample, dotée d'une matière dense et charnue qui vous envahit le palais avec énergie et tension, sans que la moindre acidité ne saille – elle est totalement intégrée à celle-ci. Le côté pierreux perçu au nez est par contre omniprésent. Cela rendrait presque le vin austère s'il n'était pas complété par une aromatique exotique, fruit de passion en tête.

La finale envoie du lourd, avec le Triple A que j'apprécie tant : une Acidité assez citrique, aigüe – ce coup-ci, elle est apparente –  une Astringence et une Amertume qui vous donnent l'impression d'avoir mordu dans l'écorce d'un pomelo tout en buvant du Schweppes®. Le coing se mêle au citron vert et au  maracuja. C'est ce dernier qui finit par l'emporter, laissant en bouche une fraîcheur électrisante. 

Pour l'instant, on peut trouver cet Irouléguy 2017 un peu "brut de décoffrage". Ce vin demande encore à s'affiner. Perso, je le laisserais en cave 4-5 ans avant d'y toucher. 



Errotik 2016 (26.95 €)

La robe est un peu plus dorée et intense.

Le nez est également plus mûr, avec des fruits plus confits (ananas, mangue, orangette), donnant l'impression d'un vin liquoreux – dégageant malgré tout de la fraîcheur. Le minéral, par contre, est moins présent – dans un premier temps, en tout cas : après aération et réchauffement, c'est "pierre chaude" à donf...

La bouche est plus tendue/traçante,  et la chair se fait plus aérienne – presque gazeuse. Un vin plus dans  l'élégance et la séduction, moins rentre-dedans. L'acidité est plus marquée, mais c'est celle qu'on aime, avec un esprit très mosellan (ou pinonien), toute en dentelle.

La finale, elle aussi, est plus élégante, mieux fondue. Il y a le prolongement de cette superbe acidité, une amertume plus bigarade que pomelo, et une astringence mieux intégrée, moins sauvage, qui rehausse ses deux frangines avec brio. C'est superbe, classieux, sans en faire trop. Le prototype du vin que j'adore. Et c'est déjà excellent aujourd'hui même si quelques années de garde devrait encore le complexifier. 

lundi 1 octobre 2018

Changeons de saison avec la Mondeuse de Giachino !


Lorsque j'ai goûté le vin vendredi dernier, on pouvait encore se croire en été,  avec un soleil qui vous réchauffait l'âme et le corps. J'aurais alors bien fait comme le lézard qui garde la porte de l'entrepôt de Vins étonnants : rester allongé à ne rien faire. Ce matin du 1er octobre, c'est une autre chanson : temps gris, atmosphère humide, 13 °C... Brrrr.  Du coup, j'ai un regard assez différent sur cette Mondeuse 2017 de Giachino.  Pour l'été, où l'on aspire à la légèreté, je trouvais la finale un peu trop robuste. Mais finalement, ce vin accompagne bien le changement de saison  : on a envie d'aliments plus solides, roboratifs ... et de boissons qui soient à l'unisson. Perfect match* !   

La robe est grenat/pourpre translucide. 

Le nez est exubérant, sur la myrtille, le poivre, la violette et la ronce. 

La bouche est ronde, ample, très fraîche, offrant un jus velouté bourré de fruit, avec ce qu'il peut avoir de croquant et de canaille. 

Le vin devient plus ferme en finale, avec une mâche appuyée, mais nous sommes sur des tannins bien mûrs, et le fruit frais est totalement omniprésent, complété par le poivre moulu et quelques notes florales. 

Cette Mondeuse est avant tout une amie de la viande, qu'elle soit grillée ou en sauce. Mais on l'imagine bien avec un plateau de fromages ou de charcuteries, une raclette. Tous ces plats que l'on n'imaginait pas encore manger il y a encore quelques jours...  

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* Accord parfait !