mercredi 17 juillet 2019

L'Enclos des Roses : changement radical de style ?


En avril 2016, je vous avais parlé de l'Enclos des Roses 2009 dont j'avais écris qu'il  pouvait certainement prétendre à faire partie du TOP 5 des grands rouges du Sud-Ouest.

En mai 2016, je récidivais avec L'Enclos des Roses 2010. que je trouvais encore supérieur au 2009. Là c'était carrément le TOP 3 ;-)

Et puis en décembre 2016, on faisait un saut de 5 ans avec L'enclos des Roses 2015. Entre temps, l'assemblage a changé. Au lieu d'un 1/2 braucol - 1/2 duras, on est passé à 1/3 braucol - 1/3 duras - 1/3 prunelard. On sent un vin à gros potentiel, mais clairement trop jeune. Attendre 5 ans, par exemple ? 

Deux ans et demi plus tard, je me lance dans la dégustation de  L'Enclos des Roses 2016, m'attendant à retrouver un vin proche du 2015. Eh bien pas du tout : le boisé est totalement absent à l'ouverture, que ce soit au nez en bouche, et même en finale. Du fruit, rien que du fruit, et une grande fraîcheur. Pour tout, dire j'ai même cru avoir ouvert une bouteille de Petit Enclos. Mais non, c'est bien le bon. 

Surpris par ce changement de style que je trouve radical – mais qui me plaît beaucoup – j'ai pris le temps d'appeler Aurélie Balaran pour avoir quelques explications. Eh bien en fait, elle n'a RIEN changé. Il y a toujours un élevage en barriques d'un an (des  Berthomieu Ermitage ai-je appris). C'est probablement un effet millésime qui fait que la matière a digéré miraculeusement le bois. Mais peut-être bien que le 2017 ressemblera plus au 2015 qu'au 2016. Suspense…

La robe est grenat sombre bien translucide, sans le moindre pourpre/violacé.

Le nez est fin, frais, sur la cerise rouge et son noyau, la framboise, le poivre, et un étonnant grillé de réduction à la Coche.

La bouche est ronde, ample, aérienne, déployant une matière finement veloutée au fruit croquant. L'ensemble est tendu par une acidité qui paraît au départ invisible mais qui commence à surgir à partir du milieu de bouche et monte crescendo.

La finale est tonique, avec une accroche salivante délicieusement rustique,  et cette acidité pimpante, pas du tout agressive. L'aromatique bascule plus sur les fruits noirs, la prune, des notes terriennes, mais c'est la griotte acidulée (le Duras ?) qui a le dernier mot.

PS : le lendemain, j'ai regoûté le vin, plus aéré et à température de bureau (23 °C) : pour le coup, le bois est plus présent à tous les niveaux, sans tout écraser toutefois. Donc si vos goûts sont proches des miens, buvez-le dès l'ouverture  à 16 ° C. Si le vous sied, carafez-le et servez-le à 18 ° C. 


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