mardi 19 janvier 2016

La potion de Marcel : extra-ordinaire !


Lors de l'avant-dernière livraison d'Emile et Rose, il y avait dans le carton d'échantillons une bouteille pas comme les autres qui a attiré notre  regard : la potion de Marcel. La contre-étiquette n'indique rien de particulier : c'est un vin de France sans millésime indiqué. Téméraires, nous dégustons sans savoir dans quoi nous trempons les lèvres. On verra bien. Eh bien, c'est super bon. D'une finesse superlative, avec des arômes de rose ancienne, d'encens. Top slurp. Je fais un tour sur le site du producteur pour en savoir plus. Nada. Allez, j'appelle. Je tombe sur Caroline Gisclard qui m'explique que c'est un nouvel essai de vinification en amphore, avec tous les cépages du domaine, rouges comme blancs. La quantité produite est faible, et il n'en reste que quelques cartons. Nous n'hésitons pas longtemps : nous prenons le maximum possible. Nous trouverons bien preneurs...


Il y a quelques jours, une nouvelle palette d'Emile et Rose est arrivée, avec 42 précieuse bouteilles de Potion de Marcel. Maintenant, il est temps d'en parler, car du Vin de France à 16.50 € la bouteille, ça ne se vend pas comme ça... 

J'appréhende un peu à l'ouverture de la nouvelle bouteille. Sera-t-il aussi bon que l'échantillon qui nous avait enthousiasmé. Première impression : oups, ça a l'air fermé, réduit. Grrr... J'en verse une jolie dose dans le Riedel. J'en profite pour faire les photos tant que le verre est propre. Et  je laisse le tout doucement se réchauffer et s'aérer. 

Au bout de deux heures (pour ceux qui n'ont pas lu un récent billet, la température du bureau est de 16 °C, ce qui permet de ne pas avoir des vins trop chauds), ça va beaucoup mieux, sans avoir rien fait d'autre que patienter. 

La robe est grenat bien translucide, avec des reflets légèrement bruns.

Le nez est aérien, vaporeux, sur des notes de rose fanée, de résine, d'épices douces, avec une légère touche fumée.

La bouche est très ample, avec une matière douce à la limite de l'impalpable qui vous effleure le palais. Une ultra-fine – mais néanmoins inflexible – acidité tend parfaitement l'ensemble, lui évitant de tomber dans la mollesse ou l'inconsistance. Si ce n'est l'aromatique floralo-résino-fumée qui rend le vin plutôt atypique, on pourrait avoir l'impression de boire ce qui se fait de plus subtil en Bourgogne (Chambolle tendance Musigny).

La finale intense allie une mâche expressive à des notes salines/résineuses, et toujours cette rose fanée, cette fumée, ces épices... Peut-être même de la lavande ? Bref, vous êtes vraiment transportés ailleurs

Je ne peux m'empêcher de penser aux écrits d'amateurs fortunés qui résument l'aromatique la Romanée-Conti aux notes de rose et de sel. Ah, c'est donc, cela, la potion que Marcel nous a concoctée :  une Romanée-Conti pour amateurs désargentés ? N'ayant pas goûté la version originale, je ne saurais me prononcer. En attendant qu'un lecteur m'en envoie une pour confirmer la chose, je me contenterai avec délice de l'ersatz de Corneilhan ;-)




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