vendredi 13 novembre 2020

Les Ouvrées : quand la syrah est sublimée par le mourvèdre

En juin dernier, je vous avais parlé de trois cuvées du Clos de la Barthassade que nous venions de faire rentrer. Eh bien en voici une quatrième, Les ouvrées. Elle assemble 50 % de syrah, 35 % de mourvèdre et 15 % de grenache. On est sur des terrasses d'éboulis calcaires qui apportent pas mal de fraîcheur, et sur des vignes de 35 ans qui ont des choses à dire, si j'ose l'exprimer ainsi. Le tout est vinifié en finesse par un couple de vignerons formés à l'école bourguignonne. Cela donne un Languedoc frais, intense et raffiné comme on n'en rencontre pas si souvent. Un vrai coup de cœur !

La robe est  grenat sombre aux reflets violacés. 

Le nez est fin, profond, complexe, sur les fruits noirs confits, l'encre, le cigare, la violette, avec une pointe d'eucalyptus et de poivre cubèbe. De cacao, aussi. 

La bouche est ronde, très ample, déployant une matière finement veloutée d'une grande fraîcheur aromatique, tout en étant étirée par un fil invisible qui apporte une p... de tension. On retrouve en bouche toute la complexité du nez, complétée par des notes mentholées et résino-balsamiques. Du pur bonheur liquide à l'équilibre frôlant la perfection. 

La finale à la mâche crayeuse est encore plus réjouissante que la bouche, car l'aromatique se fait encore plus explosive, la fraîcheur plus éclatante, et le résino-balsamique plus piémontais. Avec une hénaurme persistance sur  l'eucalyptus et le poivre sauvage de Madagascar. Vous assistez en direct au mariage ensorcelant entre la syrah et le mourvèdre. Et n'en sortez pas complètement indemne. 



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