jeudi 17 décembre 2020

Ad Naturam : hymne à la Toscance

Avant de s'installer comme vigneronne, Stéphanie Roussel était une amatrice très pointue, ayant déjà bu les meilleurs vins de la planète. Je me rappellerai toujours d'une soirée en sa compagnie il y a tout juste dix ans où elle m'avait fait goûter un Brunello d'anthologie. Tu en pleurais tellement c'était beau. Eh bien, cet Ad Naturam me rappelle étonnamment ce vin tant son "italianité" est frappante. Alors qu'il s'agit d'un 100 % Abouriou travaillé en amphore.  Cela relève de l'exploit, car ce cépage présente souvent une allure rustique. Là, il est totalement transcendé par cette talentueuse vigneronne. Chapeau bas

A noter qu'il y a un peu de gaz à l'ouverture, mais il disparait rien qu'en agitant son verre. 

La robe est grenat très sombre, presque opaque. 

Le nez est à la fois fin et intense, profond, sur les fruits noirs confits, la garrigue l'olive noire, rafraîchi par une acidité volatile "barralienne" d'une grande délicatesse. 

La bouche est élancée, tendue par cette même acidité volatile, tellement fine qu'elle est quasi imperceptible, tout en offrant une matière concentrée, séveuse, racée, à l'aromatique très "noire" – graphite, goudron, réglisse; tapenade – et et dotée d'une fraîcheur très italienne – ciste; eucalyptus, menthol. Pour résumer, résino-balsamique

La finale prolonge la bouche sans la moindre interruption, se contentant d'accentuer les tanins – déjà très bien fondus – et d'intensifier encore plus l'aromatique qui devient explosive, très marquée par le menthol, la cassis et l'eucalyptus, et une persistance sur la réglisse et le poivre de cubèbe. 



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